Le coup de sifflet de Sandrine Dusang

La phase de groupes pour les qualif’ au Mondial s’est achevée le 4 septembre. Pas de problème ou de réflexion particulière à avoir pour les sept premiers de chaque ¨poule¨, qualifiés pour la Coupe du Monde. En revanche, c’est un peu moins clair pour les quatre meilleurs deuxièmes… En particulier pour l’accession du Danemark aux barrages. D’où mon « coup de sifflet » d’aujourd’hui sur les qualif’ de la zone Europe.

Les sept premiers de leur groupe ont obtenu leur ticket pour la Coupe du monde qui se jouera en France du 7 juin au 7 juillet prochain. Angleterre, Écosse, Norvège, Suède, Allemagne, Italie et Espagne seront donc bien là. Pour la huitième et dernière place européenne, quatre équipes s’affronteront dans les barrages en octobre et le vainqueur de ces derniers ira au Mondial. Ces quatre équipes barragistes sont les quatre meilleures deuxièmes des sept groupes de qualifications : Pays-Bas, Suisse, Belgique et… Danemark. C’est à l’annonce de la dernière citée que j’ai commencé à me poser certaines questions et à penser que certaines choses n’étaient pas des plus logiques au niveau du règlement. J’ai alors décidé de rédiger ce billet en pensant que vous lecteurs vous étiez peut-être posé ces mêmes questions.

Les meilleurs oui mais lesquels ?

Mardi 4 septembre, un peu avant 19h00 les derniers matches décisifs ou ceux qui pouvaient encore avoir une influence sur les qualifications au Mondial se terminent. Je jette un oeil à l’ensemble des classements pour voir quels sont les meilleurs deuxièmes. Avec 19 points chacun, 6 victoires, 1 nul et 1 défaite, la Suisse, les Pays-Bas et la Belgique se dégagent. Derrière eux, avec 17 points au compteur, le Pays de Galles et l’Islande semblent en bonne posture pour accéder aux barrages. Pendant quelques minutes, je me dis que les deux équipes vont être départagées à la différence de buts et à ce jeu là, les Islandaises sont loin devant (+16 contre +4 pour les Galloises). Mais non, on annonce le Danemark comme étant le quatrième meilleur deuxième ! Je me souviens alors vaguement avoir lu certaines spécificités dans le règlement de ces qualifications à la Coupe du Monde. J’ai besoin d’en savoir davantage (curiosité maladive sans doute) alors je me retrouve les yeux et la tête dans le pdf de ces règles. Comme je suis sympa, je vous mets le lien du règlement en anglais.

Le Danemark. Pourquoi le Danemark ?

Je veux essayer de comprendre un peu mieux le pourquoi du comment. Page 14, l’article 15.02 du règlement précise que ¨pour déterminer les quatre meilleurs deuxièmes, les résultats contre les équipes cinquièmes du groupe ne sont pas pris en compte¨. J’ai franchement du mal à adhérer à cette partie du règlement qui dévalorise complètement les équipes classées cinquièmes. Pourtant, vous comprendrez dans quelques lignes qu’elles peuvent jouer un rôle important, voire décisif. Après application de cette règle, Pays-Bas, Suisse et Belgique perdent les 6 points de leur double victoire face à la Slovaquie, le Belarus et la Moldavie, et retombent à 13 points chacun au lieu de 19. Même sort pour le Pays de Galles et l’Islande qui s’étaient respectivement imposés par deux fois face au Kazakhstan et aux Îles Féroé, et qui dégringolent à 11 points. Finalement, le grand gagnant de l’application de cette règle est le Danemark. Pendant sa campagne, le finaliste de l’Euro 2017 s’était fait accroché 1-1 par la Croatie. Un match nul face au cinquième du groupe – vous savez les cinquièmes, ceux qui ne comptent pas vraiment – qui permet finalement au Danemark de ne perdre que 4 points au lieu de 6 et de prendre la dernier ticket de barragistes.

Une règle injuste ?

