Bérangère Sapowicz : « Je n’ai pas définitivement pris ma retraite sportive »

Absente des terrains depuis la Coupe du Monde 2011, Bérangère Sapowicz revient pour Foot d’Elles sur sa situation actuelle, ses envies et nous livre son regard sur les performances des Bleues aux J0 2012.

Certains médias avaient annoncé votre retraite sportive en mars 2012, pouvez-vous nous confirmer cette information ?

En réalité, je n’ai jamais vraiment annoncé ma retraite sportive. Suite à ma blessure lors de la Coupe du Monde 2011,  j’ai mis 2 mois à récupérer de ma grave blessure à la cheville. Cette blessure est survenue alors que j’avais déjà connu des pépins physiques les saisons précédentes et ma reprise de l’entrainement avec PSG a été difficile notamment au niveau de l’un de mes genoux qui avait également souffert dans cette histoire.

Malgré tous les traitements et du repos, je n’ai pas pu supporter les 4 à 6 entrainements par semaine et j’ai préféré « dire stop » au coach. Ce fut une décision difficile à prendre car elle m’obligeait à tirer un trait sur les JO.


Et aujourd’hui, où en êtes-vous sur le plan physique ?

Je me suis remise à courir depuis le mois de mars et à refaire des soins depuis la fin mai. Malgré des douleurs toujours présentes, je suis quand même restée active, à faire des footings de 20 minutes. Et finalement, pendant les vacances d’août, je suis repartie sur une base de 30 à 35 minutes de footing et le seuil des douleurs a reculé.


Donc vous n’avez pas rangé les gants ?

Non. J’ai échangé avec le nouveau coach du PSG (Farid Benstiti), il me reste encore 1 an de contrat en tant que joueuse. Ma situation n’est pas encore tranchée, je fais encore pas mal d’examens avec les docteurs.

Cette année, le staff pourrait accepter que je m’entraîne avec un nombre d’entraînements moins important que l’année dernière. Je ferai plus du dépannage sur les séances d’entraînement en quelque sorte. Il y a déjà 2 autres gardiennes au PSG qui sont de très bon niveau, qui sont plus jeunes que moi, qui ont peut-être connu moins de blessures que moi. Ce sont elles qui sont et qui seront prioritaires quoi qu’il arrive sur les matchs.


« Ma priorité est aujourd’hui de retravailler »


Cette reprise de l’entrainement vous permettrez également de reprendre votre poste à la communication de la sélection féminine du PSG ?

En effet, ma priorité aujourd’hui est de retravailler. Comme je suis toujours en arrêt de travail, je ne peux ni aller m’entraîner ni aller au bureau. Je suis sous contrat fédéral à mi-temps mais l’arrêt de travail est également valable pour mon contrat administratif.

Aujourd’hui, je veux revenir dans le monde du travail et aider à développer la section féminine au PSG. C’est vraiment ça dont j’ai envie !

La D1 Féminine bénéficie depuis cette saison d’une plus grande médiatisation, notamment via Eurosport et France 4. Seriez-vous intéressée par un poste de consultante à la télévision ?

Oui, pourquoi pas. Sur Eurosport, j’ai déjà dû faire 2 ou 3 matchs la saison passée, c’est sympa. Je pense que plus on en fait, plus on est à l’aise et plus on arrive à enchaîner des phrases. Quand on ne connaît pas, c’est un peu compliqué au départ !


« Le poste de gardien est un poste très compliqué, on fait un arrêt on est le roi du monde, on fait une boulette on nous dit tout le mal du monde »


Sarah Bouhaddi a subi de nombreuses critiques après sa faute de main en demi-finale des JO contre le Japon. Ces critiques ont forcément dû être difficiles à entendre pour vous également ?

J’ai vécu en direct ce match contre le Japon et je me suis dis « ce n’est pas possible ». Sarah est vraiment une très grande gardienne, elle est très forte. C’est le genre d’erreur que l’on peut faire lors d’un match amical, sauf que là ça lui arrive en demi-finale.
Le poste de gardien est un poste très compliqué, on fait un arrêt on est le roi du monde, on fait une boulette on nous dit tout le mal du monde, je l’ai vécu également.

Les écarts de niveaux entre les matchs nationaux et internationaux peuvent-ils expliquer quelques erreurs chez les gardiennes ?

C’est vrai qu’au cours de la saison, nous pouvons jouer plein de match sans être beaucoup sollicitées. Une fois en sélection, le niveau de l’opposition monte et nous avons beaucoup de choses à gérer. C’est un peu le cas de Sarah à Lyon qui est souvent assez peu sollicitée en championnat et même au cours des premiers matchs de Ligue des Champions.

Au final, les Bleues ont à nouveau fini quatrième aux JO après la Coupe du Monde 2011. Une déception selon vous ?

Mes sentiments sont vraiment partagés entre déception et fierté. Finir deux fois quatrièmes d’une grande compétition internationale, ce n’est pas rien. Je qualifierai plus cette quatrième place de rageante car les Bleues étaient largement capables d’aller en finale.

Que pouvons-nous vous  souhaiter pour cette fin d’année 2012 et pour 2013 ?

Plus de blessures, que ma dernière année de contrat au PSG se passe bien et que je reste sur le terrain toute la saison afin de bien finir ma carrière.

Crédit photo: fff.fr