Que vaut la République Tchèque ?

Vendredi à Bondoufle, l’équipe de France féminine reçoit la République Tchèque en match amical (20h45). Inconnue du grand public, l’équipe nationale tchèque est une équipe moyenne du football féminin européen, absente des compétitions majeures depuis l’Euro 1989. Zoom sur le prochain adversaire des Bleues.
Elles sont fortes, les Tchèques ? La question se pose naturellement à la vue de l’affiche de ce vendredi soir à Bondoufle (20h45) entre les filles de l’équipe de France féminine et celles de la République Tchèque. Si la France partira favorite, il ne faut pas penser que les Tchèques (26e au classement FIFA) viennent des profondeurs du football mondial.
 

This is/was Sparta

 
Sans être une nation majeure, la République Tchèque a placé un club en 8e de finale de Ligue des champions féminines lors des quatre dernières saisons. Le Sparta Prague, qui domine le championnat local aussi loin que remontent les données fiables (2004) est ainsi tombé face à Arsenal en 2009 (0-3 ; 2-0), Linköping en 2010 (2-0 ; 0-1) et a failli créer la surprise en éliminant le club russe de Rossiyanka – habitué des derniers tours européens – en 2012 (0-1 ;2-2). En 2011 ? Le Sparta est littéralement balayé par l’OL (6-0 ; 0-6).


Eugénie Le Sommer grimace, mais elle a claqué 2 buts ce jour-là

Ces données sont particulièrement intéressantes pour jauger le niveau de la sélection tchèque si l’on ajoute que sur les 26 joueuses utilisées lors des éliminatoires de l’Euro 2013, 15 évoluaient au Sparta Prague. 7 jouaient dans l’autre club de Prague, le Slavia, 2 au FC Slovacko et 1 au BK Kenty, club de D2 suédoise.

Depuis, les choses ont évolué puisque dans la liste convoquée pour affronter la France, on ne retrouve plus que 6 joueuses du Sparta sur 18, pour 4 du Slavia et 3 de Slovacko. Nouveauté, il y a 2 joueuses de Bundesliga, une de Neulengbach et l’autre de Duisbourg et 2 de D1 suédoise, toutes deux au KIF Örebro.
 

Des performances mitigées


Au rayon des prestations, difficile de dire que les Tchèques impressionnent. Durant son parcours de qualification pour l’Euro 2013, la sélection termine 3e du groupe 7, loin derrière l’Autriche et le Danemark, et devant les modestes Portugal et Arménie.

On peut attirer l’attention sur la victoire poussive à domicile face aux Portugaises (42e FIFA, 1-0) ou sur le revers à Prague contre l’Autriche (33e FIFA, 3-2). La France et la République Tchèque ont un point commun intéressant pour la comparaison ; le Danemark. On se souvient de l’élimination tricolore contre les Danoises en quart de l’Euro (1-1, 4-2 tab). En deux rencontres, les Tchèques ont perdu deux fois face à ce même adversaire, 2-0 à domicile et 1-0 à l’extérieur. En subissant le jeu sur les deux parties.

Plus récemment, le 23 août, la sélection tchèque a terminé 3e d’un tournoi amical avec la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie. Après un lourd 4-1 encaissé face aux Polonaises (30e FIFA), elle a battu la Hongrie 3-1 (36e FIFA). L’équipe était cependant amputée de plusieurs membres dont les indispensables Lucie et Irena Martínková.



Même amicale, une coupe donne toujours la banane
 

Et par rapport aux autres nations ?

Au classement FIFA, la République Tchèque arrive au 26e rang, coincée entre deux équipes intéressantes néanmoins. La Suisse de Lara Dickenmann et Ramona Bachmann (25e) et la Belgique de Janice Cayman (27e). Devant, il y a des nations comme le Mexique (24e), la Finlande (22e) ou la Russie (21e), toutes battues facilement par la France depuis 2011.
 

Des individualités ?

Deux des principales joueuses tchèques viennent d’une seule et même famille. Les jumelles Martínková ont ainsi été désignées meilleure joueuse du pays en 2012 pour Lucie (52 sélections), et 3e de ce même classement pour Irena (47 sélections). La place de numéro 2 était alos revenue à l’attaquante Petra Divišová du Slavia Prague (27 capes, 9 buts). Adéla Pivoňková, jeune milieu de terrain de bientôt 22 ans (21 sélections) était capitaine lors des dernières rencontres de sa sélection, mais est surtout connue dans le monde du football pour cette photo improbable prise face à Arsenal en 2009. L’attaquante de Duisbourg Lucie Voňková, titulaire lors des premières journées de Bundesliga, peut également représenter un danger.

Pour le reste, il est difficile d’émettre un avis. Sur la liste de 18 convoquées par Petr Čermák pour affronter la France ce vendredi, 11 joueuses comptent 15 sélections, ou moins.



Les jumelles Martínková, Joueuse n°1 et n°3 du pays, Lucie à gauche et Irena à droite

 
Crédit photos : zfotbal.cz / Sparta.cz / DR