Sarah M’Barek (Guingamp) : « La 5e place, c’est notre objectif »

Étrangement oubliée lors du « Téléfoot » consacré au football féminin, Sarah M’Barek demeure cette saison, la seule femme entraîneur de l’élite en D1 féminine. Éliminés de la Coupe de France par Le Mans, l’En Avant Guingamp et sa coach Sarah M’Barek ont désormais la 5e place en ligne de mire.

 

 

 

La victoire à Soyaux a-t-elle permis d’effacer la déception de la Coupe de France ?

 

Non, pas du tout. J’avais demandé une révolte de la part de l’équipe, pour faire en sorte que l’élimination en Coupe de France soit un peu mieux digérée. Cela n’efface pas tout, mais au moins ce match contre Soyaux était une victoire avec des choses très positives. Nous avons été chercher ce succès, même si ce n’était pas évident et que les conditions de jeu n’étaient pas simples. L’adversaire était à notre portée mais en même temps compliqué à jouer. Les filles avaient bien préparé ce match, alors la victoire a été une belle satisfaction. Je pense que l’élimination en Coupe de France nous servira jusqu’à la fin de la saison. Je suis la première à rappeler à l’entraînement que nous sommes éliminées, car je l’ai encore en travers. Bien sûr, nous ne devons pas rester éternellement là-dessus, alors maintenant nous allons aller de l’avant.

 

 

Yzeure et Saint-Étienne luttent pour le maintien, est-ce l’année de Guingamp pour la 5e place ?

 

La 5e place, c’est désormais notre objectif. C’est une place importante, car c’est la place qui arrive juste derrière les quatre « gros ». Pour celui qui termine 5e, c’est en général significatif d’un championnat honorable. Les quatre ont des budgets tellement conséquents et des équipes si expérimentées que c’est compliqué de prendre une de ces 4 places. Quelque part cela crée un second championnat en-dessous.  Mais pour moi, la première place de ce deuxième championnat n’est pas qu’une place honorifique. Si je finis 5e et que je ne prends aucun point contre Juvisy, PSG, Montpellier ou Lyon, j’aurai quand même une certaine amertume à la fin de la saison. Si je termine 6e et que j’accroche un « gros », alors j’aurai peut-être plus de satisfaction. La place représente quelque chose, mais c’est surtout le contenu et le déroulement de la saison qui m’intéressent.

Nous, nous sommes en phase de construction et faisons en sorte de stabiliser l’équipe première et la section féminine. Être 5e c’est bien, cela veut dire que nous sommes sur la bonne voie. Cela veut aussi dire que nous sommes susceptibles d’attirer des joueuses qui pourraient avoir du mal à jouer dans l’une des quatre équipes en tête de la D1. Nous ne voulons pas jouer le maintien la saison prochaine, car nous sommes ambitieux et nous construisons vraiment un beau projet sur 3 ans. Nous avons fait la première année de transition et nous allons pouvoir nous appuyer sur cette saison pour grappiller des points et des places dans les saisons futures. Nous restons lucides.

 

 

 

 

Avec le recul, que penses-tu avoir apporté à Guingamp cette saison ?

 

Je pense avoir apporté beaucoup de rigueur et d’exigence. Je ne me compare pas aux entraîneurs précédents, car chacun apporte sa pierre à l’édifice. Il y a eu de très bonnes choses de faites avant mon arrivée, et si nous en sommes là aujourd’hui, c’est aussi grâce à mes prédécesseurs. J’en suis consciente. Maintenant ce que je veux, c’est que les filles aient une mentalité et un état d’esprit irréprochables de sportives de haut niveau. Je veux des joueuses qui ont le goût à l’effort, qui soient capables de dépasser leurs limites, et un comportement exemplaire sur le terrain. J’aime le beau jeu et j’ai donc besoin de voir ça dans le contenu de nos matches. Je sais que ce n’est pas toujours évident, parce qu’il faut toujours avoir du résultat et qu’il y a toujours une certaine pression.

 

Je pense avoir apporté une stabilité tactique. Je trouve que l’équipe est mieux organisée qu’au mois d’août quand je suis arrivée. Il y avait aussi beaucoup de nouvelles, alors…. Maintenant j’aimerais que nous marquions davantage de buts. Dans les phases de jeu et dans la construction, c’est intéressant. C’est vraiment dans la finition que nous pêchons. C’est pour moi, notre plus gros défaut. 

 

 

A l’aller cela ne s’était pas forcément bien passé contre le PSG, Montpellier ou Juvisy avec 3 défaites en 3 matches. Tu vas recevoir Montpellier, aller à Paris et recevoir Juvisy entrecoupé d’Hénin-Beaumont. Avez-vous tiré des leçons de ces matches ? Penses-tu que le groupe, maintenant plus expérimenté, est capable d’un exploit ?

 

C’est sûr que je le souhaite. J’attends avec impatience ce genre de matches pour se tester à nouveau. A Montpellier, nous perdons 2-0 et Audrey Février pour plusieurs mois.  Cela a été compliqué. Cela nous a déstabilisés avec une équipe au-dessus de nous. En recevant Montpellier, j’espère voir un peu où nous en sommes. Parmi les 4, elle reste l’équipe la plus abordable. Je connais bien cette équipe. Elle n’a plus rien à jouer. Plus d’espoir pour la Ligue des Champions. Peut-être allons-nous avoir un ascendant psychologique sur cette équipe. Elle reste une équipe talentueuse avec des jeunes joueuses qui le sont aussi. J’aimerais gagner quelques points sur cette confrontation.

 

En ce qui concerne le PSG, nous en avons pris 6 à la maison, au Roudourou. Je pense que l’on a lancé leur saison. Depuis, c’est une équipe qui a énormément progressé. Qui se trouve les yeux fermés. Paris est pour moi l’équipe la plus régulière de la saison. Cela va être compliqué mais sur un coup, pourquoi pas. Ce sera un peu ma Coupe de France à moi. Contre Lyon, ce sera plus en fin de saison et le classement sera déjà fait. Ce sera peut-être un match bonus. Pour Juvisy, j’ai quelques regrets sur le match aller. J’espère que nous serons capables de montrer notre progression, et de les accrocher.

 

 

 

 

Crédits photos : eag