Flavie Lemaître : « Le match contre Lyon, ça va être la guerre »

Dans le cadre de son périple ruthénois, Foot d’Elles est parti à la rencontre de l’une des cadres du club de Rodez, Flavie Lemaître. La joueuse polyvalente de 25 ans revient sur la saison en cours de son club et nous fait part de toute sa détermination avant le duel de samedi face à l’Olympique Lyonnais.

 

Rodez est actuellement 7e du championnat avec 34 points au compteur. Quel bilan pourrais-tu tirer après 16 journées de championnat ?

 

Plutôt mitigé dans le sens où nous avons fait un mauvais début de saison. Il a fallu attendre de se retrouver au bord de la zone rouge pour se bouger. Aujourd’hui encore c’est très serré, puisque le premier relégable (Hénin-Beaumont NDLR) n’est qu’à cinq points de nous mais avec un match en moins, donc il va vraiment falloir s’accrocher. Je suis d’autant plus déçue que c’est la première fois, depuis mon arrivée il y a cinq ans, que l’équipe a un tel potentiel. Nous n’avons jamais eu un effectif aussi large et avec autant de qualités. J’espérais mieux en début de saison pour pouvoir viser la 6e ou la 5e place et ne pas encore devoir jouer le maintien.

 

Justement, qu’est-ce qui manque encore à Rodez pour pouvoir accrocher la 5e place ?

 

De la régularité avant tout. Nous avons encore trop de moments d’absence lors des matches. Pendant cinq minutes nous allons passer au travers et nous allons le payer cash. Il nous manque encore un peu d’expérience également. Nous avons des manques sur les trois points suivants : Régularité, concentration et expérience. En revanche, je pense que techniquement nous sommes plutôt au point.

 

Quel a été selon toi votre match référence cette saison et pourquoi ?

 

(Longue hésitation). Mon silence en dit long (Rires). Je pense qu’il n’y a pas de match référence. A la rigueur, je serais tenté de dire le match retour contre Hénin-Beaumont, où nous nous sommes imposées à l’extérieur 4 à 0. Nous avons marqué suite à des bonnes séquences, les consignes du coach ont été bien respectées et nous étions vraiment bien dans l’engagement physique. Cependant, je ne pense pas que nous puissions parler de match référence lorsque l’on évoque cette rencontre à Hénin.

 

 

Vous recevez Lyon samedi à 19 h 00 au stade Paul Lignon. Quel est l’objectif du RAF dans ce type de rencontre ?

 

C’est un match attendu à Rodez, Lyon ce n’est quand même pas n’importe qui. On sait qu’il risque d’y avoir du monde au stade, du coup nous aurons à cœur de ne pas décevoir notre public. Nous ne débuterons pas la rencontre en nous disant que l’objectif est d’en prendre le moins possible et de limiter la casse. Si nous entrons sur le terrain en nous disant qu’on va prendre une valise, ça sera d’autant plus compliqué. Il faut que l’on se donne à fond, nous devrons être très solides en défense et jouer les contres à fond. On sait que ça va être la guerre et que ce match contre Lyon sera un vrai combat pendant plus de 90 minutes. On sera certainement vidées à la fin, mais pour le public et nous-mêmes, c’est l’attitude que nous devrons aborder.

 

A titre personnel, tu n’as marqué qu’à deux reprises cette saison, les deux fois contre Muret. Es-tu déçue de ta saison en cours ?

 

Oui, clairement. Je m’étais fixé comme objectif d’atteindre la barre des dix buts, du coup ça risque d’être compliqué. Il faut dire aussi que je suis redescendue d’un cran sur le terrain, je joue désormais au poste de numéro 10. J’ai beaucoup de progrès à faire à ce niveau-là puisque c’est la première année où j’évolue en tant que meneuse de jeu. Il m’est aussi arrivée de jouer milieu défensive et ailière cette saison, ce qui ne me facilite pas non plus la tâche pour marquer des buts. Malgré tout, je ne cherche pas à me trouver des excuses, je reste quand même insatisfaite de ma saison en cours.

 

 

C’est déjà ta cinquième saison avec Rodez. Quel est ton meilleur souvenir en cinq années passées ici ?

 

Le match de montée en 1ère division lors de la saison 2009/2010 ! Notre concurrent direct à l’époque était l’AS Muret. Il restait une poignée de matches à disputer en D2 et lors du match-retour à domicile contre Muret, il nous suffisait de ne pas perdre pour assurer à Rodez de monter en D1. Nous étions menées d’un but à la mi-temps ; en plus de cela, Amélie (Fabries NDLR) avait arrêté un penalty avant la pause. Au retour des vestiaires, un quart d’heure après la reprise, j’ai marqué un but d’une tête lobée qui nous a permis de revenir à hauteur… Ce but m’a transcendée, il y avait un monde fou au stade de Vabre, c’était de la folie. Le match s’est terminé sur ce score d’un but partout, nous assurant ainsi la montée en première division. C’était absolument génial.

 

Envisages-tu de changer de club à l’avenir ?

 

Je ne suis pas contre l’idée de partir, en revanche il faudrait qu’une situation professionnelle me soit proposée à côté, autrement ça ne sera pas possible. L’idéal pour moi serait de pouvoir vivre du football, c’est une expérience que j’aimerais bien découvrir au moins une année. Si je devais choisir un club en France, j’opterais pour Lyon. Et si j’avais la chance de partir à l’étranger, j’aimerais pouvoir jouer aux États-Unis. L’ Espagne me tenterait bien aussi, mais pour le soleil !