D1 : L’heure des bilans

Le Championnat de France de Division 1 féminine s’est achevé samedi avec le 13e sacre de l’Olympique Lyonnais, les relégations de Rodez et Lille ou encore le titre de meilleure buteuse pour Marie-Antoinette Katoto. Retour sur une saison également marquée par des affluences en hausse.

Lyon, et de 13 !  

La scène est un grand classique, un incontournable de chaque épilogue de la saison de Division 1 féminine. Samedi, devant 1500 supporters venus au Groupama Training Center, Wendie Renard, capitaine de l’Olympique Lyonnais, a brandi le trophée de champion de France. Sous les confettis rapidement emportés par le vent, les joueuses lyonnaises, la médaille autour du cou, ont ensuite posé sous la banderole dédiée aux championnes.

Président comblé, Jean-Michel Aulas était également là, fier de ce 13e titre d’affilée. Avec seulement deux nuls concédés lors des 22 journées du Championnat (1-1 au Paris SG et à Fleury), les Lyonnaises se sont montrées intouchables avec en outre la meilleure attaque et la meilleure défense. Dans la quête de ce 13e titre d’affilée, seul le PSG est resté une menace potentielle. Jusqu’à la 20e journée et un affrontement direct largement dominé par l’équipe de Reynald Pedros (5-0).

L’analyse des statistiques des dernières saisons donne le vertige. Sur les 13 dernières saisons, les Lyonnaises ont en effet remporté 261 de leurs 286 matches de Championnat (18 nuls, 7 défaites), avec au passage une invincibilité de 87 matches entre mars 2010 et janvier 2014, toutes compétitions confondues. Côté efficacité, elles ont inscrit 1426 buts (moyenne de 109 buts par saison) pour seulement 88 encaissés (moyenne de 6,8 buts par saison) soit une différence de buts de +1338 !

L’hégémonie lyonnaise se prolonge donc et s’inscrit encore un peu plus dans l’histoire du sport français. Dans le sport féminin, seules les joueuses du RC Cannes en volley, ont été aussi dominatrices avec 20 titres entre 1995 et 2015, dont 18 d’affilée à partir de 1998. Mercredi, l’OL aura l’occasion d’ajouter une huitième Coupe de France à son palmarès lors de la finale face à Lille. Avant de viser une sixième Ligue des Champions, le 18 mai, à Budapest, face à Barcelone.

Pour la 7e fois sur les neuf dernières saisons, le PSG doit donc se contenter de la deuxième place. Le podium est complété comme l’an dernier par Montpellier suivi de près par Bordeaux qui obtient le meilleur classement de son histoire.

Rodez et Lille cèdent leur place à Reims et Marseille

En bas de classement, Rodez, avec seulement trois victoires et quatre nuls, n’a pu éviter la dernière place. Présente en division 1 depuis 2010, l’équipe dirigée par l’ancienne internationale Sabrina Viguier sera accompagnée en Division 2 par Lille qui ne sera donc resté que deux saisons au plus haut niveau national. Malgré une défaite face à Lyon dans la dernière journée, les Messines ont pu exploser de joie en apprenant la défaite de Lille à Montpellier, synonyme de maintien pour les Lorraines dirigées par Angélique Roujas. Les deux équipes reléguées seront remplacées par le Stade de Reims, club historique du football au féminin (5 titres de champion de France en 1975, 1976, 1977, 1980 et 1982), de retour parmi l’élite, 30 ans après l’avoir quittée, et par l’Olympique de Marseille, qui retrouve la D1, un an seulement après sa relégation à l’étage inférieur.

Une maigre consolation pour Katoto, meilleure buteuse

Les amateurs de statistiques retiendront son titre de meilleure buteuse. Mais Marie-Antoinette Katoto, 20 ans, aura du mal dans les semaines à venir à s’en contenter. Attaquante la plus efficace du Championnat avec 22 réalisations, la joueuse du Paris-SG, non retenue dans la liste de Corinne Diacre, regardera la Coupe du monde à la télévision. Ses performances sous le maillot parisien avec notamment un quadruplé face à Bordeaux ou encore deux triplés face à Metz n’ont pas suffi à lui offrir une aventure en Bleue. Derrière elle, la première Ballon d’Or féminin de l’histoire, la Norvégienne Ada Hegerberg termine au deuxième rang avec un total de 20 buts, son « moins bon » total depuis son arrivée à Lyon en 2014. Au niveau du classement des passeuses, domination d’une joueuse parisienne avec les 12 passes de Kadidiatou Diani. Comme pour les buts, Heberberg prend la deuxième place (11 passes).

Classement des buteuses : 1. Marie-Antoinette Katoto (Paris SG), 22 buts ; 2. Ada Hegerberg (Lyon), 20 buts ; 3. Kadidiatou Diani (Paris SG), Clarisse Le Bihan (Montpellier) et Eugénie Le Sommer (Lyon), 13 buts.

Des affluences en hausse et un record

Dans les tribunes, même si elles restent encore limitées, les affluences sont en augmentation avec un total de 118906 spectateurs soit une moyenne de 900 par rencontre. Un net progrès mais encore loin d’être suffisant pour établir un modèle économique professionnel pour la plupart des clubs. Le samedi 13 avril, l’Olympique Lyonnais a enregistré le record de spectateurs pour un match de Division 1 avec 25 907 supporters présents dans les tribunes du Groupama Stadium à l’occasion de la venue du Paris-Saint-Germain. Le match aller, au stade Jean-Bouin, juste à côté du Parc des Princes, avait lui attiré 8704 spectateurs. La Division 1 peut d’ailleurs remercier les deux clubs générateurs des plus grosses affluences. Sur les 22 rencontres ayant dépassé les 1000 entrées, 19 concernaient au moins l’une des deux formations. Effet de la proximité et de la médiatisation de la prochaine Coupe du monde, la 21journée a enregistré quatre matches avec plus de 1000 spectateurs (4164 pour Dijon-Lyon ; 1223 pour Lille Soyaux ; 1614 pour PSG-Bordeaux et 3417 pour Paris FC – Montpellier).  

Une exposition sans précédent

Après avoir signé un chèque de 6 millions d’euros pour cinq saisons, soit 1,2 million par saison, Canal + a diffusé l’intégralité des rencontres de Division 1 sur des différents canaux. La rencontre PSG – Lyon du mois du 18 novembre, diffusée en prime time sur Canal +, a ainsi attiré 462 000 téléspectateurs avec un pic à 836 000 en début de rencontre.

1 commentaire

  • Voilà que ballon est devenu un mot féminin. « La ballon féminin ». Et malgré que la ballon soit devenu(e?) un mot féminin, l’adjectif qualificatif ne s’accorde pas. Ah la « bône » écriture inclusive! Les conséquences en ce qui me concerne ne sont que des crises d’urticaire et comme j’ai fréquenté l’école primaire avant l’épidémie de méthode globale, le mal ne passera pas par moi mais les mômes de maintenant, ils ne vont plus rien comprendre!

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