Laura Georges : « Ce genre de victoire, c’est une question de mental »

Elle est un peu l’héroïne de la soirée OL-PSG de samedi. En marquant l’unique but de la rencontre, à Gerland, contre son ancien club, elle a frappé un grand coup. Laura Georges revient sur cette rencontre et sur la suite de la saison du PSG.

 

 

 

Comment vous sentez-vous 3 jours après cette victoire ?

 

Laura Georges : On est très contentes ! J’ai eu tellement d’échos de mes proches, de mes amis, et de ma famille aux Antilles ! Je suis contente, mais ils sont tous aussi très contents pour moi.

 

Avant ce match, si on vous avait dit que vous alliez gagner et marquer le but de la victoire, vous l’auriez cru ?

 

LG : Le but de la victoire, non ! Je songeais à marquer,mais ce n’était pas l’objectif premier. Avant tout, mon but était de bien défendre. On venait pour faire un bon résultat à Gerland : match nul ou victoire.

 

Aviez-vous préparé un plan de jeu particulier « anti-Lyon » à l’entraînement ?

 

LG : Non, pas nécessairement de plan anti-Lyon, mais le coach avait insisté sur le fait de bien gérer notre match et notre positionnement sur le terrain, ce qui a bien fonctionné.

 

Est-ce que vous n’avez pas réalisé le « coup parfait » finalement ?

 

LG : On a été dominé en première mi-temps, puis ce but arrive au moment parfait ; cela m’a fait penser à mon but en Equipe de France contre la Corée du Nord aux Jeux Olympiques de 2012. C’est contre le cours du jeu, mais les Lyonnaises manquaient trop d’occasions, c’était un signe. On l’a senti dans l’équipe, on en a parlé entre nous. Ce but nous a donné du courage pour la seconde mi-temps. Au final, on s’en tire bien, mais c’est parce qu’on n’a rien lâché ! On a tenu mentalement !

 

 

 

 

Sur le but, on a senti toute votre rage et votre détermination. C’est particulier de marquer contre son ancien club et à Gerland ?

 

LG : C’est particulier, oui, car l’OL est mon ancien club, mais je n’ai pas de rancoeur. Après la défaite contre Juvisy, je voulais qu’on montre un autre visage, et je voulais tout donner pour l’équipe.

 

Vous marquez souvent des buts de la tête en club et en Equipe de France, c’est un peu votre marque de fabrique. C’est quelque chose que vous travaillez à l’entraînement ?

 

LG : C’est à l’envie et à la rage. Je ne le travaille pas spécialement, mais je regarde quand même mes matchs pour voir comment j’attaque mes ballons. 

 

Comment se sont passées les retrouvailles avec vos anciennes coéquipières ? On a eu l’impression que vous aviez bien défendu sur les attaquantes lyonnaises.

 

LG : Ça aide de connaître les joueuses, c’est sûr. Mais on les a aussi bien étudiées à la vidéo, notamment la défaite de l’OL contre Potsdam. On avait regardé les appels des attaquantes. Le travail vidéo, combiné au fait que j’en connaisse certaines personnellement, effectivement ça aide à bien défendre.

 

Cette victoire permet de laisser 3 points entre vous et Montpellier, votre prochain adversaire en D1 (1er février). Le match de Montpellier n’est-il pas plus important paradoxalement en vue de la place européenne ?

 

LG : On ne parle pas encore trop de ce match, car il y a la Coupe de France cette semaine ; mais c’est vrai que cette victoire contre Lyon nous motive encore plus pour la suite de la saison.

 

Est-ce qu’après un tel match on se remet à penser au titre ou on reste surtout concentré sur la place européenne ?

 

LG : On pense au titre, c’est sûr, mais avant tout on veut rester concentré sur notre objectif : gagner tous nos matchs. Il faut qu’on fasse tout ce qu’on peut de notre côté, et advienne que pourra. Je pense cependant que ce sera difficile d’aller chercher Lyon cette année.

 

Cette victoire va-t-elle changer quelque chose à votre 2e partie de saison ?

 

LG : Ce que ça a changé c’est du côté mental, c’est bon pour la confiance de l’équipe. Le discours a évolué, maintenant on sait que c’est fait, on a gagné. Ce genre de victoire, c’est vraiment une question de mental, quand on parle avec les joueuses étrangères on s’en rend compte. Elles ont beaucoup à nous apporter à ce niveau-là.

 

Mais attention, on a gagné, mais ce n’est pas une fin en soi. Cette victoire ne nous servira que si on garde cet état d’esprit.

 

 

 

Votre actualité de la semaine, c’est ce match de Coupe de France contre Val d’Orge (dimanche à 14 h 30). Quelles sont les ambitions du PSG dans cette compétition. L‘an dernier, on avait senti de la frustration de ne pas être en finale…

 

LG : Déjà c’est une bonne chose que ça arrive cette semaine, ça permettra de faire tourner l’équipe car tout le monde doit se sentir impliqué. Ensuite, quelque soit le match, il faut être dedans et donner son maximum, on ira donc à Val d’Orge dans cette optique.

Après, c’est sûr que la Coupe de France est un objectif. J’ai un peu suivi le parcours du PSG l’an dernier et l’élimination par Saint-Etienne aux portes de la finale, c’était frustrant.

Aujourd’hui je suis dans l’équipe, j’ai vraiment envie d’aller jusqu’au bout. Il faudrait qu’on ait au moins ce titre ! Bien sûr il va falloir être très sérieux, c’est une compétition où il faudra être présent au bon moment.

 

Pour finir, vous qui êtes originaire de la région parisienne, qu’est-ce que ça vous fait de rentrer au bercail ?

 

LG : Ça fait plaisir ! Revenir dans mon club formateur après une expérience aux USA et à Lyon, au moment où le PSG développe un nouveau projet au-delà du foot féminin, c’est l’idéal.

 

 

 

Crédits photos : psg.fr