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Paoline Ekambi, la basketteuse-entrepreneuse


Publié le 20 octobre 2016 | Autres évènements
Par Benjamin Roux pour Foot d'Elles


Paoline Ekambi, la basketteuse-entrepreneuse

Le premier tournoi de Footworking sera organisé le 19 novembre prochain par Foot d’Elles et la FFSE sur le thème : « Femmes en entreprise, femmes en recherche d’emploi ». En vue de cet événement, nous vous proposons de découvrir des femmes qui ont marqué le sport, qui ont réussi leur reconversion professionnelle, ou encore qui militent chaque jour pour une meilleure reconnaissance des femmes dans la société actuelle. Notre premier volet s'intéresse à Paoline Ekambi.


 

 

 

Elle détient toujours le plus grand nombre de sélections avec l’équipe de France de Basket (254), après l’avoir quittée il y a 23 ans de cela. Paoline Ekambi, qui a mis un terme à sa carrière de joueuse en 1993, est aujourd’hui co-fondatrice de la plateforme « Sportail Community » destinée aux sportifs de haut niveau. Si son parcours n’a pas toujours été un long fleuve tranquille, Paoline Ekambi a toujours su franchir les épreuves. Portrait.

 

Quel regard portez-vous sur votre carrière de sportive de haut niveau* ?

P.E : << Actuellement je suis toujours détentrice du record de sélections en équipe de France de basket mais plus pour très longtemps. Cette saison, j'espère transmettre le relais à Céline Dumerc. J'ai été la première joueuse française à évoluer en NCAA aux USA. J'ai mis un terme à ma carrière après notre titre de vice-championne d'Europe en 1993. C'est à ce moment là que j'ai battu le record de sélections que détenait Elisabeth Riffiod (mère du basketteur Boris Diaw), qui est la deuxième joueuse au nombre de sélections à ce jour. Nous avons été la génération qui a incarné le renouveau du basket féminin. Je suis très fière de voir comment les générations suivantes ont su largement fructifier l'héritage laissé par leurs aînées, tout comme nous l'avons fait nous-mêmes avec celui que nos aînées nous ont légué pour enrichir le patrimoine du basket français.

 

Vous avez été la première basketteuse à faire la Une du quotidien L'Equipe à 19 ans. Une femme à la une du plus grand quotidien sportif national, c'est un peu une révolution ?

- J'avoue qu'à l'époque je ne m'étais pas vraiment rendue compte que c'était une révolution. Mais avec le recul, en effet ce fût une révolution, vu le peu d'intérêt que les médias réservaient aux performances du sport féminin. D'ailleurs les critères physiques prédominaient sur le talent et la performance quand il s'agissait du sport féminin, contrairement à nos homologues masculins. À mon époque, le sport de compétition était axé sur des valeurs de virilité avant tout. Au risque de vous choquer, mais c'est malheureusement la triste réalité, les femmes, qui pratiquaient, quelque soit le sport de compétition, étaient perçues ou considérées par la société comme des garçons manqués, ou des "lesbiennes" ! Nous avons dû nous battre contre tous ces clichés, et nous faire respecter pour nos performances, avoir les mêmes considérations et les mêmes droits que les sportifs. Ce ne fût pas une mince affaire...

 

Comment évolue le basket féminin aujourd'hui ?

- La discipline a considérablement évolué tant en termes de qualité de la formation en générale, que dans le développement du professionnalisme et les performances qui en résultent jusqu'au niveau des équipes de France jeunes. Je constate d’ailleurs qu’il y a de plus en plus de joueuses françaises qui évoluent dans les plus grands clubs européens et en WNBA (Women’s National Basket Association).

 

Que pensez-vous de l'évolution du sport féminin ces dernières années ?

- Il reste encore des progrès à faire même s’il y a eu quelques avancées bien évidemment. Aujourd'hui, les femmes sont de plus en plus nombreuses à pratiquer un sport de loisir ou de compétition, même dans des disciplines exclusivement réservées aux femmes à mon époque, comme les sports de combats, le football, le rugby et bien d'autres encore. Mais grâce notamment aux performances et à l'exemplarité des sportives de haut niveau, le regard de la société commence à changer, tout comme celui des médias. De plus, c’est devenu un marché qui émerge et dans lequel s'engouffrent de plus en plus de marques.

