Ashley Lawrence – « PSG – OL, toujours un grand rendez-vous »

Elle a été l’un des recrutements sensations du PSG en 2017 : la Canadienne Ashley Lawrence a depuis confirmé sa présence parmi les incontournables des joueuses d’Olivier Echouafni. A l’aube de PSG-OL pour le compte de la D1F, portrait de la défenseure du Grand Nord.

Du Grand Nord…

En 2013, Lawrence n’a que 17 ans. Elle foule pour la première fois le terrain sous l’uniforme rouge sang, sous les ordres de John Herdman. Deux ans plus tard, elle vit la Coupe du Monde à domicile aux premières loges, et marque, le 15 juin, devant les supporters de la Belle Province. Un but en début de rencontre contre les Pays-Bas. Certes, les Canadiennes ne dépassent pas les quarts de finale contre l’Angleterre, 2-1. Mais quand même, marquer à domicile, devant plus de 45 000 spectateurs, c’est quelque chose qui marque une carrière. Comme lorsque l’on rapporte, pour la deuxième fois consécutive, la médaille de bronze olympique, un exploit canadien, sous les hourras de John Herdman, le coach visionnaire qui, depuis, est parti entraîner les hommes pour tenter de redresser la barre de la débâcle, après trente ans de disette. Quand on évoque l’Anglais aux gueulantes mémorables de la ligne de touche, on entend le sourire dans la voix d’Ashley : « On se souviendra longtemps de John et de son impact, sur l’équipe nationale comme dans le programme EXCEL ». Ce même programme qu’il a contribué à fonder et qui forme l’élite du soccer canadien de demain. « La transition ave Kenneth – Heiner-Møller, le coach Danois qui a remplacé Herdman lors de sa migration vers le programme masculin – est assez naturelle, puisqu’il était coach assistant avec John. Et même s’il n’est plus physiquement avec nous, son esprit et son héritage nous suivent. »

… A l’Europe

Ashley Lawrence grandit à Toronto, Ontario. Elle joue avec une de ses très bonnes amies et son équipière de l’équipe Senior, Kadeisha Buchanan – qui évolue également en D1F, sous les couleurs de l’OL -, à West Virginia University, où elle se frotte au niveau de la NCAA, le championnat élite universitaire américain. Au lieu de choisir la draft de la NWSL, elle répond à l’appel d’un des clubs européens qui s’intéressent à elle. « Je n’ai pas réfléchi à deux fois avant de choisir le PSG. Jouer en Europe, c’est aussi un rêve, et je n’allais pas laisser passer ma chance. La barrière de la langue a été une difficulté majeure, mais aujourd’hui, je crois que ça va mieux », s’amuse la Canadienne. Et pour cause : souvent sollicitée pour des interviews en Français, celle qui ne parlait pas la langue en 2017 se retrouve à la maîtriser sans aucun accent.  

Mais les difficultés ne se réduisent pas seulement à la barrière de la langue : il faut savoir s’adapter, repousser son jeu, lever le pied sur le physique pour maîtriser l’exigence technique de la France et de l’Europe. C’est le choc des cultures pour Lawrence et c’est cette différence, parfois ce manque, qui font partie des ombres à son tableau parisien. Un cadre qui parfois ne se rend pas forcément compte du potentiel des joueuses. Mais l’expérience Européenne la pousse à trouver le meilleur. Et cela se traduit par un leadership sur le terrain. « Au début, je ne faisais pas nécessairement partie du XI de départ. J’ai dû prendre sur moi et apprendre à être patiente. Apprendre aussi que je pouvais avoir un rôle sur le banc et en-dehors du terrain. Ca m’a poussé à m’améliorer, à donner le meilleur de moi et faire en sorte que l’équipe sache qu’elle pouvait compter sur moi. » Cette expérience et cette présence, elle les rapportent directement en équipe nationale, où l’impact Européen est clairement visible chez elle et Kadeisha Buchanan, qui deviennent toutes deux des piliers de la défense et du milieu canadien, alliant impact physique et technicité qui font la différence dans le roster plutôt habitué à un jeu ultra physique.

Trouver l’équilibre

Et les matches de haute voltige sont toujours des incontournables pour Ashley. « On se rencontre souvent, pour le compte de la D1F, de la Coupe de France et même de l’UWCL. Tenir tête à l’OL et surtout gagner est un challenge toujours excitant, même si on se connaît bien. D’ailleurs avec Kadeisha, nous sommes pros, mais ça reste fun de jouer contre elle. On bosse énormément pour préparer ces matches, notamment sur le point de vue tactique, mais le plus important c’est aussi de s’assurer qu’on est mentalement assez solides pour tenir le coup. » Quand on lui demande si c’est ce qui manque au PSG pour tenir tête à l’OL plus régulièrement, c’est une évidence pour Ash : « Quand on regarde individuellement, les compétences et les points forts sont les mêmes dans les deux équipes. La force mentale fait la différence. » Et on l’a vu dans l’encore controversée finale de la Coupe de France, dont le but de Katoto, magnifique, indiscutable, est occulté par tout le bruit autour. Ou dans la finale de la Champions League, qui a montré le caractère des parisiennes. « Cette finale, même si l’issue est amère, elle reste dans mon coeur. C’était dingue de jouer à Cardiff, devant les fans qui avaient fait le déplacement. Ma mère était là, aussi. » Un soutien important pour Ashley, qui doit composer avec 8000 kilomètres de distance et surtout 6h de décalage horaire avec sa famille restée en Ontario. 

Le futur est brillant pour Ashley. « Bien sûr, le but pour cette année – la dernière de son contrat actuel – est de remporter un maximum de titre pour Paris. Et la Champions League. Et puis, il y a la Coupe du Monde, bien sûr. » Une Coupe du Monde dans un pays qu’elle connaît bien : « jouer en France, ça a été l’équilibre parfait entre le challenge personnel et la découverte d’une nouvelle culture. »


Crédit photo : Women’s Soccer France / Lisa Durel

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