Bleues – 2018 : le tremplin pour le Mondial

L’année 2018 a été synonyme de douze mois de pure préparation pour l’équipe de France. A quelques encablures de la coupe du Monde (7 juin-7 juillet 2019), la sélection de Corinne Diacre a disputé une petite dizaine de rencontres. Entre stabilisation du groupe, l’affirmation des cadres et l’intégration de la relève, la sélectionneure a fait de cette année un laboratoire de gestion pour lancer véritablement les Bleues dans le bain de la compétition.  

 

Une année de transition

Négocier au mieux le dernier virage avant la dernière droite. C’est comme cela que peut être décrite l’année précédant la participation à un tournoi majeur lorsqu’on en est, de surcroît, le pays hôte. Le France a joué ses dernières minutes d’un match international officiel le 30 juillet 2017 sur la pelouse de Deventer durant l’Euro aux Pays-Bas. Le quart de finale perdu ce jour-là face aux Anglaises (0-1) va lancer les Bleues dans une course au perfectionnement à moins de deux ans avant « leur » Mondial.

2018 est alors une année au seul objectif : être le tremplin pour 2019. Le choix des adversaires est alors déterminant. Et si  les joueuses de l’équipe de France ont entre autres eu le plaisir de fouler de nombreuses pelouses qui accueilleront des matches de la coupe du Monde, la succession de leurs rencontres dans l’Hexagone était loin d’être une simple parade itinérante à quelques mois de la date fatidique du 7 juin. En effet, l’essentiel était ailleurs. Afin de palier à toutes les situations lors du Mondial, Corinne Diacre et son staff ont voulu une pluralité chez les adversaires. Tout en gérant un calendrier plus ou moins dense afin de ménager son groupe, le but en 2018 fut de se confronter à tous les footballs et s’adapter à tous les circonstances de matches. Un travail d’équilibriste entre performance et management, qui semble néanmoins nécessaire au vu de l’échéance se rapprochant.

Les performances à la loupe

Durant cette année civile, les Bleues ont disputé tout juste dix rencontres internationales. Toutes amicales. Et c’est au stade Vélodrome à Marseille que les coéquipières d’Amandine Henry ont embrayé timidement 2018 avec un match nul face à l’Italie (1-1). Tenues en échec, les Bleues s’envolent deux mois plus tard pour l’Amérique du Nord et la désormais incontournable She Believes Cup. Lors de sa première sortie dans cette compétition amicale, l’effectif s’incline sèchement face à l’Angleterre (1-4) constituant l’unique revers français de l’année. A l’issue duquel, Corinne Diacre a immédiatement laissé parler sa déception : « On est très loin des exigences du niveau international. Je suis très en colère contre mes joueuses.  J’ai un sentiment de honte. » 

Depuis, cette performance servira de socle et d’exemple pour le reste des matches à disputer durant les mois suivants. Après la déroule anglaise, sur les huit autres rencontres disputées par les Françaises, on peut dénombrer un seul match nul (1-1 face aux États-Unis) et sept victoires. Le large triomphe face aux Allemandes (3-0) lors de cette même She Believes Cup ainsi que d’autres succès probants devant des nations de haut calibre comme le Canada, l’Australie ou le Brésil garnissent un bilan plutôt positif pour l’année s’achevant.

Les cadres confirment, la jeunesse en embuscade

Malgré l’hétérogénéité de l’adversité, les Bleues ont brillé, cette année, par leur efficacité offensive. Une attaque dont Eugénie Le Sommer s’est plus que jamais imposé comme la cheffe. Avec un total de 9 réalisations sur les 30 buts inscrits par la France depuis janvier, la Lyonnaise reste la joueuse la plus prolifique du groupe de Diacre. Valérie Gauvin et Gaëtane Thiney ont constitué, à moindre degré, les autres solutions offensives.

Mais ces 12 derniers mois ont surtout été l’occasion de tester quelques membres de la classe biberon française. Notamment intégrées en toute fin d’année, ces quelques pointes de fraîcheur se sont installées principalement chez les avants. Avec entre autres l’arrivée d’Emelyne Laurent et de Marie-Antoinette Katoto, toutes les deux venant de la sélection des U20 qui terminaient 4e du dernier mondial en Bretagne de la catégorie l’été dernier. De la jeunesse mais à petites doses, une stratégie assumée. « Si je n’avais que des jeunes, on n’irait pas bien loin. Heureusement que j’ai quelques anciennes qui ont beaucoup d’expérience. Ces jeunes, ont donc quelque chose a apporté », expliquait encore Corinne Diacre peu de temps avant la dernière rencontre de l’année.

Dans l’entrejeu et en défense, en dépit des multiples roulements dans l’effectif au fur et à mesure des rassemblements, les bases de chaque ligne dans l’optique du Mondial semblent quasiment déjà connues. Indispensables dans l’arrière-garde, Sarah Bouhaddi, Griedge M’Bock, Wendie Renard ont consolidé leur statut au sein de cette équipe. Cette année sur l’ensemble de leurs matches, les tricolores ont vu leurs filets trembler à sept petites reprises. Au milieu, si Amandine Henry ou Elise Bussaglia sont des piliers indispensables, d’autres comme Kadidiatou Diani voire Amel Majri empruntent peu à peu leur sillon en réitérant les prestations de bonne facture.

Avec son lot d’enseignements dans tous les secteurs, la page 2018 se referme. Tous les yeux sont désormais rivés sur 2019 où d’ultimes questions se poseront. Une nouvelle année qui commencera avec un vrai test dès le 19 janvier prochain et une opposition amicale face aux États-Unis au stade Océane du Havre.

 


Crédits photos : FFF /FIFA

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