 


« Le regard de la société commence à changer »

 


Comment vous êtes-vous préparée à  votre reconversion de joueuse professionnelle de basket en entrepreneuse ?

- Ce fût un vrai parcours du combattant, pas simplement pour préparer la reconversion mais aussi pour mener de front le sport et les études supérieures tout particulièrement lorsque, à tout juste dix-sept ans et demi, on devient joueuse professionnelle et donc salariée d'un club professionnel pendant la saison régulière, puis sélectionnée dans les équipes de France jeunes et seniors en période estivale avec, en tout et pour tout, quinze jours de repos entre les deux. De plus, il faut savoir qu'on nous demande de nous consacrer à 100% à la performance, et parfois même de choisir entre les études et le sport, ce qui fût le cas pour moi à l’époque. Difficile donc dans ces conditions, et face à cette pression d'anticiper sa reconversion, de prévoir la blessure grave qui pourrait mettre un terme prématurément à une carrière sportive.

 

 Par la suite, vous êtes partie aux Etats-Unis pour changer cela...

- C’est vrai que j'ai eu la chance d'être repérée par des collèges américains pour évoluer en NCAA (National Collegiate Athletic Association). Là bas, tout est mis en oeuvre pour permettre aux sportifs de concilier sport et études supérieures, mais surtout d’obtenir un diplôme dans de bonnes conditions. Je n'ai pas vraiment été accompagnée dans ma reconversion. Je n'ai pas non plus été préparée à l'acculturation du monde de l'entreprise, ni à l'intégration dans la société civile, parce que j'avais évolué dans un système d'assistanat depuis l'âge de 14 ans. On ne m’a pas accompagnée à faire face aux problèmes psycho-sociaux qui découlent de la pratique du sport en compétition, comme la perte d'identité, les changements physiologiques, la notion de vide qu'on appelle plus communément la "petite mort". J'ai dû trouver les solutions toute seule en m'informant comme je le pouvais. J'ai été déçue par le système du sport français pendant très longtemps. Un système qui nous laisse carrément tomber en fin de carrière, en dépit des nombreux sacrifices auxquels nous avons dû faire, et des médailles que nous avons apporté à notre pays.

 

Comment s’est passée votre reconversion ?

- Après ma carrière de sportive, il fallait que je trouve quelque chose. Il ne faut pas croire que tous les sportifs de haut niveau gagnent suffisamment d'argent pour pouvoir en vivre jusqu'à leur retraite. Je me suis formée, j'ai eu de nombreuses expériences en entreprise, et comme j'ai toujours eu le sens du « réseautage », j'ai aussi pu m'appuyer sur un gros réseau en France comme à l'international, pour construire mon projet professionnel.

 

Jusqu’à vous associer et devenir dirigeante de votre propre entreprise…

- Actuellement, j'exerce une activité de consulting, je m'implique dans des actions caritatives, et je suis surtout co-fondatrice de « Sportail Community ». La plateforme va sortir très prochainement, nous communiquerons un peu plus en détails à ce propos très bientôt. La vision de ce projet est basée sur ma propre expérience de sportive de haut niveau et professionnelle comme sur celles de nombreux autres acteurs.

 

Avez-vous toujours eu cette volonté d'entreprendre, et de faire aboutir des projets tels que Sportail Community ?

- J'adore les challenges et l'adrénaline que me procurent l'entrepreneuriat. J'ai également compris avec le temps qu'un sportif de haut niveau était un entrepreneur qui s'ignorait parfois. >>

 

 

*Paoline Ekambi a intégré les toutes premières promotions sport-études à l'INSEP à l'âge de 14 ans avec un projet qui s’appelait "Horizon 80" où elle est devenue, avec son équipe, vice-championnes d'Europe juniors. En parallèle de l'INSEP, elle évoluait en National 1 (devenu l'actuelle Ligue Féminine de Basket) au Stade-Français Paris avec lequel elle a gagné son premier titre de championne de France à 17 ans et demi. Dans la foulée elle a connu sa première sélection en équipe de France senior à 18 ans.

 

 

 

 

 

Propos recueillis par Benjamin Roux

 

Crédits photos : SFR Sport.

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