Elle pourrait l’être. Et pour moi, elle l’est cette année. En effet, lorsque je regarde de plus près le parcours du Danemark, du Pays de Galles et de l’Islande lors de ces qualifications, c’est finalement celui du barragiste qui est le moins bon. En plus d’être la seule équipe à avoir perdu des points face au dernier de son groupe durant la campagne, la formation danoise est aussi la seule à s’être inclinée lors des deux rencontres face au premier de son groupe (la Suède). Eh oui, pour ce que ça vaut le Pays de Galles avait réussi à décrocher un match nul en Angleterre (0-0, le 6 avril dernier) et l’Islande avait battu l’Allemagne chez elle (3-2, le 20 octobre 2017). Des performances qui ne sont pas valorisées, pire, des performances qui sont moins récompensées qu’une contre-performance danoise face à la Croatie, vous savez un des cinquièmes de groupe, un de ceux qu’on ne prend pas en considération lorsqu’il faut faire les comptes en fin de campagne.

Je ne comprends pas pourquoi l’UEFA ne peut pas s’en tenir aux résultats et aux classements « bruts » de cette phase de qualification pour désigner les meilleurs seconds de chaque groupe. C’est d’ailleurs comme cela que les classements sont affichés sur le site de l’UEFA. Pourquoi ne pas faire apparaître les points retirés ? Et puis franchement, quitte à modifier le nombre de points après la dernière journée, ne vaudrait-il pas mieux regarder les résultats des confrontations avec les premiers plutôt que d’enlever les points gagnés contre les derniers ? Pour moi, ce serait plus gratifiant pour les deuxièmes et surtout bien moins dévalorisant pour les malheureux cinquièmes. À bon entendeur, salut !

Les barrages :
Pays-Bas/Danemark : les 5 et 9 octobre
Belgique/Suisse : les 5 et 9 octobre
Finale aller/retour : les 5 et 13 novembre

Crédits photos : UEFA.com, FIFA.com, Presse Sports

8 commentaires

  • je ne fais que répondre au message précédent comme présentement, d’ailleurs, cela accumule les HS,
    ce n’est nullement grave, une discussion bifurque souvent de son point de départ, voili, voilà!
    et pour répondre à bougezvous, j’exagère bien sûr, je force le trait pour bien faire comprendre que Marta, c’est quand même aut’chose que Le Sommer aux yeux des votants et des miens.

  • Assez d’accord avec S. Dusang.

    Et de 2 choses l’une :
    – soit l’UEFA tient à conserver 35 équipes en 7 poules de 5 et il n’y a aucune raison vraiment valable de ne pas tenir compte de TOUS les résultats. pour déterminer les meilleurs seconds
    – soit elle considère que certaines équipes sont trop faibles et qu’elles comptent finalement pour du beurre, alors qu’elle fasse 8 poules de 4 pour 32 équipes seulement et on aura nos 8 qualifiés facilement.

    Et si c’est encore trop qu’elle baisse à 6 poules de 4 + les 2 meilleurs seconds au points…

  • entièrement d’accord pour ce coup de sifflet, Islande et Pays-de-Galles n’ont qu’une défaite lors de ces éliminatoires contre deux pour le Danemark, de plus, face à des adversaires mieux classés au classement FIFA que l’adversaire danois;
    sur le forum quelqu’un a répondu que les 5ème ne sont pas tous de même valeur, donc les aléas du tirage font que certaines équipes sont mieux loties, pas d’accord avec cet argument, il y a déjà un écrémage avec un tour préliminaire, ensuite pour la constitution des poules, il y a différents chapeaux, ainsi chaque équipe se retrouve à la même enseigne, donc on devrait tenir compte de tous les résultats des matches de poule, celles qui ont le plus de points se qualifient, logique, pour départager les seconds, je suis de l’avis de Sandrine, dans le cas présent, l’Islande.

  • Excellente et surprenante analyse. Bravo Sandrine pour cette mise au point. Mais doit-on s’ étonner des bizarreries venant des instances internationales du foot. Que ce soit FIFA ou UEFA.
    Cette dernière surtout depuis que Michel Platini n’en est plus le Président. Lorsqu’on voit Harder élue meilleure joueuse de l’ année UEFA (tiens ? une Danoise ) alors qu’ Amandine Henry outre le titre remporté aux USA , est championne de France avec Lyon et vainqueur de la Ligue des champions en ayant marqué lors de la finale . Que l’ on retrouve dans les 10 meilleures FIFA chaque année l’ inamovible Marta, mais pas de Le Sommer ou de Marojzan . Et je ne m’ étendrai pas sur les nominations chez les hommes où on peut mettre des gros points d’ interrogation . Sandrine je crois que vous devriez envoyer votre analyse aux fédérations Galloises et Islandaises.

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