Cruel, comme d’habitude

Dans un quart de finale très compliqué ce lundi soir face au Danemark, les Bleues sont éliminées de l’Euro 2013 aux tirs-au-but (1-1, 4-2 tab). Privée de solution pendant une bonne partie de la rencontre, la France échoue face à un adversaire inférieur, dans un dénouement cruel qui rappelle aux plus mauvais souvenirs des JO britanniques de 2012.
Le problème des grands classiques, c’est qu’on ne s’en lasse jamais. Le football aime répéter ces histoires improbables où le meilleur s’incline face à une formation quasi miraculée. C’est ce qui s’est passé ce lundi à la Linköping Arena entre la France et le Danemark. On sentait venir le piège danois, mais on ne le croyait pas si grand. Si sereines depuis le début du tournoi, les Françaises sont tendues dès les premières secondes de jeu et ce sont les Danoises qui dominent. Un jeu fluide et rapide qu’on attendait plutôt voir jouer par les Bleues. 

Sans solution au milieu du terrain, les Françaises tentent le jeu long, mais Gaëtane Thiney, isolée en pointe ne parvient pas à s’approprier le cuir. Tout comme ses coéquipières d’ailleurs. Les Bleues hésitent, reculent et doutent. Un contraste flagrant avec les rencontres précédentes Les premières alertes sont danoises, provoquées par des maladresses de l’arrière-garde bleue. Un signe qui ne trompe pas de la nervosité des Françaises, sur une touche accordée au Danemark, un fait anodin, Le Sommer s’agace et lance le ballon au sol. Deux minutes plus tard, Franco est tout près d’avoir la même réaction.

Bloquée par le positionnement danois, la France joue simple et échange surtout des passes courtes. Après  15 minutes de jeu, Renard, Georges et Franco sont les plus sollicitées. Un fait qui en dit long sur les difficultés tricolores. Et le premier but arrive logiquement à la 28e pour le Danemark. Prise à défaut sur un ballon en profondeur de Brogaard, Georges laisse filer Rasmussen au but. Cette dernière ne laisse aucune chance à Bouhaddi d’une frappe croisée du gauche.

Bussaglia tente de remettre de l’ordre au milieu et de frapper de loin, sans succès. Le replacement d’Abily à droite, Le Sommer en pointe et Thiney à gauche, apportera plus de vigueur au jeu français. La première des trois provoque les situations françaises les plus intéressantes, la deuxième est la plus remuante du jour, et la troisième, plus discrète au départ, monte en puissance jusqu’à se créer la plus belle occasion française, d’une frappe en pivot à la demi-heure de jeu. Mais ce n’est pas encore ça, et les Françaises retrouvent le vestiaire sur ce score. Le Danemark crée l’énorme surprise.



 

Un penalty inespéré pour la France


Après la pause, Bruno Bini abat sa première carte. Thomis prend place à droite, Thiney dans l’axe derrière Le Sommer et Nécib à gauche. Soubeyrand retrouve le banc. Le début de période est français, mais le jeu s’équilibre rapidement. Les contres danois sont rapides et dangereux, la survie des Bleues dans cette compétition ne tient qu’à un fil, ou un pied, celui de Renard qui intercepte un nombre incalculable de ballons à l’entrée de sa surface. Le sélectionneur français avance un nouveau pion et fait entrer Sabrina Delannoy à la place de Laura Georges, blessée.

La France multiplie les temps forts, sans aboutir. Les Danoises, encore et toujours, parviennent à se relancer. Le chrono est cruel pour les Françaises, qui semblent passer à côté d’une histoire, dont les premières pages étaient si bien écrites depuis le 12 juillet. Mais voici que l’histoire adresse un nouveau clin d’œil à la 70e. Sur un centre de Le Sommer, Abily est poussée dans le dos par Roddick. Penalty inespéré pour les Françaises (70e). Nécib prend le taureau par les cornes, et marque, malgré les gants de Petersen, toute proche de repousser sa frappe.

Un peu plus libérées, les Françaises, Thomis en tête, haussent le ton. Cette dernière commence à semer le désordre dans une défense danoise qui n’y peut rien. Mais le jeu se stabilise très vite, les deux équipes sont tenues par l’enjeu et n’osent plus perdre le ballon. Le cuir demeure la propriété des Bleues, mais la stérilité s’installe, et la maitrise quitte les deux camps. Le jeu offensif tricolore continue de manquer d’inspiration et la prolongation pointe le bout de son nez.



Le Sommer s’est demenée sans succès en attaque


Une prolongation douloureuse

Les deux périodes de temps supplémentaires ne changeront pas grand-chose. La France appuye sa supériorité sans parvenir à faire sauter le verrou danois. 107e minute, un mauvais souvenir sorti de Londres débarque avec un coup-franc de Camille Abily superbe, mais sur la barre transversale. La tension est à son maximum. On ne voit pas comment les Danoises pourraient marquer de nouveau dans cette partie. Elles se contentent de défendre, sachant pertinemment que leur gardienne serait en confiance pour une séance de tirs-au-but. 


Des penos assassins

On y vient naturellement. Les supporters danois scandent le nom de leur gardienne, qui avait arrêté deux penalties lors du match d’ouverture face à la Suède. Cette dernière récidive dès la première tentative de Nécib. Juste avant, Roddick avait trompé Bouhaddi. Thiney tirait parfaitement ensuite, tout comme Rydahl qui battait Bouhaddi, puis Le Sommer. Bouhaddi sort ensuite l’arrêt qu’il faut devant Nielssen. Delannoy s’élance alors face à Petersen, pour égaliser, ce sera sur le poteau. Le Danemark est à un tir de la demi-finale. Arnth y va et achève les Tricolores d’une frappe en lucarne. Après quatre années formidables, le football féminin revient au même point avec une élimination en quart de finale de l’Euro, comme en 2009. Cruelle, comme d’habitude.


Les Danois peuvent sourire, sans une seule victoire, le Danemark est en demi-finale de l’Euro 2013
 
Crédits photos : DBU.DK / FFF.FR