Marseille, à nouveau sur les rails ?

L’équipe féminine de l’OM qui avait brillamment réussi sa première saison en D1 en terminant quatrième, semble en revanche, être plus en difficulté pour cet exercice 2017/2018. Toujours lanterne rouge, malgré des progrès notables depuis quelques semaines, l’Olympique de Marseille parviendra-t-il à s’en sortir et à remonter dans le classement ? Zoom.

Il est des saisons plus compliquées que d’autres, et cette année ce n’est pas l’Olympique de Marseille qui nous dira le contraire. Actuellement, douzième et dernier du championnat, le club phocéen peine à trouver les points pour se rassurer, même si la situation semble légèrement s’améliorer depuis quelques semaines.

Trop de changement à l’intersaison ?
Entre la saison dernière et la présente, l’Olympique de Marseille a enregistré pas moins de dix départs pour six arrivées. Étonnant de voir autant de changements d’une saison à l’autre, alors que l’équipe olympienne avait relativement bien marché, et avait coiffé Juvisy au poteau pour la quatrième place du classement. Une performance remarquable et remarquée, aussi parce que c’était la première saison de la formation phocéenne dans cette division. Alors pourquoi avoir enregistré autant de mouvements à l’intersaison du côté de l’OM ? Pour Christophe Parra, entraineur de l’équipe, il faut bien comprendre que le haut niveau « est fait d’attitudes et d’exigence ». Lui qui « au-delà de ses défauts, essaie tous les jours de se placer dans une dynamique d’apprentissage pour continuer d’évoluer et de s’améliorer », aime que les personnes qui l’entoure soient dans ce même état d’esprit. « Je veux des joueuses vraies, honnêtes dans l’attitude et dans l’exigence, et de par cette prise de position, des joueuses qui seront professionnelles et qui auront la même approche et les mêmes fondamentaux du sport de haut niveau que l’ensemble du staff ».

 « Il a fallu du temps avant de trouver une harmonie de vestiaire et de terrain » 

En plus de cela, parmi les six recrues olympiennes, quatre sont des joueuses étrangères. Évidemment, on peut y voir certains bons côtés, mais également bon nombre d’inconvénients, en particulier avec la découverte d’un nouveau championnat, d’un style de jeu différent, et un temps d’adaptation nécessaire à Geneviève Richard, Marie Alidou d’Anjou, Cristina Ferral, et Fanndis Fridriksdottir. Le technicien marseillais reconnaît que cet élément a aussi pu jouer un rôle au niveau du groupe et du collectif : « J’ai pensé à cette difficulté d’adaptation qui se répercute dans plusieurs domaines, alors il faut savoir accueillir pour faire en sorte que les gens se sentent bien et trouvent leur place. Ce sont des joueuses très bosseuses et qui ont réellement envie, mais effectivement il a fallu du temps avant de trouver une harmonie de vestiaire et de terrain ».

Une première victoire « déclencheuse »
Jusqu’à la 12e journée de championnat, l’Olympique de Marseille n’avait pas enregistré la moindre victoire. Pire que cela, le club phocéen n’affichait que deux points à son compteur, « grâce » à deux matches nuls obtenus face à Guingamp et Soyaux (0-0, J1 et J5). Harmonie trouvée au sein du vestiaire et sur le terrain, c’est comme un signe, face au Paris FC -anciennement Juvisy- que les Marseillaises ont décroché leur première victoire de la saison, en décembre dernier. À la différence que cette année, celle-ci arrive à la 12e journée alors que c’était lors de la 8e journée la saison dernière. « Soyons cartésiens et pragmatiques. Que ce soit à nouveau face au PFC est simplement dû au hasard. Si c’était vraiment un signe, alors je ferais le voeu de jouer le PFC lors de la première journée de championnat (Sourire) ». En tout cas, la formation phocéenne semble avoir trouvé un meilleur équilibre depuis cette rencontre, et a ensuite enregistré trois victoires, une défaite et un nul (perdu aux TAB) toutes compétitions confondues.

