CdM U20 : des Américaines sans défense ?

Concurrentes aux trois étoiles, les Américaines sont des habituées de la compétition, ayant participé à toutes les éditions de la Coupe du Monde U20. Après deux éditions relativement ternes, les Yanks reviennent avec de bons arguments. Et un gros point faible.

L’offensive américaine…

La star de l’attaque US, Ashley Sanchez

Composée de 16 joueuses évoluant déjà dans le championnat universitaire et de 5 jeunes prêtes à faire leur entrée à l’université, les américaines peuvent se targuer d’avoir une composition très axée physique avec un entraînement intense à la fois à l’université mais aussi en camp. Petites déceptions dans le roster : Mallory Pugh, techniquement éligible, ne participera pas à la Coupe du Monde U20 suite à une blessure au Washington Spirit – la jeune femme brille en USWNT senior depuis 2016 – et l’absence de Tierna Davidson, petit bijou défensif de Stanford à l’athlétisme incontournable, appelée aussi en équipe A.

Les Yankees bénéficient d’un tirage plutôt clément, alors qu’elles ne disposent que d’un groupe partiellement efficace : même si elles triomphent des Françaises en matches amicaux et remportent la Sud Ladies Cup à Salon-de-Provence, il n’en reste pas moins que l’équipe se repose principalement sur Ashley Sànchez – appelée elle-aussi en USWNT en 2016, elle ne fera aucune apparence – et Sophia Smith, leurs machines à buts. Le bloc offensif est au point, mais la défense laisse à désirer et c’est ce qui pourrait leur coûter leur place.

Et une énorme faille défensive

Tierna Davidson

Opposées au Paraguay, au Japon et à l’Espagne en phase de groupe, les Américaines devraient logiquement s’en sortir. Cependant, il ne faut pas perdre de vue le très poussif tournoi de qualifications de la CONCACAF, où les américaines ne parviennent pas à craquer le jeu Haïtien en demi-finale et s’inclinent face aux Mexicaines en finale. Si elles ont l’athlétisme, le manque de finesse technique – et de contrôle du ballon – est le gros point faible de cette équipe. Ainsi, avant même de débuter le tournoi, les Yankees ne sont pas désignées comme favorites, même si l’équipe a un peu évolué suite aux qualifications. Des surprises sont à attendre, notamment venant des équipes jokers de la compétition, comme Haïti, mue par une véritable motivation de la gagne, même si physiquement ou techniquement, elles ne sont pas prêtes à durer – ainsi, on se souviendra de l’étonnante course pour la troisième place contre le Canada, où les filles de Bev Priestman s’inclinent 1-0 face à une sélection Haïtienne qui a tout donné, au risque de blesser ses joueuses, qui, éreintées, finissaient par être évacuées sur civière sur la ligne de touche.

Un monde changeant

Si les Américains ont une véritable ferveur concernant le football au féminin, la couverture médiatique des U20, comme dans la plupart des pays, laisse à désirer. Ainsi, pour la compétition, les matches seront diffusés sur Fox Sports 2, pour l’équipe nationale, tandis que d’autres matches bénéficieront d’une retransmission sur Fox Sports 1. Mais pas l’équipe nationale. Etrange. La campagne de préparation n’a pas non plus été retransmise, ce qui a fait une coupure malvenue pour les journalistes et fans.

Le monde du football pratiqué par les femmes change très vite. A commencer par la Jeune Garde. Les Américaines, dominantes dans la plupart des catégories, sont aujourd’hui mises à mal par l’évolution rapide des exigences. Un nouveau paysage se profile, où l’aspect physique sans stratégie fine ne pourra plus s’imposer comme à l’époque des Sinclair et des Wambach. Est-ce une bonne chose ? Absolument !

 

Les Américaines débutent leur campagne le 6 août contre le Japon.


Les présentations des autres équipes du groupe C :

Crédits photos : US Soccer Federation, Stanford

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