Eurosport, premier supporter du sport féminin

Le projet des « 24 heures du sport féminin » initié par Christine Kelly, membre du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, sera à l’honneur samedi 1er février. Une initiative à laquelle Eurosport n’est pas resté indifférent. La chaîne sportive a mis en place pour l’occasion un dispositif s’inscrivant plus que jamais dans sa logique de diffusion, et de fait, dans son entreprise de développement du sport féminin.

 

Au pied de la lettre. C’est ainsi qu’Eurosport a pris le projet des « 24 heures du sport féminin » initié par Christine Kelly, présidente de la mission sports au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA). Là où les autres supports médiatiques se contenteront de diffuser quelques évènements sportifs ou d’effectuer une poignée de reportages, Eurosport consacrera bien l’intégralité d’une journée aux athlètes féminines et à leur discipline respective.

 

Un menu copieux mais digeste

Coup d’envoi de cette journée consacrée au sport féminin, vendredi 31 janvier à 18h00 en direct du Stade Pierre de Coubertin en présence des ministres Najat Vallaud-Belkacem et Valérie Fourneyron. Christine Kelly et Amélie Mauresmo, co-directrice de l’Open GDF Suez et consultante Eurosport, seront également présentes pour le lancement du projet. Voilà pour la mise en bouche, la suite du banquet vous sera présentée samedi 1er février à partir de 08h30.

Epreuves de ski, demi-finales du tournoi GDF-Suez de tennis, match de football… Les rendez-vous mettant en scène des athlètes féminines ne manqueront pas sur Eurosport. Cependant, la chaîne du groupe TF1 ne se contentera pas seulement « d’empiler des évènements sportifs » comme le précise très justement Jérôme Papin, en charge du contenu éditorial et rédacteur en chef adjoint d’Eurosport. L’objectif est avant tout de traiter de problématiques telles que la médiatisation du sport féminin. Pour ce faire, de nombreuses athlètes comme Marion Bartoli feront part de leur vécu, expliquant comment elles ont appréhendé les choses au cours de leur carrière et comment elles les perçoivent à présent.

 

« Les femmes ont bien souvent montré la voie »

Ces témoignages laisseront finalement place à ce qui constitue « l’ADN de la chaîne », à savoir les évènements sportifs. Ces « 24 heures » nous conduiront en effet jusqu’au match de 1ère Division de football entre Arras et Lyon à partir de 20h30 en prime-time. Et si vous pensez que vous ne serez toujours pas rassasiés, rassurez-vous, car la soirée ne fera que commencer. A l’issue de la rencontre, aux alentours de 22h30, la programmation nocturne d’Eurosport sera consacrée aux grands exploits ayant fait la légende du sport féminin français. « En travaillant, nous nous sommes aperçu que les femmes avaient bien souvent montré la voie à suivre en termes d’exploits sportifs , confiait Jérôme Papin. Je pense notamment à Amélie Mauresmo ou encore à Roxana Maracineanu pour ne citer qu’elles ». A cette occasion, les abonnés auront par exemple la possibilité de voir ou de revoir le quart de finale de la Coupe du monde de football 2011 entre la France et l’Angleterre ! Une rencontre qui fut sans aucun doute l’un des tournants de l’histoire du foot féminin français.

 

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Un choix logique

« Le sport féminin n’est pas une option, c’est une obligation ». Les mots de Jérôme Papin sont forts et témoignent bien de la volonté d’Eurosport d’inscrire le sport féminin dans la durée. « Il n’y a pas à se demander si l’on doit ou s’il faut en diffuser, ça fait partie de l’ADN d’un media quel qu’il soit. » Le rédacteur en chef adjoint de la chaîne va encore plus loin en évoquant l’évolution sociétale dans son ensemble : « La société a évolué sur beaucoup de points depuis de nombreuses années, et je pense que la télévision se doit également d’avoir une vision différente pour être en adéquation avec son époque. Son regard doit être identique, aussi bien avec les hommes, qu’avec les femmes ».

En soit, cette journée des « 24 heures » ne constituera pas un chamboulement colossal pour des abonnés habitués à visionner chaque jour du sport féminin sur Eurosport. Avant même l’adhésion au projet de Christine Kelly, la chaîne du câble avait déjà prévu de diffuser bon nombres d’évènements sportifs féminins le samedi 1er février. « Il ne fallait pas que les téléspectateurs se sentent obligés de regarder. Dans ce cas précis, cela aurait été contre-productif, insiste Jérôme Papin. Le sport féminin ne doit pas être une contrainte ». Que les sceptiques ayant peur de l’overdose se rassurent, sportifs ou autres présentateurs ne seront pas totalement mis au rebut. A titre d’exemple, Christophe Pleynet restera aux commandes de l’émission « hors-piste » dans laquelle skieuses et skieurs seront mis à l’honneur.

 

« Il ne faut pas s’arrêter là »

Eurosport n’a pas répondu à la sollicitation de Christine Kelly simplement pour bien faire et se donner bonne conscience. Derrière cet investissement se cachent de véritables convictions. A commencer par celle qui consiste à dire que le sport féminin n’est pas qu’un simple effet de mode ni une curiosité mais bien un métier, un loisir ou un spectacle, au même titre que pour les hommes. Reverra-t-on à l’avenir ce type d’initiative en l’honneur du sport féminin? Pour Jérôme Papin, ce n’est pas forcément une nécessité : « Quoi qu’il arrive, Eurosport continuera d’accompagner, de développer et de mettre en lumière le sport féminin. C’est une certitude […] Il est évident qu’il reste encore beaucoup à faire, mais il ne faut pas s’arrêter là… ». Et, si vous me le permettez, je ponctuerai cette déclaration en ajoutant ceci : «En si bon chemin ».

 

 

Crédits photos: eurosport.fr / CSA