L’expo Fan.Tastic Females donne aux supportrices la visibilité qu’elles méritent

De fantastiques fans de football, mais d’un genre moins répandu en France qu’aux États-Unis ou en Allemagne ? Les supportrices, évidemment. L’expo itinérante Fan.Tastic Females leur rend hommage en vidéo, à travers les portraits de 70 supportrices issues de 20 pays. Ça tourne en Allemagne, en Suisse, peut-être bientôt en Autriche, mais pas (encore) en France. Visite guidée.

Depuis septembre 2018 et jusqu’en juin 2019, de Hambourg à Zurich et de Berne à Stuttgart, les supportrices de football seront là, du moins virtuellement. Et encore plus virtuellement si l’on choisit de visiter la version en ligne de l’expo.

Et à la fin c’est l’Allemagne qui gagne (par la proportion de supportrices)

Si Daniela Wurbs et d’autres membres du réseau Football Supporters Europe (FSE) ont eu l’idée d’organiser l’exposition itinérante Fan.Tastic Females, c’est parce que, eût pu chanter Jean Ferrat après Aragon, la femme est l’avenir de l’homme… dans les stades de football. Et en Allemagne bien plus qu’en France. Outre-Rhin, les supportrices Maria, Annika et Rosa composent 30 % du public dans les stades de Bundesliga. Alors qu’en France, Marie, Annick et Rose forment un groupe très minoritaire. La faute aux idées reçues, au machiste, à une complaisance misogyne et aux préjugés trop répandus dans l’univers du ballon rond.

C’est pour célébrer les héroïnes du quotidien footballistique en faisant tomber au passage quelques clichés tenaces que Daniela Wurbs et son équipe ont voulu montrer sous leur jour le plus enthousiaste les meilleures amies du football : les supportrices. Elles parlent toutes les langues, sont issues de tous les milieux sociaux, viennent de tous les pays et parlent de leur passion de supportrice, qu’elles soient encore adolescentes ou déjà entrées dans le quatrième âge. La bande-annonce officielle de l’événement donne un aperçu de leur diversité – et de leur enthousiasme.

L’expo itinérante ne se contente pas d’interviewer des supportrices qui vivent leur passion du football en Allemagne ou en France, en Iran ou en Turquie, en Pologne ou en Espagne. Elle évoque aussi l’histoire méconnue des supportrices de foot, du football pratiqué par les femmes, du statut professionnel des footballeuses, et de la manière dont les médias considèrent les supportrices, les footballeuses, leurs clubs et leur passion pour le ballon rond.

Plus de femmes et plus de visibilité

On rappelle au passage que c’est une Allemande, Bibiana Steinhaus, qui est devenue la première femme à arbitrer un match de première division masculine (en Bundesliga) dans l’un des championnats majeurs de football en Europe de l’Ouest.

Surtout, l’expo Fan.Tastic Females offre une réelle visibilité à un phénomène – les femmes dans le milieu du football – qui, au moins en Europe de l’Ouest, n’est plus aussi marginal que naguère. Cette nouvelle visibilité contraste avec l’adjectif invisible qui caractérise, encore trop souvent et dans de trop nombreux pays, la présence pourtant réelle des femmes dans le sport roi. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas un hasard si la directrice de l’expo, Daniela Wurbs, est une grande supportrice du FC Sankt Pauli de Hambourg. Ce club, qui évolue aujourd’hui en deuxième division allemande, est connu pour son engagement en faveur de la diversité et de l’inclusivité. Le FC Sankt Pauli milite en effet d’une manière active contre le racisme, le fascisme, l’homophobie, le machisme et la misogynie sur le terrain et dans les stades.

On peut aussi visiter l’expo virtuelle www.fan-tastic-females.org, mais il faut auparavant acheter un billet pour l’exposition.


Crédit photo et vidéo : Fan.Tastic Females

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