Stéphane Pallez, une alliée du sport féminin à la tête de la FDJ

Mixité, égalité hommes-femmes, carrières féminines… Stéphane Pallez, la PDG de la Française des Jeux utilise depuis 2014 sa position à la tête de la FDJ pour faire bouger les lignes dans l’entreprise, mais aussi sur les terrains de sport.

Elle aurait pu se consacrer à bien d’autres dossiers. La PDG de la Française des Jeux doit gérer la digitalisation et peut-être bientôt la privatisation du groupe public de loterie. C’aurait été sans compter sur la volonté de Stéphane Pallez. Diplômée de Sciences-Po, puis de l’Ena, la haute fonctionnaire a commencé sa carrière au Trésor, avant de filer à Washington à la Banque mondiale puis de revenir en France pour rejoindre le cabinet de Pierre Bérégovoy. En 2004, elle est nommée directrice financière déléguée chez Orange. Dix ans plus tard, elle accède à la tête de la FDJ. La première femme à ce poste.

Changer les choses dans l’entreprise… et en dehors

« En arrivant à ce poste, elle a voulu changer les choses, en entreprise et en dehors » se souvient Frédérique Quentin, responsable du sport de haut niveau et du sport féminin à la FDJ. « Elle a clairement donné une impulsion sur la place des femmes » complète Lætitia Olivier, la directrice communication et développement durable du groupe. « Non pas que le sujet ait été oublié avant mais elle a donné un coup d’accélération : avant j’étais la seule femme au Comex, quand elle est arrivée on était deux, et maintenant on est quatre, une quasi parité », détaille-t-elle.

« Après, elle a travaillé avec le DRH sur un programme pour faire progresser le taux de femmes-managers et pour accompagner les femmes tout au long de leur carrière ». En interne, la machine est lancée. « Une fois qu’elle avait traité les enjeux de mixité et d’égalité en interne, elle m’a rapidement demandé d’aller plus loin sur le sport féminin », se souvient Laetitia Olivier. Car ce qu’elle a observé en entreprise, notamment la difficulté des femmes à accéder aux postes de direction se retrouve dans le sport : les sportives ont plus de mal à se faire connaître, et sponsoriser.

Pour Stéphane Pallez « une entreprise se mesure aussi par sa contribution à la société et à sa capacité de proposer de nouveaux usages » défend-t-elle dans une tribune. La Française des Jeux est depuis longtemps engagée aux côtés des fédérations et des clubs, mais elle va réorienter les fonds, donner une nouvelle impulsion en faveur du sport féminin. « La FDJ est le premier financeur du sport en France, c’était logique d’utiliser le sport pour mener le programme de l’égalité hommes-femmes » enchaîne Frédérique Quentin.

Des groupes de réflexion sont montés, avec de nombreuses personnalités, notamment l’ancienne escrimeuse et pas encore ministre Laura Flessel, pour proposer à la PDG un programme d’action. En 2016 #SportPourElles est lancé, avec quatre axes : agir sur le terrain pour favoriser la pratique de toutes, soutenir le haut-niveau, médiatiser les sportives pour donner envie, et mobiliser toutes les énergies pour faire évoluer les mentalités.

La FDJ sponsor officiel de la seule équipe féminine pro de cyclisme

Alors que la FDJ soutient une équipe de cyclisme masculine depuis très longtemps (FDJ-Groupama, Stéphane Pallez interroge rapidement : pourquoi pas une équipe féminine ? « Nous avons cherché, et découvert l’équipe Nouvelle Aquitaine », répond Laetitia Olivier. La FDJ devient son sponsor officiel. La PDG, elle même sportive, notamment nageuse, insiste aussi auprès des fédérations dont elle est partenaire sur l’importance de développer la pratique féminine et l’accès des femmes au haut-niveau.

« On a réalloué des budgets. Par exemple, en schématisant quelque peu, pour le basket, les équipes masculines avaient moins besoin de se faire connaître, ils l’étaient, alors nous avons orienté notre communication (et des fonds, ndlr) vers les filles », détaille Laetitia Olivier. Ses équipes sont unanimes, Stéphane Pallez suit ces dossiers de près. « Elle est derrière nous, c’est clair… et ça aide à obtenir des budgets dédiés de la part du directeur financer », remercie la directrice de la communication.

Quant au foot féminin… Il a aussi été évoqué. Mais le partenaire de la FFF, le PMU, est un concurrent de la FDJ. Et les budgets du foot, en France, n’ont rien à voir avec les autres sports. « Pour l’instant on travaille avec le fond d’action du football » comment Lætitia Olivier. « On souhaite aussi encourager tous les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 à accueillir les filles… » complète-elle. Une ouverture qui tient à cœur à Stéphane Pallez également très engagée dans la candidature des JO de Paris 2024.

Une fonceuse, qui veut impulser le changement

« De part notamment son terreau familial, largement issu du public, elle est très portée sur l’intérêt général » analyse Laetitia Olivier. « C’est quelqu’un de très volontaire, et de très accessible malgré son emploi du temps chargé. » « Elle a des convictions et c’est une fonceuse. Je crois qu’elle a envie de marquer son passage chez FDJ. L’ancien PDG a impulsé dans le sport des actions sur l’intégrité et l’éthique -qui sont encore présentes bien sûr-, elle s’est orientée sur le sport féminin, en y faisant un parallèle avec ce qu’elle a pu vivre dans ses expériences en entreprises. Pour elle, il faut impulser le changement, sinon on ne s’en sortira pas ! », complète Frédérique Quentin. Cette année, la FDJ a donc lancé un nouveau projet, #PerformancesPourElles, pour booster les fédérations à faire progresser leurs sportives. L’entreprise veut aussi s’adresser au grand public. Elle prépare un manifeste pour l’automne, pour encourager les femmes à prendre confiance en elles et à trouver leur place dans le sport.


Crédits photos : T.Paviot/FDJ

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