Euro 2013 (qualifs.) : France 4-0 Irlande, l’analyse tactique

Finis les pleurs et la déception des JO, les qualifications pour l’Euro 2013 reprenaient pour les Bleues. Facilement en tête de leur groupe, les filles de Bruno Bini n’avaient besoin que d’une victoire pour décrocher leur billet pour la phase finale. Vainqueurs (3-1) en septembre 2011 sur les terres irlandaises, les filles recevaient les coéquipières de O’Sullivan, ce samedi, au Stade du Roudourou (Guingamp). Devant un public nombreux et dynamique, les Bleues ont facilement disposé de l’Irlande (4-0) et validé leur billet pour l’Euro 2013…

Les compositions :

France : Deville (1) – Franco (7), Georges (4), Renard (2), Boulleau (3) – Soubeyrand (6), Abily (1O), Thomis (12), Necib (14),  Le Sommer (9) – Thiney (17)
Irlande : Byrne (1) – De Burca (3), Quinn (4), Tracy (5), Perry (8) – Caldwell (13), Grant (7), Fahey (6), O’Gorman (10), Smyth (11) – O’Sullivan (9)



Le jeu long, nouvelle arme des Bleues

Après la désillusion des JO, Bini a décidé de trancher. Bien que le sélectionneur garde son système de jeu (4-2-3-1), l’amoureux de la chanson française change ses habitudes. S’appuyant aux JO sur Delie pour animer le front de l’attaque, il a décidé de la laisser sur le banc de touche au profit de Gaëtane Thiney, profitant à Eugénie Le Sommer qui bascule dans le 11 titulaire et l’aile gauche.

Souvent rêvée à ce poste par Bruno Bini, la Juvisienne offre de nouvelles solutions. Aimant prendre les espaces et bouger sur le front de l’attaque (comme elle peut le faire en n°10 dans son club), « Tatane » permet, par son intelligence du déplacement, d’allonger le jeu et d’ouvrir les espaces pour ses ailières.

Louisa Nécib, 2ème attaquante ou n°10 selon les actions, profite pour combiner avec la joueuse de Juvisy ou écarter le jeu.  Justement, le danger viendra des ailes. En l’absence d’Elise Bussaglia, leur « quaterback », les Bleues n’hésitent pas à allonger les passes et chercher les ailes. La vitesse des ailières et des latérales (surtout Laure Boulleau) gène la défense irlandaise et les Bleues l’ont compris. Le 1er but sera l’exemple typique de cette idée. Wendie Renard, de son camp, allonge la balle en profondeur pour Elodie Thomis (tandis que les autres joueuses offensives appellent également en profondeur). L’antillaise profite du marquage laxiste de la défense irlandaise pour placer un lob subtil, rappelant celui de Pastore face à Toulouse, et ouvrir la marque.

Un bloc français haut et solide

Les Françaises ont tranquillement dominé le match. Supérieures dans le jeu, les Bleues ne se sont pas reposées sur leurs lauriers et basées également leur victoire sur un bon bloc. Certes, les Irlandaises n’avaient pas les cartes en main pour proposer un jeu offensif digne de ce nom mais les filles de Bini ont su les bloquer.

Avec un bloc équipe haut, la récupération de balle française se base au milieu de terrain. Les joueuses offensives jouent le pressing. Gaëtane Thiney, Louisa Nécib et une des ailières empêchent la défense basse des vertes de balancer pour O’Sullivan. Si la première ligne est passée, le duo Abily-Soubeyrand aidé le plus souvent d’une latérale se met également en place pour récupérer le ballon. Cette récupération haute permet aux milieux de chercher rapidement les ailes ou la profondeur avec Louisa Nécib, ne cessant d’appeler la balle. La Lyonnaise n’hésite pas également à redescendre chercher le ballon et le faire tourner.

Avec un bloc irlandais bas et surtout amplifié au centre du terrain, les Bleues se devaient de faire tourner le ballon pour faire sortir leurs adversaires et trouver le décalage. Chose faite avec succès. Néanmoins, Camille Abily aurait peut être pu apporter un poil plus sur le plan offensif. On en deviendrait presque sévère.

Rendez-vous à l’Euro

Avec cette nouvelle victoire, les Bleues ont assuré leur place à l’Euro. Bien que l’adversaire n’était pas l’un des meilleurs d’Europe, les Françaises ont assuré l’essentiel et éteint le début de feu après diverses interviews dans la presse. Il faudra comme d’habitude attendre les « gros » matchs pour voir si l’EDF a évolué. Mais une chose est sûre, cette victoire permet d’entrevoir un avenir plutôt radieux.

Charles Chevillard
Foot en Talons

Crédit photo: sport24.com