EA Guingamp – Une vague d’enthousiasme envahit l’Argoat

Pour les joueuses d’En Avant Guingamp, l’exercice 2017-2018 en D1 s’est révélée traumatisante. Les costarmoricaines se sauvant dans les derniers instants de la saison. Durant laquelle, des voix se sont également élevées pour demander à leurs dirigeants plus de considération à leur égard. Cette année, les cartes sont rebattues notamment après une bonne première partie de saison.   

Un vent de renouveau

Sarah M’Barek sur le départ comme une grande partie de son staff, huit joueuses guingampaises non retenues pour la nouvelle saison qui débutait, l’été dernier avait des airs de grande partie de chaises musicales sur les bords du Trieux. A la seule différence, la liste des arrivées était peu maculée de noms. Si Frédéric Biancalani avait bien pris les rênes de la section féminine de l’En Avant Guingamp dès le mois de juin,  très peu de recrues ont poussé les portes de l’Akademi (centre sportif du club) dans son sillage. Parmi elles, deux jeunes transfuges du Rodez AF, Fanny Hoarau et la russe Ekaterina Tyryshkina.


L’ancien coach des filles de Nancy s’occupait des U17 Nationaux d’EAG avant de prendre la tête des Rouge et Noir. Guingamp, un club dont il connaît les rouages. Dès sa présentation à la presse, son ambition était déjà  toute affichée : « c’est un nouveau challenge. On veut remettre une dynamique dans ce groupe, où il y a déjà de la qualité. Nous n’avons pas de temps à perdre, on doit être ambitieux pour bien figurer dans ce championnat. Mes valeurs sont l’exigence, le respect, l’humilité et beaucoup de travail. Le talent ne suffit pas, il faut travailler tous les jours pour obtenir des résultats.»

La jeunesse et la formation en force

Le club de l’Argoat est connu pour sa propension à former des jeunes joueuses. L’exercice actuel en est la preuve. Et lorsque l’on observe à la loupe l’effectif guingampais, la jeunesse semble désormais être un leitmotiv pour le club breton. Mais il n’existe pas de bonne équipe sans piliers. Alors c’est tout un club qui cherche le bon amalgame entre juvénilité et expérience. « Repartir sur une nouvelle dynamique, avec des joueuses cadres qui seront toujours là, avec le renfort d’autres filles pour améliorer l’effectif »,  fut donc le mot d’ordre de Frédéric Legrand, président de la section féminine d’En Avant Guingamp, à l’entame de la saison.

Des paroles qui précédent de quelques semaines, l’arrivée de Sana Daoudi, 20 ans. Quelques jours après la clôture de la Coupe du Monde U20 à laquelle elle y a pris part, la Bleuette, posait ses valises dans les Côtes d’Armor. A ses côtés, des coéquipières à peine plus âgées. Hormis, la capitaine Julie Debever (30 ans), Claudine Tcheno (28 ans) ainsi que les membres de la génération 1993-94 avec entre autres Désiré Oparanozie, Charlotte Lorgeré et Faustine Robert, les filles de l’ère 1997-2000 pointent le bout de leur nez.

Une recette gagnante ?

Bien malin celui qui pronostiquera la place finale d’EAG à l’issue de cette saison de D1. Au coup d’envoi du championnat, nombreux étaient les observateurs qui n’auraient pas parié un seul sou sur cette quatrième place de Guingamp (à égalité de points avec le Paris FC, 3e) et ceci à une journée de la mi-saison. Des inquiétudes rémanentes de l’année passée accentuées par un début d’exercice compliqué. Un match nul face à Dijon lors de la 2e journée pour deux défaites face au Paris FC et à l’Olympique Lyonnais lors des trois premières rencontres n’ont pourtant pas eu raison de la motivation des bretonnes. Dès lors, l’EAG n’a perdu qu’un seul de ses sept derniers matchs (face au PSG à la 8e journée, 0-1) avant la réception de Montpellier, ce samedi 23 novembre, afin de boucler la phase aller de l’élite.

Une bonne santé au classement en totale corrélation avec les valeurs et la cohésion d’un groupe qui s’installe journée après journée. Dans tous les secteurs, chaque membre trouve sa place. Solène Durant, la portière numéro 1 cette saison peut d’ailleurs être rassurée par son arrière-garde emmenée par les expérimentées Julie Debever et Charlotte Lorgeré. Une défense où la réunionnaise Fanny Hoarau s’est totalement intégrée. Dans l’entrejeu, Sana Daoudi  en relative concurrence avec Tyryshkina s’impose peu à peu et espère tirer son épingle du jeu à l’instar d’Ella Palis (19 ans) dernièrement titulaire face à Soyaux. Un milieu de terrain commandé par Léa Le Garrec.  Efficace en attaque, En Avant peut aussi compter sur des joueuses qui deviennent presque incontournables comme Louise Fleury et Adélie Fourré (photo, ci-dessus) qui sont respectivement à deux et cinq buts inscrits en championnat sur la douzaine marquée par le club. Un domaine offensif dans lequel Faustine Robert et Désiré Oparanozie apparaissent comme des gardiennes du temple guidant cette nouvelle génération.

Si le chemin de la D1 est tout de même encore long, l’objectif de paraître le plus haut possible dans le classement à l’issue de la saison n’est pas incongru. Un challenge plus que jamais accepté par les Rouge et Noir. Pour le moment, tous leurs compteurs sont au vert.


Crédits photos : Franck Perrin/Twitter EAG

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