« Engager une démarche de victoire pour passer de dernier, à une zone plus rassurante »

Pour autant, l’Olympique de Marseille est-il en mesure de reproduire le schéma de l’an passé, et de faire une « remontada » au classement ? Certes le championnat est déjà bien avancé, mais l’écart de points entre la dernière place, occupée par l’OM, et la cinquième, par Bordeaux, n’est finalement que de neuf unités. Autant dire que les choses peuvent aller très vite et que rien n’est encore joué pour le maintien. Pour l’entraineur olympien, le championnat a bien évolué et il est plus homogène que la saison dernière. « Les équipes sont plus dans l’impact, mieux préparées physiquement et il y a moins de gros écart qualitatif » mais en regardant le classement, « c’est vrai qu’il suffit de faire une bonne série et d’engager une démarche de victoire pour passer de dernier à une zone plus rassurante ».

Le retour de Bretigoal
« Même si elle a rechaussé les crampons, dans ma tête, Sandrine fait toujours partie du staff et c’est très important pour moi. Sandrine Bretigny est une joueuse exceptionnelle, avec une carrière qui l’est tout autant. Je pensais qu’elle prenait de l’âge et j’ai été maladroit en lui demandant de passer de l’autre côté… J’ai cru que nous serions en capacité de permettre à la jeunesse de prendre le pas de ce qu’elle avait construit. Qu’elle rejoigne le staff me semblait presque évident pour que chacun continue d’apprendre. J’avais la certitude que j’avais quelqu’un qui parle ¨la même langue que moi¨ comme je le disais toute à l’heure, et je savais qu’elle n’hésiterait pas à me donner son avis ou à me dire si je déconnais. Il y a une richesse sportive et une richesse intellectuelle que peu de personnes ont en France, et cela peut paraître un peu égoïste mais j’ai envie que Sandrine me transmettre son expérience, son savoir, ou en tout cas, un maximum de tout ça… De mon côté, j’espère pouvoir lui apporter ma petite expérience, et échanger pour qu’elle puisse peut-être rendre au football ce qu’il lui a apporté toutes ces années.

« « Bret » va marquer, faire des passes décisives, et donner un allant au groupe, j’en suis sûr ! »

Après le contexte a fait que… Parce que ce que j’espérais n’est pas arrivé. J’ai certainement et sûrement pris la mauvaise décision. Je suis quelqu’un de têtu mais pas forcément toujours con, alors je trouve qu’il n’y a pas de mal à dire que je me suis trompé. Sandrine s’entrainait parfois avec les filles et on voyait qu’elle prenait toujours autant de plaisir. On lui a demandé de rechausser les crampons parce qu’elle est capable de transfuser son exigence, sa passion, ses émotions, et aussi pour ses qualités de buteuse. Quand tu es dernier, que tu mets peu de buts, et que tu as probablement une des solutions juste devant toi, ben tu reconnais tes torts, et tu lui redonnes la place qu’elle aurait elle voulu avoir depuis le début de saison. Sandrine a cette volonté de donner sur le terrain, mais elle est plus qu’une joueuse, c’est pour cela que je la considère aussi comme étant une membre du staff. Sur le terrain, « Bret » va marquer, faire des passes décisives, et donner un allant au groupe, j’en suis sûr. En tout cas, c’est ce qu’elle fait depuis qu’elle a rechaussé les crampons ».

Plus de Coupe, mais une belle course au maintien
Les Olympiennes se sont fait éliminer aux tirs au but par Montpellier, ce dimanche, en huitièmes de Coupe de France. Une rencontre où l’Olympique de Marseille a réussi à tenir tête à son homologue héraultais, mais qui l’a finalement vu s’incliner après une séance de tirs au but pleine de rebondissements. Bien sûr, il y a eu de la déception pour Caroline Pizzala et ses coéquipières, voire même un peu de frustration, mais pour le technicien, Christophe Parra, il y a aussi beaucoup de choses positives à retenir. Maintenant il faut que l’OM sache « se servir de tout ça, et transférer ce qu’il [que l’on] fait de bien contre les grosses équipes, toute cette bonne préparation, contre les adversaires qui sont à la lutte avec lui [nous] ». Les semaines à venir seront donc probablement la meilleure façon de voir ce que le groupe marseillais est capable d’aller chercher, et jusqu’à quel niveau il a progressé depuis le début de saison.

 

Propos recueillis par Sandrine Dusang

 

Crédits photos : Roland Grunchec / OM.net / Helios Image