MHSC-PSG : La Coupe d’Europe est finie… Vive la Coupe d’Europe !

A peine éliminé de la Ligue des champions face à Chelsea mercredi, Montpellier va disputer un choc de D1 sous forme de dernière chance, en vue de la deuxième place qualificative pour la Coupe d’Europe l’année prochaine, face au PSG ce dimanche (14h00).

Quoiqu’il arrive, le match de dimanche face au PSG pour le compte de la 18e journée de D1 aura au moins permis à tout le groupe Montpelliérain de faire une chose : oublier l’élimination en quart de finale de la Ligue des champions face à Chelsea (0-2 ; 1-3). Marquées à la fin de la rencontre mercredi soir, les joueuses sudistes ont tout de suite pointé du doigt le choc qui les attendait quelques jours plus tard. Et puis, comme l’expliquait Jean-Louis Saez le lendemain, à tête reposée : « On a perdu les deux matches. Si on en avait gagné un encore, on aurait eu des regrets mais là, à part le fait que l’aventure se termine… ».

Paradoxalement, ce qui fait l’importance du match de dimanche face au PSG, c’est surtout cette deuxième place… qui leur permettrait de retrouver la Ligue des champions la saison prochaine. Troisièmes, à trois points de Paris (qui compte un match en moins), les coéquipières de Marion Torrent doivent absolument l’emporter pour espérer s’insérer entre Paris et Lyon. Et celles-ci ne devraient pas se servir de l’excuse d’avoir déjà joué un match de grosse intensité cette semaine, puisque Saez évalue les 4 jours qui séparent les deux rencontres comme une période toute à fait normale de récupération.

 « Corriger l’entame des matches et l’efficacité »

Surtout qu’alors que le MHSC s’avance avec un effectif enfin au complet, Paris compte ses absentes. Celles de Formiga, Erika et Endler, parties en toute hâte rejoindre leurs sélections respectives (le Brésil et le Chili)- pour participer à la Copa América, qui débute 4 avril -après la qualification face à Rodez en Coupe de France (5-1) dimanche dernier, se sont rajoutées aux absences de Geyoro et Boulleau, toutes deux déjà sur le flanc. De quoi faire grincer des dents Patrice Lair : « Ca fait la moitié d’une équipe ! Ce sera peut-être le temps pour moi de tester des jeunes dans des grands matches, relativisait tout de même l’ancien coach de l’OL. Il arrivera ce qu’il arrivera, mais une chose est sûre c’est qu’on n’ira pas là-bas pour blinder ». De quoi promettre du spectacle, Jean-Louis Saez s’affichant sur la même longueur d’onde : « Nous on aime bien récupérer le ballon assez vite, et puis notre jeu c’est de poser des problèmes à l’adversaire. Même si on reste sur une élimination en quart de finale, on veut montrer qu’on était proche de ce niveau, en corrigeant ce qui nous a manqué, c’est-à-dire la gestion de l’entame de match et l’efficacité ».

Montpellier, où sont les buts ? 

Après une partie de saison canon (25 buts en 5 matches), Jakobsson et compagnie ont en effet baissé le pied depuis quelques mois, s’offrant le plus souvent des succès ric-rac, comme face à Marseille (3-2), Rodez (2-1) ou encore le Paris FC (2-1) il y a deux semaines. Quand cette inefficacité ne les plombe pas totalement, à l’image de ce nul concédé à Fleury (1-1) fin février, malgré quelques occasions franches en fin de partie. « Cette contre-performance va peser car elle nous privera peut-être de la deuxième place », rappelle Saez. « C’est dû à plusieurs paramètres, notamment les blessures ! On a rencontré pas mal de soucis par rapport à ça depuis 3-4 mois. C’est toujours mieux lorsqu’un collectif est bien huilée, ça favorise les automatismes ». Une inquiétude qui ne concorde pourtant pas avec les chiffres puisque Montpellier reste la deuxième meilleure attaque du championnat (54 buts inscrits, soit 7 de plus que Paris). 

Et le coach de Montpellier d’appuyer : « L’année dernière on mettait 5 buts par matches, mais on marquait dans le premier quart d’heure, donc ça engendrait de la confiance qui faisait qu’on continuait à attaquer. Alors que si le score est serré et qu’on s’expose aux contres derrière, on a tendance à être plus sur la défensive ». On en revient toujours aux entames de matches donc, qui ont coûté cher à Montpellier mercredi face à Chelsea par exemple, Kirby trouvant la faille dès la… 4e minute !

« Ce match face à Paris, c’est notre dernière chance »

« Pourtant on est concentré, on essaie de bien commencer les matches, mais ça ne va pas dans notre sens en ce moment. Du coup on travaille dessus d’autant plus », affirme Sandie Toletti, qui a fait partie pendant 2 mois de ce contingent assez important de blessés côté Montpelliérain. Touchée au tibia, elle est revenue à la compétition il y a 3 semaines. A l’aller aussi, Montpellier avait craqué dès la 19e minute avant de sombrer (1-3, score final) au Camp des Loges. « Ca s’était joué sur les coups de pieds arrêtés, insiste Saez. Depuis il s’est passé du temps, les deux équipes ont évolué, et moi je vais surtout m’attarder sur la façon dont on va jouer ». Sandie Toletti abonde dans son sens : « Même avec leurs blessées, ça reste un bon groupe, elle vont jouer toutes ensembles et on sait qu’on va devoir tout donner pour accrocher la deuxième place. Ce match face à Paris, c’est notre dernière chance», illustre la milieu de terrain. Car même en cas de succès, la deuxième place sera toujours difficile à aller chercher pour Montpellier, qui devra espérer une victoire de Lyon lors de la 21e journée en mai, ainsi qu’un autre faux-pas du PSG- peut-être face à Marseille, le 22 avril à domicile ? –pour revoir la Coupe d’Europe l’an prochain.

Mais ce serait bien étonnant que d’assister à pareille remontada, alors que Patrice Lair a érigé la place de dauphin comme l’objectif primordial de cette fin de saison. Le début de match risque d’être explosif, de par l’intensité qu’essayera d’imprimer Montpellier d’entrée, tout en essayant de ne pas laisser d’espace en défense à la deuxième meilleure buteuse du championnat, très attendue dans ce choc, Marie-Antoinette Katoto (17 buts, photo ci-dessus). La deuxième certitude autour de cette rencontre donc, c’est qu’il faudra être à l’heure ce dimanche à Grammont.

Tous propos recueillis par Vincent Roussel

Crédits Photos : Vincent Roussel pour Foot d’Elles / TeamPics – PSG