FC Nantes – Une Maison Jaune ambitieuse

Impossible de dissocier la ville de Nantes et le football. Le FC Nantes, club incontournable du ballon rond hexagonal, a ouvert depuis quelques années une page de sa longue histoire consacrée aux sections féminines. Aujourd’hui, c’est un projet sur du long terme qui se crée sur les bords de l’Erdre. Avec Tanguy Fétiveau, comme garant de cette nouvelle conquête de l’ouest.

Une section qui a soufflé sa sixième bougie

En avril dernier, le FC Nantes célébrait ses 75 ans d’existence. Trois quarts de siècles durant lesquels les Jaune et Verts ont accumulé les titres et autres prestiges au sein de l’élite du football français et européen. Mais ce n’est qu’en 2012, qu’une section 100% féminine « made in FCN » pris part pour la première fois à une compétition officielle.  Ce sont les jeunes filles de la catégorie U11 qui ouvrirent la voie. Ceci, deux ans avant la naissance d’une équipe senior.  Une création de section récente qui est dans l’air du temps pour un club de ce calibre.


Mais un FC Nantes sans équipe féminine était-ce une anomalie ? « Je ne considère pas cela comme une anomalie. Si on parle  uniquement de clubs de Ligue 1, mis à part les précurseurs, Montpellier, Lyon ou le PSG, d’autres comme l’Olympique de Marseille qui a décidé de partir de zéro ou encore Nice, Dijon, Monaco ou Reims ne sont pas très anciennes. Et il y a encore du retard comme pour Rennes ou Angers, juste à côté », affirme Tanguy Fétiveau, responsable de la section féminine et entraîneur des seniors du FC Nantes depuis l’été 2017.

Et partir de rien, n’a, semble-t-il, pas été perçu comme une mauvaise chose pour les dirigeants du club ligérien. « En six ans, ça permet de bien structurer les choses. Cela montre également au club, l’investissement et l’engagement que cela demande également », ajoute le technicien.

2018-2019, la saison charnière

Arrivant de Régional 2, après un exercice 2017-2018 exemplaire, les filles de Tanguy Fétiveau bataillent au sein du championnat régional 1 des Pays de la Loire. Cette région connaît en effet une émulation singulière entre sections féminines. Les Nantaises doivent cette saison jouer des coudes avec le club du Mans anciennement pensionnaire de D1, la réserve de La Roche sur Yon ou encore le proche voisin Orvault qui, pour des raisons administratives, a manqué la montée en D2 cet été. Après trois promotions en quatre saisons, la D2, le premier échelon national sonne justement comme un premier véritable objectif pour le FC Nantes. Mais l’aboutissement du projet reste néanmoins l’accession et une pérennité parmi l’élite.

A en croire le responsable des sections féminines de la Maison Jaune, ce dessein ambitieux séduit : « jusque cette année, on était un petit peu cachés. Mais depuis, une vraie marche a été franchie. Pour le coup, il a fallu cibler le profil de joueuses qui souhaitaient se relancer ou se lancer un nouveau challenge pour faire monter le club. Les joueuses ciblées, ont répondu positivement à 90%  pour venir chez nous. Mais cette année, je ne vais pas l’appeler : année de transition. L’objectif  est clairement de jouer la montée.»

Le nom, devenu presque label, « FC Nantes » n’étant pas étranger à ce succès.  Cet été, les Guingampaises Marine Pervier (photo, ci-dessus) et Jeanne Dolain, la Yonnaise et habituée à la D1 Claire Guillard, la gardienne de but brestoise Mélodie Carré ou encore la Lorientaise Anaïs Messager ont entre autres rejoint les rangs des Jaune et Verte.

« Une perpétuelle évolution »

Au cours du mois d’octobre, plusieurs articles et sujets paraissent dans les médias autour des filles U15 du FC Nantes. Après une cinglante victoire (40-0) en district portant leur total de buts à 95 en trois rencontres de championnat, le buzz enfle. Surprenant même les acteurs directs. Tanguy Fétiveau se dit « assez impressionné de la vitesse du buzz. Nous étions très sollicités après la victoire 40-0, alors que les saisons précédentes, les filles mettaient 20 à 30 buts durant certains matches sans que cela n’émeuve personne. »

Mais au-delà de ces performances incroyables, le plus important est de se focaliser sur le vivier potentiel que possède le FCN. Des jeunes pousses qui ne cessent de progresser d’année en année. Dans le jeu comme dans le nombre. Au total, la structure accueille près de 130 licenciées, toutes catégories confondues.  Une croissance et une effervescence qui ne sont pas sans conséquence. La Jonelière, le centre d’entraînement de toutes les équipes masculines et féminines du FC Nantes, est situé sur un site protégé qui n’est alors que peu extensible et s’avère être quelque peu étroit pour accueillir tout le monde. « Depuis deux ans, on mène différentes réflexions et on s’ouvre à différents projets pour trouver une solution et permettre l’extension complète de la section féminine avec plus d’accès aux terrains et davantage de créneaux. Mais on veut garder l’identité du club à la Jonelière et aujourd’hui, on pousse les murs, on s’organise

Des ambitions affichées, un projet de jeu qui charme et une dynamique toute trouvée, le FC Nantes version féminine sait le travail à fournir pour toucher le haut niveau. Une rude tâche dont ont conscience tout le staff et l’ensemble des joueuses. Mais qui n’inquiète guère Tanguy Fétiveau, ayant totale confiance en son club qu’il estime être en « perpétuelle évolution ».

 

Crédits photos : GB/Facebook-FC Nantes Féminines/FC Nantes-Arnaud Duret

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