CDF – Jamais deux sans trois pour l’AC Avignon ?

Alors que les 8es de finale de la coupe de France se joueront ces samedi 26 et dimanche 27 janvier    -programme-, l’AC Avignon est le seul représentant d’une division régionale. Le petit poucet de l’édition 2018-2019 qui s’est frayé un chemin en battant l’Olympique de Marseille et Ambilly aux tours précédents, devra cette fois en découdre avec Grenoble, autre pensionnaire de D2. Zoom sur la surprenante équipe avignonnaise.

Il y a souvent de belles histoires en coupe de France et cette saison ne déroge pas à la règle… L’AC Avignon, club de régional 1, écrit la sienne au fur et à mesure des semaines, au fur et à mesure des tours de cette coupe. Aujourd’hui, la formation du Vaucluse joue le rôle de petit poucet de la compétition puisqu’elle est la seule à ne pas évoluer dans les championnats de D1 ou de D2. Petit poucet ce n’est pas quelque chose de nouveau pour l’AC Avignon. En effet, le club avignonnais avait déjà eu ce statut lors de la saison 2015-2016 où elle avait atteint le stade des 32es de finale et s’était inclinée face au Puy qui évoluait en D2 à l’époque.

Le match de ce dimanche sera donc une rencontre historique pour les joueuses et le dirigeants de l’AC Avignon. Si les protégées de Christophe Cattelin ont déjà marqué les esprits grâce à leur parcours dans la compétition, l’espoir d’aller encore un peu plus loin ne semble pas complètement fou et impossible.

AC Avignon, qui es-tu ?

Le club du Vaucluse a lancé son équipe féminine à 11 lors de la saison 2015-2016. Un pari gagnant pour l’AC Avignon puisque dès leur première année les féminines ont réussi à accéder à l’échelon régional. Si durant les deux premières saisons, c’est principalement le maintien qui était en jeu pour les Avignonnaises (huitièmes de leur championnat les deux ans), la saison en cours pourrait être un virage important pour l’équipe dirigée par Christophe Cattelin. Actuellement troisième de son championnat régional, derrière l’OGC Nice et l’Olympique de Marseille, l’AC Avignon semble en constante évolution depuis sa création et certainement bientôt prêt à franchir un nouveau cap. Une tendance confirmée par les propos du technicien avignonnais : « Se retrouver dans le haut du classement pour notre troisième saison en R1 est un peu une surprise, même si l’effectif s’est bien renforcé à l’intersaison. Il n’y avait pas d’objectif particulier mais c’est vrai que lorsque nous étions premiers à égalité de points avec l’OGC Nice début décembre, nous avons pris conscience de nos forces et de notre potentiel. Cela nous permet aussi de concrétiser avec la coupe de France. »

La difficulté de jongler entre deux compétitions

Troisième de son championnat régional et qualifiée pour les huitièmes de finale de la coupe de France, pour le moment le bilan est positif pour l’équipe féminine de l’AC Avignon. Mais pour ces joueuses qui n’ont évidemment pas de contrats fédéraux avec le club, être engagées dans deux compétitions différentes n’est pas évident à gérer. En effet, cela implique plus de matches, plus de répétitions et aussi plus de préparation. Pour Christophe Cattelin le fait de « ne plus être exclusivement focalisés sur le championnat, fait consciemment ou inconsciemment perdre de l’énergie. D’ailleurs depuis que nous brillons en coupe de France, nous sommes moins bons en championnat. »

Rien d’alarmant pour autant du côté du championnat et encore moins lorsque l’on pense à ce que peuvent apporter des matches contre plus gros en terme d’expérience et d’apprentissage : « Ce sont des matches très intéressants et qui nous serviront dans le futur. En tant que coach, je suis super content de cette parenthèse de coupe de France parce que c’est enrichissant mais quelque part je me languis aussi que cela se termine pour que la charge diminue un peu. »

Grenoble, pour un exploit de plus ?

Après avoir éliminé l’Olympique de Marseille au 2e tour fédéral (2-1) puis Ambilly en 16es de finale (4-3), l’équipe vauclusienne sera opposée ce week-end à Grenoble. Alors l’AC Avignon prolongera-t-il l’aventure en coupe de France ? Si les Avignonnaises ont été capables de le faire aux tours précédents, pourquoi ne pas imaginer un « jamais deux sans trois » avec une troisième victoire d’affilée contre une équipe de D2 ? De son côté le technicien avignonnais, Christophe Cattelin, reste humble et prudent : « Ce sont des contextes de matches particuliers qui nous ont été favorables. L’OM si on les joue dix fois, on ne les bat probablement qu’une fois et c’était cette fois là ! Pour Grenoble ce week-end, l’effet de surprise ne joue plus et je sais qu’ils vont prendre ce match très au sérieux. D’autant plus qu’ils n’ont plus grand chose à jouer en championnat. Je crains que ces signes ne contrarient l’exploit mais je continue d’y croire, comme mes joueuses ».

En tout cas, pas de doute sur le fait que le public soit bien présent au Parc des sports ce dimanche, pour pousser les joueuses d’Avignon à se transcender encore une fois. Dans une région où les clubs de football à suivre ne sont pas si nombreux, l’engouement autour de l’équipe féminine de l’AC Avignon et de son parcours en coupe de France ne cesse de grandir ces dernières semaines. Suffisamment pour que la magie opère ?

Les trois citations bonus du coach

« Nous avons construit un vrai groupe qui vit bien ensemble. Je sais que c’est quelque chose qu’on entend souvent mais avec l’expérience que j’ai depuis que j’ai commencé dans le foot féminin en 2006, c’est la première fois que je ressens autant ça. Les filles sont toutes capables de se sacrifier les unes pour les autres. Cette solidarité est vraiment forte. Il y a même des moments où j’ai l’impression que je pourrais m’effacer et que le groupe continuerait d’avancer. »

« J’ai suivi une formation de préparation mentale, dirigée par Elisabeth Loisel notamment. Ce stage là m’a beaucoup fait évoluer en tant qu’éducateur et m’a donné certains leviers que j’ai pu utiliser ces dernières semaines. Cela permet de voir plus loin que le terrain et c’est d’après moi un bagage de plus pour un entraîneur. »

« Le parcours en coupe permet de faire parler de nous et de rendre notre projet encore plus crédible alors c’est de bonne augure pour l’avenir de l’équipe. Si le club décide de jouer la montée l’an prochain, nous serons probablement un candidat sérieux mais pour ça je pense qu’il ne faut pas brûler les étapes. »

Le programme des matches du week-end

 


Crédits photos : Facebook Avenir Club Avignonnais

1 commentaire

  • Pour un club en développement, pour une ville qui n’a plus d’évènement foot, pour une région où le foot féminin a du retard… cette médiatisation et cet engouement seront bénéfiques.
    Je leur souhaite de sortir leur 3ème D2 pour avoir chance de recevoir Lyon ou Paris dans deux semaines!

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