Don Bosco, le pape du cécifoot

Depuis 2005 le club omnisport de Don Bosco, à Nantes, a ouvert une section cécifoot, pour les aveugles et malvoyants. Du foot avant tout pour l’entraîneur des joueurs. Avec quelques adaptations, et beaucoup de respect.

On sent qu’ils pourraient tous en parler des heures. Jean-Luc Lescouëzec, le président, Anthony Heaurteau, l’entraineur… La section de cécifoot de Don Bosco et le cécifoot en général prennent une place importante dans leur vie.

Au début de l’aventure, Jean-Luc Lescouëzec est arbitre du club de Don Bosco, en valide. « La Ligue m’a demandé de monter à Paris arbitrer un match de cécifoot, et ça m’a plu ». C’était en 1999. Il monte les échelons, arbitre des joueurs malvoyants ou aveugles de plus en plus souvent, jusqu’aux finales des Jeux paralympiques d’Athènes et de Pékin. « Mais à Nantes, on n’avait toujours pas de club de cécifoot… alors j’ai eu l’idée d’en créer un ». L’équipe B2/B3 pour les malvoyants voit le jour en septembre 2005. Anthony Heaurteau, le coach actuel de cette équipe a découvert la discipline à ce moment-là. Joueur de foot et entraîneur chez les jeunes du Stade Etoile Clisson, il est alors étudiant en Staps. « La Coupe de France de cécifoot était organisée à Nantes, et ils cherchaient des bénévoles. J’ai postulé et je me suis occupé de l’équipe du Havre ». Piqué par le virus, il s’engage à fond avec Jean-Luc dans la nouvelle section de Don Bosco.

Du foot avec quelques adaptations


« Ça reste du foot »
rappelle-t-il en préambule de chaque conversation sur le cécifoot. En catégorie B2/B3 (malvoyant), le cécifoot se rapproche du futsal – pas de hors-jeu et pas de tacles. En catégorie B1 (aveugle), la pratique nécessite quelques adaptations – ballon sonore, guide voyant derrière le but pour aider les attaquants à marquer, et barrières le long du terrain. En 2005, 4 ou 5 joueurs s’inscrivent à Don Bosco, puis la section grandit. Une deuxième équipe malvoyant est créé en 2009. Puis la première équipe d’aveugle est montée en 2012 en partie avec des joueurs dont la vue a décliné.

Sur le terrain chaque match commence par une prise de repères (tour de terrain, but). Une fois le coup de sifflet donné, les joueurs se parlent énormément, pour se repérer, et les guides les aident à avancer vers le but. Les défenseurs aussi doivent se signaler à l’attaquant par le mot « voy » (« je viens » en espagnol, d’où est arrivé le cécifoot en Europe). « Conduite de balle, dribble, petit pont, passe… et même sombrero pour les joueurs les meilleurs, du foot quoi ! » rappelle Anthony Heaurteau, qui anime chaque semaine l’entrainement et coache les joueurs pendant les quatre week-ends de championnat de France et le week-end de Coupe de France.

Encadrants comme joueurs progressent dans la discipline. Jérôme Pénisson et Thibaut Rigaudeau sont appelés en équipe de France. Anthony Heaurteau devient l’entraineur adjoint de l’équipe de France B2/B3 de 2009 à 2013, puis des aveugles jusqu’en 2016. Aujourd’hui, c’est François Carcouët, l’arbitre de Don Bosco, qui se distingue. Après avoir arbitré la finale des JO paralympiques de Rio, entre l’Iran et le Brésil, en 2016, il était récemment à Madrid pour la Coupe du Monde de cécifoot (7 – 17 juin 2018).

Ils ont un bandeau, mais on a la même passion

Tous partagent la même passion. Le foot. Et les valeurs du cécifoot. Plus d’écoute, plus de respect, beaucoup de communication, sur le terrain comme en dehors. « On n’a pas de mal à trouver des bénévoles » assure Jean-Luc Lescouëzec. « Il y a toujours quelqu’un de confiance sur qui on peut compter pour se retrouver, pour nous ramener de l’eau, pour nous guider » apprécie Isnel, un des joueurs du club sur la vidéo de présentation réalisée pour promouvoir le cécifoot. « C’est un moyen de se sociabiliser, de s’autonomiser de passer des bons moments » résume Thibaud Rigaudeau l’une des pépites du club, appelé en équipe de France.

Don Bosco recherche des joueurs

Depuis les JO de Londres 2012, où la France est arrivée en finale, le cécifoot fait de plus en plus parler de lui. Don Bosco est régulièrement cité dans les pages sport de la presse régionale, et le FC Nantes relaie les infos du club. Mais il reste difficile de trouver des joueurs. Le Cécifoot reste en effet une pratique confidentielle avec seulement 200 joueurs sur le territoire national.

L’an prochain, l’équipe B2/B3 de Don Bosco pourrait même disparaître faute de nouvelles recrues…. A bon entendeur, la section de Don bosco est ouvert à tous, et à toutes. En France, la discipline est mixte grâce à une dérogation, et Don Bosco a déjà accueilli quelques joueuses aveugles. Cette saison, elles ne jouent plus. Il se murmure en effet que l’une d’elles est devenue maman. Le papa ? Un ancien de Don Bosco ! « Don Bosco, c’est plus qu’un club de foot, c’est une vraie famille ! », résument ses membres.

 

La vidéo de présentation du club


La présentation et les liens de tous les articles « 11 Foot d’Elles 2017-2018 »

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