#FIFAWWC M-3 : Et si c’était la bonne ?

(© PHOTO – AFP – GUILLAUME SOUVANT)

Malheureuse lors de ses trois premières participations à une phase finale de Coupe du monde, la France entend bien profiter de la ferveur populaire pour se rapprocher de sommets restés inaccessibles jusqu’à présent. Retour sur ses trois phases finales.  

Dans trois mois, le 7 juin, à 21 heures, sur la pelouse d’un Parc des Princes qu’elles n’ont fréquenté qu’à une reprise dans leur histoire (le 10 octobre 1973, face à l’Irlande, victoire 4-0), les Françaises lanceront la 8e Coupe du monde féminine, face à la Corée du Sud. Qualifiées d’office en tant que pays organisateur, les Tricolores disputeront leur quatrième phase finale. Contrairement à l’Allemagne, les États-Unis, la Norvège, le Japon et le Brésil qui n’ont jamais manqué le moindre rendez-vous depuis la première édition en 1991, l’histoire entre la France et la plus prestigieuse compétition fut loin d’un long fleuve tranquille. Les Bleues ont en effet dû patienter jusqu’en 2003 pour s’inviter à la grande fête.

2003 : Une première

Une Coupe du monde, ça se mérite ! Les Tricolores peuvent en témoigner. Leur route fut longue avant de pouvoir participer à la fête américaine. Deuxièmes de leur groupe de qualification derrière la Norvège, les Françaises, dirigées depuis 1997 par Elisabeth Loisel, durent d’abord sortir d’un double barrage. Après avoir éliminé le Danemark (2-0, 1-1), la France se voit opposer l’Angleterre en match aller-retour.  Dans le stade de Crystal Palace, dans la banlieue londonienne, sous les regards de Sylvain Wiltord et Robert Pirès alors joueurs d’Arsenal, les Bleues s’imposent grâce à un but de Marinette Pichon. Premier pas vers une historique qualification. Rendez-vous pour le match retour, le 16 novembre 2002, à Saint-Étienne. Un grand jour pour l’équipe de France féminine et les 23 680 spectateurs présents cet après-midi-là à Geoffroy-Guichard, chaudron vert, devenu « Chaudron Bleue ». Complètement dominatrices, survoltées par l’ambiance, les Françaises ne laissent rien à leurs adversaires. A la 54e minute, à la réception d’un dégagement au poing de la gardienne anglaise, la capitaine Corinne Diacre, d’une volée du gauche au ras du poteau, libère toute une équipe, tout un staff, tout un stade, toute une discipline. Victoire 1-0 et billet en poche pour l’Amérique. « On pense à tout ce qu’il y a derrière, à tous ces échecs que l’on a vécus », commente Diacre. Pour l’occasion, les Bleues apparaîtront même pour la première fois à la Une de L’Équipe.

Un peu moins d’un an plus tard, basées en plein cœur de Philadelphie, les Bleues découvrent l’ivresse d’une Coupe du monde. Elles débutent leur aventure au Lincoln Financial Field Stadium face à la Norvège, formation avec laquelle elles partagent le même hôtel et déjeunent chaque jour dans la salle voisine. Il est midi heure locale (18 heures en France), le 20 septembre 2003, la France dispute son premier match de Coupe du monde. Une bonne première mi-temps, mais un retour du vestiaire catastrophique. Après seulement 58 secondes en seconde période, Anita Rapp surprend les Tricolores et ouvre le score. La France domine le reste de la rencontre mais ne parvient pas à concrétiser ses occasions. Premier match, première défaite. « Nous avons fait mieux que rivaliser, commente Elisabeth Loisel. J’ai dit aux filles qu’elles pouvaient être fières de leur match. Elles doivent positiver. Je suis déçue pour elles car elles ont tout donné. » Direction Washington pour la seconde rencontre face à la Corée du Sud. Hésitantes, les Françaises, à plusieurs fois sauvées par la gardienne toulousaine Céline Marty, vont devoir attendre la 84e minute pour trouver l’ouverture sur un but de l’inévitable Marinette Pichon. La France a sauvé l’essentiel mais seul un miracle face au Brésil de la star Marta peut alors lui permettre de poursuivre sa route. Il n’y en aura pas. L’égalisation de Pichon dans les arrêts de jeu (1-1) évitera certes une nouvelle défaite mais l’aventure des Bleues s’arrête à Washington, dès le premier tour. « S’il n’y avait qu’une image à retenir, ce serait l’état d’esprit, commente alors la capitaine Corinne Diacre. Les remplaçantes ont eu une attitude hors du commun. Même si un tel comportement parait normal, ça fait chaud au cœur. Il n’y a jamais eu d’anicroches. Nous avons aussi grandi de ce côté-là. » « Nous avions un véritable état d’esprit, un groupe solidaire où on a bouffé tous les jours de la vie ensemble », insiste Marinette Pichon.

