Hervé Didier : « Juvisy a fait une erreur et aurait dû la payer »

A seulement trois journées de la fin du championnat, cinq équipes se battent encore pour éviter la relégation. Alors que le sprint final est bel est bien lancé, Foot d’Elles a souhaité donner la parole aux coachs de ces formations en situation délicate. Troisième entretien de la semaine avec Hervé Didier, l’entraîneur de Saint-Etienne.

 

 

Saint-Etienne s’est contenté d’un résultat nul samedi à Rodez. Est-ce un bon résultat ou une déception selon vous ?

Nous sommes partagés. Il est évident que nous aurions préféré l’emporter, mais l’important était, avant tout,  de ne pas perdre. C’est dommage car nous avions fait le plus dur en ouvrant le score, mais nous nous sommes fait rejoindre, ce qui n’était pas totalement illogique sur l’ensemble du match. Il faut savoir faire des matches nuls de temps en temps et lorsque l’on ne peut pas gagner, il faut savoir ne pas perdre.

 

Il vous reste trois matches à disputer en cette fin de saison, face à Yzeure, Soyaux et Montpellier. Lequel sera le plus important selon vous ?

Le prochain à venir contre Yzeure et une fois celui-ci passé, ça sera le match contre Soyaux. D’un point de vue comptable, le minimum serait d’obtenir une victoire et un résultat nul, soit un total de 7 points.

Quel est l’état d’esprit du groupe stéphanois à l’entame du sprint final ?

Il est bon. Nous nous étions fixé comme objectif de l’emporter à Rodez, mais même avec ce partage des points, ce n’est pas forcément une mauvaise opération. Certaines filles étaient déçues de ne pas avoir gagné, mais elles ne sont pas abattues pour autant car elles savent que nous restons en vie et que tout reste possible. Nous avons encore notre destin en main. Le seul vrai souci reste la distance entre les matches. Un mois de trêve entre deux rencontres, c’est énorme et ce n’est pas évident à gérer. Ce n’est pas facile de garder tout le monde sous pression pendant ces longues périodes de creux. Ce n’est pas un championnat cohérent dans sa continuité ; donc, par moments, c’est compliqué. Il faut faire avec…

 
Peut-on dire que la rencontre face au Paris Saint-Germain où vous obtenez un résultat nul est le match référence de Saint-Etienne cette saison ?

Dans le domaine défensif et au niveau de la combativité, oui c’est sûr. Il est vrai qu’offensivement nous n’avons pas beaucoup existé, mais cette combativité nous donne de l’espoir pour la fin du championnat. Ça nous a montré toute l’envie que les joueuses avaient en elles ; peut-être ce point pris contre Paris fera-t-il la différence à la fin de la saison. C’est un petit avantage, en espérant que d’ici la fin de la saison, aucune autre équipe n’arrivera à bousculer un des cadors du championnat comme nous avons su le faire. C’était un exploit et nous avons choisi le bon moment pour le faire.

 

La décision qui a été prise de rejouer le match face à Juvisy vous a-t-elle semblé juste ?

Je pense sincèrement que ce match n’aurait jamais dû être rejoué et que nous aurions dû le gagner. Dans ces conditions, ce n’est même plus la peine de faire une feuille de match. Elle a été modifiée sans que personne ne le sache, l’arbitre et les adversaires n’étaient pas au courant. Je n’arrive pas à comprendre cela ; ça se passerait en district, la ligue aurait rapidement tranché, disant que le match était perdu et que la victoire revenait à l’adversaire. On nous a expliqué que nous pouvions déposer une réserve et une réclamation. La réserve se déposait avant le match et la réclamation pendant ou à la mi-temps. Sauf que nous ne pouvions pas déposer une réserve, la faute n’étant pas avérée avant la rencontre. A la suite de ça, sachant que la Fédération ne nous donnerait pas les 4 points de la victoire, nous n’avions rien à perdre en acceptant de rejouer le match. Dans tous les cas, nous n’aurions pas récupéré les points ; alors autant essayer de les gagner sur le terrain en rejouant le match. Ce n’était certainement pas pour faire plaisir à Juvisy, qui a fait une erreur et qui aurait dû la payer.

Quoi qu’il arrive, maintien ou descente, serez-vous toujours entraîneur des Vertes la saison prochaine ?

J’entretiens de très bonnes relations avec mon président, nous n’en avons pas encore discuté, mais quoi qu’il en soit, nous n’envisageons même pas de descendre en D2. Du coup, je pense que je serai encore entraîneur de Saint-Etienne l’année prochaine en D1.

 

 

 

Crédits photos: Anthony / Yoel Bardy