Bergeroo, pour passer un cap ?

Nommé sélectionneur de l’Équipe de France féminine ce mardi à l’issue du comité exécutif de la FFF, Philippe Bergeroo arrive à la tête des Bleues avec pour premier objectif d’emmener les Bleues au Mondial 2015, puis aux JO 2016, ce qui sous-entend une grande performance lors de la Coupe du monde. Signe que le nouveau coach tricolore est là pour franchir un nouveau pallier.
C’est ce que l’on appelle la rupture, dans la continuité. Comme Bruno Bini, Philippe Bergeroo jouit avant tout d’une réputation de formateur. Comme son prédécésseur, Bergeroo est réputé pour ses qualités humaines. Comme Bini, le nouveau coach des Bleues sort des rouages de la Fédération française de football où il évolue depuis une dizaine d’années. Autre point commun, tous deux ont connu les sommets européens avec une équipe de jeunes. En 2003 avec les U-19 pour Bruno Bini. En 2004 avec les U-17 pour Bergeroo.

En revanche, tandis que l’ancien entraîneur des Bleues avait cotoyé des féminines durant 11 années avant de prendre la tête des Bleues, le nouveau dirigera une équipe de femmes pour la première fois de sa carrière. C’est là que se situe la rupture. Avec un regard neuf sur le Championnat de France féminin, Bergeroo devrait apporter une toute autre vision de la sélection.

La nomination d’un entraîneur connu du monde masculin – ancien entraîneur du PSG, champion d’Europe U-17 2004 et dans le staff d’Aimé Jacquet en 1998 – peut aussi être interpretée comme la volonté d’attirer encore plus, sur le terrain médiatique notamment. « C’est un type très bien que j’ai connu comme entraîneur du PSG lorsque j’étais membre du comité directeur du club, a réagi l’ancien président parisien Alain Cayzac. C’est quelqu’un de compétent et qui possède de grandes valeurs morales. C’est un bon choix pour l’Équipe de France féminine.« 

Dans un communiqué, le président de la FFF, Noël Le Graët a tout d’abord rendu hommage à Bruno Bini : « nous avons beaucoup de respect pour Bruno, un homme très attachant et très professionnel, qui a remarquablement conduit la sélection avec un côté humain que l’on ne retrouve plus dans le football. Il a fait progresser cette équipe chaque année et contribué à lui donner une image exceptionnelle, mais c’était le moment de changer.« 



 

Bruno Bini : « Il a prouvé sa valeur »

Le patron de la Fédé a ensuite évoqué le cas du nouveau sélectionneur : « Philippe Bergeroo a des qualités assez proches et l’expérience du haut niveau en clubs (Paris SG, Rennes) et en sélections avec les U17 (Champions d’Europe 2004), U18 et U19. Sa mission sera de qualifier l’Equipe de France à la Coupe du Monde 2015 et éventuellement aux JO 2016. Ce remplacement n’est pas une rupture brutale.« 

Interrogé sur RMC dans l’après-midi de mardi, Bruno Bini a défendu son bilan. « J’accepte la décision, a-t-il affirmé tout d’abord. La seule chose qui m’a un peu gêné, c’est qu’il y a eu une campagne de désinformation par rapport au vestiaire. […] Mais c’est la vie : c’est parfois douloureux. Je trouve juste dommage que ça arrive l’année où on jouait le mieux. Pour rappel, sur cet Euro, on a fait 8 matches de qualifications et 4 matches de championnat : on en a gagné 11. Et c’est l’année où tout allait bien dans le groupe et où il n’y avait plus de problème que je dois m’en aller.« 

Le désormais ancien coach des Bleues a également tenu à adresser ses voeux de réussite à son successeur : « j’ai envie de lui dire bonne chance. C’est un garçon qui a beaucoup de qualités, qui a prouvé toute sa valeur. Il fait référence au niveau des cadres techniques. C’est un ami. Du fond du cœur, je lui souhaite bonne chance et je me tiens à sa disposition parce que je n’en veux à personne.« 

Dans une poule relativement facile pour se qualifier pour le Mondial 2015, Philippe Bergeroo a deux ans devant lui pour travailler son groupe. Le fait que Noël Le Graët ait cité les JO 2016 sous-entend par ailleurs que le niveau d’exigence pour la Coupe du monde de 2015 est élevé. Les performances du Mondial désigneront les nations européennes qui seront de l’Olympiade au Brésil l’année suivante. Il faudrait donc au moins une demi-finale pour décrocher ce ticket. Le premier match de Philippe Bergeroo à la tête des Bleues aura lieu le 25 septembre prochain au Kazakhstan. Sa première liste ainsi que la composition de son staff retiendront toutes les attentions.

Crédit photos : FFF.FR