Les Bleues de 2003

Céline Marty, Bérangère Sapowicz, Sandrine Capy – Sabrina Viguier, Peggy Provost, Laura Georges, Corinne Diacre, Sandrine Soubeyrand, Stéphanie Mugneret-Béghé, Sonia Bompastor, Marinette Pichon, Elodie Woock, Hoda Lattaf, Marie-Ange Kramo, Laetitia Tonazzi, Emmanuelle Sykora, Virginie Dessalle, Amélie Coquet, Séverine Lecoufle, Anne-Laure Casseleux, Séverine Goulois. Entraîneur : Elisabeth Loisel.

2011 : Une place dans le dernier carré

La France devra patienter jusqu’en 2011 et l’édition accueillie par l’Allemagne, pour retrouver le parfum de ce très haut niveau. Depuis février 2007, Bruno Bini a remplacé Elisabeth Loisel à la tête de l’équipe de France. A Sinsheim, les Bleues débutent idéalement leur compétition avec un succès face au Nigeria (1-0, but de Marie-Laure Delie). Une deuxième victoire face au Canada (4-0), avec un doublé de Gaëtane Thiney et des buts de Camille Abily et Elodie Thomis leur assure une place en quart de finale. Dans la finale du groupe, dans le stade de Mönchengladbach, l’Allemagne montre déjà toute sa force en l’emportant 4-2 malgré des buts de Delie et Laura Georges. Le 9 juillet, à Augsbourg, les Bleues retrouvent l’Angleterre. Menées jusqu’à la 88e minute, les Françaises arrachent la prolongation à la 88e minute grâce à un but d’Elise Bussaglia. Lors de la séance de tirs au but, Bussaglia, Thiney, Bompastor et Le Sommer concrétisent leur tentative et permettent à la France d’accéder pour la première fois de leur histoire au dernier carré d’une Coupe du monde. Sur leur chemin, se présentent les États-Unis. La marche est cette fois trop haute. Devant 25676 spectateurs, à Mönchengladbach, la France, menée d’entrée de match réussit à égaliser par Sonia Bompastor (55e) mais cède en fin de rencontre sur des buts d’Abby Wambach (79e) et Alex Morgan (82e). Pas de finale ni même de médaille après une dernière défaite dans la « petite finale » face à la Suède (1-2). Le 17 juillet, près de 50 000 spectateurs réunis dans les tribunes de Francfort assistent à la première victoire du Japon, vainqueur des Américaines aux tirs au but (2-2 a.p., 3 t.a.b. à 1).


L’équipe de France avant son match contre l’Allemagne à la Coupe du monde féminine de football 2011.

Les Bleues de 2011
Céline Deville, Laetitia Philippe, Bérangère Sapowicz – Laura Georges, Sandrine Soubeyrand, Sonia Bompastor, Camille Abily, Laure Lepailleur, Louisa Necib, Elise Bussaglia, Gaëtane Thiney, Marie-Laure Delie, Sabrina Viguier, Wendie Renard, Laure Boulleau, Ophélie Meilleroux, Corine Franco, Eugénie Le Sommer, Elodie Thomis, Caroline Pizzala, Sandrine Bretigny. Entraîneur : Bruno Bini.

