Jennifer Maier : « Soyaux, c’est devenu une deuxième famille »

Joueuse d’expérience arrivée à l’ASJ Soyaux il y a 14 ans de cela, Jennifer Maier fait sans aucun doute partie des cadres de la formation sojaldicienne. La milieu de terrain de 28 ans native d’Angoulême revient pour Foot d’Elles sur la formidable saison de son club de cœur avant d’évoquer quelques grands noms qui ont fait la renommée du club charentais. Focus.

 

 

Soyaux est actuellement cinquième du classement avec 42 points derrière les quatre cadors du championnat. Vous attendiez-vous à réaliser un aussi bon parcours en début de saison ?

Non pas du tout ! Lorsque nous faisons le bilan de notre saison, nous sommes les premières étonnées. Au mois d’août, jamais nous ne nous serions imaginées à la cinquième place du championnat mi-avril. L’objectif en début de saison était, avant tout, de viser le maintien. Mais il est vrai qu’au stade où nous en sommes, nous aimerions bien finir à la cinquième place désormais. C’est l’un de nos objectifs.

Comment expliques-tu que Soyaux s’en sorte si bien cette saison ? Qu’est-ce qui fait la force du club ?

Depuis 3 an,s nous faisons le yo-yo en montant en D1, en redescendant en D2 puis en remontant à nouveau. Nous avons malgré tout conservé le noyau dur de l’équipe avec certaines joueuses cadres. Le travail de Corinne Diacre également a beaucoup joué au cours des 3 années précédentes (Corinne Diacre a entraîné l’ASJ Soyaux entre 2010 et 2013 NDLR). Le club a aussi procédé à un recrutement très intelligent. Les nouvelles arrivantes se sont immédiatement adaptées au groupe. L’arrivée de notre gardienne Amandine Guérin l’année dernière nous a fait beaucoup de bien. Quand Amandine est dans les cages, tout le monde est rassuré. Cette année, il y a eu les arrivées de Laura Bourgouin, Alice Benoît, Viviane Boudaud, Annabelle Faure, Lydia Belkacemi et Gwendoline Djebbar… Ce sont des filles qui techniquement et tactiquement étaient déjà prêtes et ce, malgré leur jeune âge. Une joueuse comme Laura Bourguoin, âgée de 21 ans est juste épatante ! Techniquement elle est très forte. C’est une vraie révélation.

 

 

 

Qu’a apporté votre nouvel entraîneur Jean-Claude Barrault en arrivant au club en début de saison ?

Il n’avait pas eu d’expérience dans le football féminin auparavant puisqu’il s’occupait de sections masculines. Nous apprécions tout particulièrement son enthousiasme, il nous pousse toujours à nous dépasser. Nous travaillons beaucoup aux entraînements et ça paie forcément. Il croit énormément en nous, ça se ressent dans ses discours d’avant-match. Notamment lors de la rencontre face à Juvisy, il croyait vraiment en nous, et il ne s’était pas trompé puisque nous avons gagné là-bas (2 buts à 1 lors de la 7e journée de championnat NDLR). C’est une autre manière de faire qu’avec Corinne Diacre… Mais dans tous les cas nous bossons beaucoup ! (Rires)

Vous allez disputer votre demi-finale de Coupe de France contre Lyon le 11 mai prochain. Considérez-vous ce rendez-vous comme étant le plus important de votre saison en cours ?

Ce n’est pas forcément le plus important puisque nous nous étions fixés comme objectif d’aller le plus loin possible. Pour le moment c’est plutôt réussi, même s’il faut bien reconnaître que nous avons hérité de tirages au sort favorables jusqu’à présent puisque nous n’avons rencontré aucune équipe de D1. Quoi qu’il en soit, on se prend au jeu de la Coupe de France et on se dit que l’on pourrait peut-être faire un coup contre Lyon le 11 mai. Ça serait formidable et ça récompenserait la belle saison du club. Nous allons jouer cette rencontre à fond ; sur un match, tout est possible.

 

 

 

Tu es arrivée à l’ASJ Soyaux en 2000, ça fait 14 ans que tu es au club. Pourrais-tu extraire 3 noms de joueuses avec lesquelles tu as évolué et qui t’ont particulièrement marquée ?

Corinne Diacre, Émilie Dos Santos et Corine Petit avec qui j’ai joué 5 ou 6 ans à Soyaux. Évoluer au côté de Corinne Diacre était un vrai régal. L’exigence qu’elle avait avec elle-même et avec les autres tirait forcément le groupe vers le haut. Concernant Émilie Dos Santos, je crois que je n’ai jamais joué avec une joueuse aussi talentueuse qu’elle. Techniquement elle était au-dessus du lot et avait une incroyable vision du jeu qui lui permettait de tout voir avant les autres. C’était une numéro 10 hors pair.

Tu as 28 ans, songerais-tu éventuellement à changer de club à l’avenir?

Non pas vraiment. J’ai toute ma vie à Angoulême, ma famille, mes amis, mon travail… Si je devais partir à l’étranger ça serait éventuellement aux États-Unis, mais pas seulement pour le football. Pour le moment, en tout cas, je n’ai pas l’intention de partir. Je suis bien à Soyaux, c’est devenu une deuxième famille.

 

 

Crédits photos: Déborah Berthon