Marta et Seger sur les bords de la Seine : plausible ou pas ?

Quittant leur club de Tyresö de façon certaine, la Brésilienne Marta Vieira da Silva — cinq fois joueuse FIFA de l’année (2006-2010) — et la capitaine de la sélection nationale suédoise Caroline Seger intéresseraient, selon un journal local, le PSG qui aurait fait des offres. Simple rumeur ou vraie info ? Quelles sont les chances objectives de les voir l’une, l’autre, ou ensemble débarquer au PSG ? Foot d’Elles se penche sur la question…

 

 

 

 

Comme prévu, le club de Tyresö ne s’en sort pas, conséquence de ses ambitions démesurées et surtout mal contrôlées. Et, sans surprise, il doit vendre ses meilleurs éléments pour espérer survivre en Damallsvenskan, appuyé sur un plan de reconstruction bien mal embarqué. Outre ses Américaines, quatre joueuses vont ainsi quitter le club avant le mois de juin*. L’internationale espagnole Veronica Boquete a d’ores et déjà annoncé son départ pour le championnat des États-Unis (NWSL, Portland Thorns). La Brésilienne Fabiana, elle, s’est vue refuser un permis de travail. La semaine dernière, Tyresö a communiqué sur l’envol de deux autres stars, et non des moindres : Marta et Caroline Seger…

 

Que les gros salaires lèvent le doigt !

 

Marta, Boquete, Seger… Les trois plus hauts salaires émargeant respectivement à environ 20 000, 10 000 et 8 000 euros mensuels. Si l’on connait la destination de l’Ibérique, il n’en va pas de même des deux autres. Seger, très remontée, a confié avec fermeté vouloir partir dans un club professionnel bien géré, où elle se concentrera uniquement sur le football. Peut-être une allusion à l’obligation qui fut sienne de défendre son directeur sportif Hans Lögfren — premier responsable de la situation catastrophique de Tyresö aujourd’hui — lorsque celui-ci avait été arrêté, puis condamné pour achats de services sexuels. Nul doute que pour la très féministe Caroline Seger, la pilule avait dû difficilement passer…

 

Le PSG en première ligne ?

 

Selon le journal suédois « Expressen », le PSG se serait porté candidat à l’acquisition des deux joueuses, avec une promesse de rémunération revue à la hausse pour Seger. D’autres sources annoncent que Marta, via son agent, aurait été approchée par le club norvégien d’Avaldsnes, mais le président de celui-ci a précisé qu’il ne saurait en aucun cas lui payer des émoluments équivalents à ceux perçus en Suède. Qu’en penser ? Vraie information ou simple rumeur destinée à vendre du papier ? Peut-on y accorder crédit ?

 

Essayons de réfléchir aux hypothèses qui pourraient — n’oublions jamais le conditionnel — les y envoyer…

 

 

 

Des atouts et le silence

 

Les salaires de Marta, et plus encore de Seger, ne poseraient sans doute guère de problèmes au PSG d’aujourd’hui… Les présences d’Ibrahimovic chez les garçons, et de ses cinq Brésiliens, dont Thiago Silva, ami personnel de Marta, pourraient pousser à la roue, et faciliter les choses…

 

Le club parisien n’ayant pas pour habitude de communiquer la moindre bribe d’info lors de ses tractations de transferts jusqu’au jour des signatures, on ne tirera rien de lui. Prudence sur les indications données par Expressen, donc, même si elles semblent frappées du sceau de la crédibilité. Le président de Rosengård (ex-Malmö) a regretté pour sa part : « J’aimerais bien, mais j’peux point ». Lui aussi en difficulté financière, il vient de s’acquitter d’une grosse dette fiscale. Plus aucun club suédois n’est en mesure de s’aligner sur les prétentions salariales des deux joueuses…

 

Des possibilités restreintes

 

Une chose demeure certaine, et sans doute une seule : Marta et Seger vont s’envoler de Tyresö pour migrer ailleurs. Si Manchester City et Chelsea seraient susceptibles de se les offrir, ni l’un ni l’autre ne joueront la prochaine LdC, et personne en Allemagne (y compris Francfort et Wolsburg) n’est en mesure de rémunérer Marta, resterait en bonne logique la NWSL et le PSG, puisqu’aucun autre club de D1 n’a les moyens de s’offrir la Brésilienne ou même Seger.

 

Les États-Unis ? Marta semble en avoir écarté la possibilité en déclarant qu’elle souhaitait « rester dans les parages », donc en Europe. Si Seger pourrait peut-être s’y glisser, pas sûr que l’US Soccer, qui a prôné la modestie à la création de la NWSL voici un peu plus d’un an, eût considéré d’un bon œil le retour de la Brésilienne, symbole à elle seule de la spirale inflationniste ayant mené aux échecs, pour raisons financières, des deux premières tentatives de championnat professionnel de « Soccer » féminin après moins de cinq ans d’existence chacune.

 

 

 

 

Pari(s) sur un fil ?

 

Alors, Paris s’impose-t-elle comme solution « logique » et inévitable ? On aimerait dire oui. Qui ne souhaiterait voir de telles joueuses fouler les pelouses de D1 ? Mais la logique peut-elle suffire ? D’abord, pour que Marta et/ou Seger viennent sur les bords de la Seine, Farid Benstiti devra probablement se séparer de certaines joueuses. Incertitudes et variables dominent, mais l’on sait les dirigeants qataris du PSG avides d’une image hyper « starifiée » de leurs diverses équipes. Il est donc difficilement envisageable qu’ils ne se montrent intéressés au possible recrutement de tels éléments. Resterait cependant un éventuel obstacle — majeur — aux ambitions parisiennes : la volonté des joueuses concernées…

 

Pures hypothèses pour l’instant que tout cela, répétons-le. Plausibles, car logiques, elles n’ont d’autre but que d’ouvrir et nourrir des réflexions, que l’on n’écartera pas d’un simple revers de main…

 

Mais avant de tirer des plans sur la comète, et que ses supporters parient sur Marta à Charléty, le PSG doit se qualifier pour la Ligue des Championnes. Passage obligé. Et les jeux ne sont pas faits. Certes, la formation de Sabrina Delannoy court à la corde, mais celle-ci ne tient qu’à un fil…

 

Et si, dans tous les cas, le trajet de Marta et Seger vers Paris ne passait que par… Juvisy ?

 

 

* Pour rappel, Tyresö est en lice pour les demi-finales de la Ligue des Championnes, qu’il jouera face à Birmingham (aller 20 avril, retour 27). Marta et Seger ne partiront pas avant une éventuelle finale pour le club suédois (22 mai).

 

 

 

Crédits photos : Joel Marklund, Carl Sandin / Expressen, Marcus Ericsson / Bildbyrån