#FIFAWWC – ¼ F – L’Angleterre casse la baraque

Premier quart de finale, premier élu pour le dernier carré. Face à une Norvège, certainement entamée par son huitième de finale victorieux mais épuisant face aux australiennes, les Lionesses n’ont pas voulu jouer avec le feu et ont d’entrée mis le niveau très haut. Large vainqueure (3-0), la sélection de Phil Neville a un peu plus marqué les esprits. Leurs prochaines adversaires en demi-finale sont d’ores et déjà prévenues.

> Norvège 🇳🇴 /  Angleterre 🏴󠁧󠁢󠁥󠁮󠁧󠁿 0- 3 : Une force collective et une collection de talents

Même les mouettes et autres goélands du port du Havre ne voulaient pour rien au monde manquer ce quart de finale alléchant entre les norvégiennes, tombeuses des Matildas au tour précédent et les anglaises prétendantes déclarées au titre. Deux styles, deux qualités de jeu différentes également. Sur la pelouse normande, la surprise n’a à peine eu le temps de subsister. Tout s’est délité assez rapidement. Les filles de Phil Neville étaient pressées. Voire très pressées. Intenable sur son côté droit, Lucy Bronze fait des misères à toute la défense norvégienne dès l’entame de la rencontre. Sa première impulsion aux abords de la surface de réparation nordique est la bonne. Pénétrant dans les 16 mètres d’Ingrid Hjelmseth, fixant son vis-à-vis direct qui n’est d’autre qu’Ingrid Engen, la défenseure de l’Olympique Lyonnais vise le point de penalty avec une astucieuse balle rasante. Si Ellen White, en première lame se manque, ce ne sera pas le cas de Jill Scott, juste derrière elle, coupant habilement la trajectoire de la balle et qui voit son tir heurter le montant de la portière adverse avant de franchir la ligne de but (1-0, 2e).

La Norvège semble dépassée face à une sélection anglaise nettement plus précise et avec davantage d’envie. Les occasions s’enchaînent pour les footballeuses outre-Manche. Avec Nikita Parris dans le rôle de cheffe d’orchestre. L’équipe scandinave subit mais tente par tous les moyens de réagir. Trop timides, les pénétrations de Caroline Graham Hansen ou d’Isabell Herlovsen n’inquiètent pas Karen Bardsley. Mobile à l’extrême, il était difficile de suivre le rythme de Parris ce jeudi soir au Havre. Partie seule sur le côté droit, son tir frôle la transversale de Hjelsmeth. Quelques minutes plus tard, c’est Ellen White qui se distingue par une frappe sur le poteau. Les Lionesses prennent vraiment le jeu à leur compte. Et lorsque vous faites réciter les partitions à ces deux joueuses de manière cordiale, cela vous donne des étincelles. Comme à la 41e minute, lorsque Nikita sert parfaitement Ellen qui n’a plus qu’à pousser le cuir et inscrire son cinquième but de la compétition. La marque de 2-0 à la mi-temps est presque flatteuse pour les protégées de Sjögren.

Parris est magique, Bronze est en or

Les quelques minutes aux vestiaires pour les équipières de Maren Mjelde ont paru bénéfiques. Avec un visage plus offensif, elles tentent de créer et toucher aux buts de Bardsley. Mais lorsque ce n’est pas la maladresse qui les accompagne, c’est l’efficacité défensive de la capitaine britannique Steph Houghton qui contrarie leurs plans. D’autre part, le talent de Parris, parfaite aussi bien dans le repli défensif que la projection vers l’avant, a clairement mis toute sa sélection dans un état d’esprit de conquête inébranlable. Se mêlant à cette qualité technique, celle de Bronze. Passeuse heureuse dans le premier acte, elle prend l’étiquette de buteuse à la 57e. Un coup franc joué à raz de terre par l’entrante deux minutes plus tôt, Beth Mead, lui parvient à l’entrée de la surface. Son pied droit verrouillé propulse la puissante balle plein axe sous la barre de la gardienne des Gresshoppene (3-0).

Cette troisième réalisation réveille les consciences norvégiennes. Plus incisives et constructives, quelques franches occasions leur sont offertes mais le dernier geste n’est pas là. Herlovsen et Utland buttent coups sur coups sur les remparts de l’Angleterre. D’ailleurs, le tableau des scores aurait pu afficher un chiffre plus conséquent si Hjelmseth n’était pas en état de grâce dans cette fin de rencontre. Bousculée dans la surface nordique, Houghton s’écroule, entraînant un incontestable coup de pied de réparation. Nikita Parris se charge de le tirer mais perdra finalement son duel.  La brillante soirée de la maîtresse à jouer des Lionesses s’accompagnera finalement d’un seul bémol. Une classe d’écart, c’est qu’il y a avait ce soir entre les deux formations européennes. L’Angleterre retrouvera en demi-finale soit la France ou les États-Unis, mardi prochain au Groupama Stadium. Qu’importe le challenger, à Lyon, les lionnes sont prêtes à en découdre.

 > Les joueuses de la rencontre : Lucy Bronze et Nikita Parris

La défenseure de l’Olympique Lyonnais, Lucy Bronze, passeuse et buteuse, une soirée complète en somme pour celle qui n’en est pas à sa première prestation de grande classe dans ce tournoi. De même pour sa collègue ex-mancunienne désormais lyonnaise, omniprésente sur la pelouse havraise, sa performance n’a pas eu d’équivalent ce jeudi soir. Son penalty arrêté en toute fin de match ne réussit en aucun cas à ternir ce qu’elle a montré durant toute la partie.

> La déclaration : Phil Neville

« Je ne pense pas qu’il y ait une équipe qui joue actuellement ce type de football que nous faisons.  Et c’est ce type de football qui nous a emmenées en demi-finale. Je travaille avec des filles incroyables au quotidien. Et elles veulent jouer contre les meilleures. Lucy Bronze ? C’est la meilleure joueuse au monde. Pour moi, elle devrait gagner le ballon d’or. Je le dis depuis six mois.»

Crédit photos : FIFA.com
Illustrations : Sandrine Dusang pour Foot d’Elles

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