Paroles d’anciennes Bleues

Samedi soir, à l’Orange Vélodrome, l’équipe de France de Corinne Diacre n’a pas réussi à faire mieux qu’un match nul face à une équipe d’Italie accrocheuse (1-1). Présentes au stade pour soutenir les Bleues, certaines anciennes internationales nous ont livré leur sentiment sur la rencontre, mais pas que.

 

 

 

Ce samedi 20 janvier, les Bleues de Corinne Diacre affrontaient l’Italie en match amical. En amont de cette rencontre, la Ligue Méditerranée de Football et la Fédération Française de Football avaient organisé une journée spéciale, afin de promouvoir le football pratiqué par les femmes et de sensibiliser sur le pouvoir de la mixité. D’anciens internationaux, masculins et féminins, se sont d’abord retrouvés dans la matinée, au centre Z5 Zinédine Zidane d’Aix-en-Provence, pour disputer un tournoi de Foot 5 dans la joie et la bonne humeur. 

L’après-midi a elle été consacrée à un colloque sur le thème de la mixité : « Mixité, quand les hommes s’engagent…aussi dans le sport féminin ! » avec de nombreux intervenants et témoignages (politiques, sportives, diffuseurs…). Tout le monde a ensuite pris place dans les tribunes de l’Orange Vélodrome pour suivre la rencontre de l’équipe de France féminine face à celle de l’Italie. Nous avons profité de l’occasion, pour prendre des nouvelles de certaines ex-Bleues, et connaître leur sentiment sur la rencontre du jour et sur l’actuelle équipe de France…

 

 

« Cela a été un honneur de donner le coup d’envoi »

 

 

Louisa Nécib-Cadamuro (145 sélections)
L’image était belle… À 20h55, c’est avec le ventre arrondi que Louisa Nécib, faisait son entrée sur le terrain pour donner le coup d’envoi de la rencontre. Ovation des 15.690 spectateurs présents à l’Orange Vélodrome, pour la native de Marseille et ancienne meneuse des Bleues, très touchée et émue par ce geste : « Cela a été un honneur de donner le coup d’envoi, ici dans ma ville. Durant ma carrière, je rêvais de pouvoir jouer au stade Vélodrome, alors cet instant a compensé le manque ». Heureuse et épanouie dans sans nouvelle vie, Louisa « continue de vivre s[m]a passion du football à travers son mari », Liassine Cadamuro, désormais joueur du Nîmes Olympique. Et lorsque on demande quelques mots à Louisa sur le match France-Italie, la Marseillaise se remet dans la peau d’une joueuse et analyse brièvement : « Aucun match international n’est amical, et les Italiennes l’ont montré ce soir, de part leur agressivité et leur solidité défensive. L’équipe de France a été contrariée, même si elle a essayé de s’appuyer sur ses bases ».

 

Camille Abily (183 sélections)
Celle qui a décidé de prendre sa retraite internationale, continue néanmoins de jouer et de prendre du plaisir avec l’Olympique Lyonnais. À l’heure où l’équipe de France semble ne pas avoir trouvé sa remplaçante au poste de numéro 10, la Lyonnaise confie : « Le maillot bleu ne me manque pas. Et puis j’ai aussi quelques week-ends de repos, et ça, ça fait des années que ça ne m’était pas arrivé ! (Rires) ».

 

 

« Un collectif plus solide et une âme qui les rendra plus fortes »

 

 

Hoda Lattaf (111 sélections)
Mariée et maman d’un petit garçon de deux ans et demi, Hoda vit à Montpellier et travaille au service marketing du MHSC, club dans lequel elle a joué pendant dix saisons (de 2001 à 2006, puis de 2009 à 2014). Un job qui permet de garder le contact avec le milieu du football, pour celle qui garde toujours un oeil sur les matches de D1 et de l’équipe de France, qu’elle espère voir progresser dans les prochains mois : « Cette équipe de France est relativement jeune et manque d’un peu d’expérience parfois, mais il y a beaucoup de qualité et de talent. En travaillant ensemble, elles vont former un collectif plus solide, et trouver une âme qui les rendra plus fortes ».

 

Sandrine Bretigny (22 sélections)
« Bret » qui avait raccroché les crampons en fin de saison dernière (contre son gré), les a finalement rechaussés il y a quelques semaines et a repris du service avec l’Olympique de Marseille. Un retour en fanfare pour celle qui détient toujours le record de buts inscrits sur une saison de D1 (42 buts). Alors l’ex ancienne joueuse pourrait-elle aussi devenir l’ex ancienne internationale ? Voici la réponse de l’intéressée : « Ce serait vraiment fou, mais à partir du moment où je joue en club, je suis sélectionnable alors si Corinne Diacre m’appelle un jour, c’est avec plaisir et fierté que je reporterai le maillot frappé du coq ».

 

 

« Une nouvelle génération, qui prend ses marques pour le très haut-niveau »

 

 

Sonia Bompastor (156 sélections)
L’ancienne latérale lyonnaise est apparue souriante et enjouée ce samedi. Sonia qui vient de reprendre ses missions de Directrice du centre de formation féminin de l’OL, après un congé maternité de dix mois, nous a confié être très heureuse de cette nouvelle vie : « Je suis contente d’avoir pu profiter de ce congé maternité pour les voir grandir, mais contente aussi d’avoir repris le chemin du travail sur ce projet passionnant avec les jeunes. On peut dire que j’ai trouvé un vrai équilibre et que je suis épanouie ! ».

Et quand il s’agit de donner son avis sur la rencontre des Bleues face à l’Italie, la Blésoise nous rappelle à travers son analyse, combien elle est objective et pointilleuse : « La France a fait soixante minutes de qualité. Sur la première période, les intentions étaient bonnes avec plusieurs actions bien construites et des opportunités intéressantes qui n’ont malheureusement pas été concrétisées. ».

Si Sonia Bompastor regrette que les Bleues aient un peu « plongé physiquement en seconde période » et qu’elles n’aient pas réussi à gagner ce match, normalement à leur portée, elle relativise aussi en abordant l’équipe de France actuelle : « C’est une génération de jeunes pleine de talent, qui a gagné des titres en équipe de France jeunes et qui j’espère amènera un titre en A également ».

 

 

 

Propos recueillis par Sandrine Dusang

 

 

Crédits photos : FFF/Ligue Méditerranée de Football ; Elo Decker