2015 : Des tirs au but fatals

Quatre ans plus tard, en 2015, avec cette fois Philippe Bergeroo aux commandes, les Françaises débutent idéalement leur compétition en dominant l’Angleterre (1-0) grâce à un but d’Eugénie Le Sommer. A la surprise générale, les Bleues s’inclinent ensuite face à la Colombie (0-2) et se retrouvent sous la menace d’une élimination dès le premier tour. Heureusement, un large succès face au Mexique (5-0, buts de Marie-Laure Delie, Eugénie Le Sommer x 2, Amandine Henry et Ruiz contre son camp) leur permet de décrocher la première place du groupe et leur ouvre les portes vers les huitièmes de finale. Dans le stade de Montréal, les Tricolores maitrisent leur rencontre face à la Corée du Sud grâce à une entame parfaite avec ceux buts dans les huit premières minutes (Marie-Laure Delie, 4e et Elodie Thomis, 8e). Un doublé de Delie assure la route vers les quarts de finale face à l’ogre allemand. La partie est longtemps équilibrée. A la 64e minute, Louisa Necib donne l’avantage aux Bleues mais à 6 minutes de la fin, Celia Sasic, sur penalty, permet à la Mannschaft d’arracher la prolongation. Aucune des deux formations ne trouvera à nouveau l’ouverture et ce sont les tirs au but qui devront décider du vainqueur. Les Allemandes se montrent plus réalistes et l’échec de Claire Lavogez éteint les espoirs tricolores. Fin de l’aventure pour les Bleues dans cette Coupe du monde finalement remportée, à Vancouver (53 341 spectateurs) par les États-Unis face au Japon (5-2). Les Américaines sont sacrées pour la troisième fois de leur histoire (1991, 1999, 2015).


L’équipe de France avant son match contre l’Autriche aux Éliminatoires de la Coupe du monde féminine de football 2015.

Les Bleues de 2015

Sarah Bouhaddi, Céline Deville, Méline Gérard – Wendie Renard, Laure Boulleau, Laura Georges, Amandine Henry, Jessica Houara, Eugénie Le Sommer, Camille Abily, Elodie Thomis, Louisa Necib, Marie-Laure Delie, Sabrina Delannoy, Kenza Dali, Claire Lavogez, Kadidiatou Diani, Elise Bussaglia, Gaëtane Thiney, Griedge Mbock Bathy, Annaig Butel, Kheira Hamraoui. Entraîneur : Philippe Bergeroo.

2019 : Plein d’espoirs

Cet été, les Bleues seront particulièrement suivies. Fort d’un soutien populaire inédit dans l’histoire de l’équipe de France féminine, elles seront attendues dans les derniers actes de la compétition. Avec l’espoir d’aller chercher au moins une place sur un podium qu’elles n’ont jamais pu accrocher dans aucune compétition internationale majeure et, dans les rêves les plus fous, d’aller décrocher une première étoile.

3 commentaires

  • Juste une remarque concernant la performance des bleues en 2011 qui accède pour la première et unique fois au dernier carré : certes, mais n’oublions pas qu’à l’époque il n’y avait que 16 équipes (4 poules de 4) et donc pas de 8 ème de finale. Les équipes sortant des poules allaient direct en quart de finale –> .un échelon en moins pour aller en 1/2.
    Cela a changé à partir de 2015 (plus de pays et 6 poules de 4) donc 8ème de finale en sortant des poules.

  • L’équipe de France a tous les atouts pour réaliser une grande coupe du monde à condition que Corinne Diacre veuille bien examiner sa liste noire et se demander si ce qui lui manque n’est pas là . Mais je ne me fais pas d’ illusions , jamais un sélectionneur n’a dérogé à ses idées à
    trois mois d’une grande compétition. Par conséquent les 23, sauf blessures, seront retenues
    dans les groupes de ce début d’ année .

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