Deux écoles, deux rencontres au sommet, deux répétitions

Les équipes de France A et U20 rencontrent les USA à une journée d’intervalle, dans le cadre de la SheBelieves Cup et de deux rencontres amicales, en terres bretonnes. Si l’affiche fait rêver, quel spectacle attendre de ces trois matches ?

 

 

La garde américaine et la SheBelieves Cup : un gala à saveur de revanche

L’équipe américaine a perdu de sa superbe depuis la campagne de la Coupe du Monde qui leur a fait gagner leur troisième étoile : entre le résultat catastrophique aux JO de Rio – le pire résultat de l’histoire de l’USWNT – et la débâcle à la SheBelieves Cup 2017, les Stars and Stripes ont eu bien du mal à reconquérir leur légitimité auprès du public américain, sans parler de leur coach, Jill Ellis, décriée dans les médias pour ses choix hasardeux. Les derniers amicaux, notamment contre les danoises en janvier remporté haut la main 5-1, ont cependant montré une nette amélioration chez les joueuses de Jill Ellis.

A domicile, les américaines excellent, galvanisées par des fans passionnés, les American Outlaws. Mais USA – France, c’est aussi une revanche à prendre : lors de la dernière SheBelieves Cup, les françaises emmenées par Olivier Echouafni ont achevé d’enfoncer les américaines, qui n’auront remporté qu’un seul match et s’inclinent 3-0 contre des Bleues très remontées.

Au-delà de l’esprit revanchard américain, Jill Ellis dispose d’un roster assez mixte entre les vétérans et les nouvelles venues, mais qui part handicapé de quelques lourdes pertes, notamment Samantha Mewis qui fait des miracles en sélection et avec son club, le NC Courage, ainsi que Becky Sauerbrunn, la patronne de la défense, blessées. Quant aux vétérans, difficile de s’exprimer sur la pertinence d’une Carli Lloyd aux résultats irréguliers ou d’une Allie Long, posée trop souvent hors de sa position naturelle de milieu de terrain.

 

Côté français, malgré une composition intéressante sur le papier, il faudra tâcher de faire oublier – et ce sera difficile – la défaite face aux Lionesses, un 4-1 dévastateur que les françaises ont subi pendant 80 minutes avant un sursaut intéressant mais insuffisant avec l’entrée d’Asseyi et de Thiney qui ont su être percutantes. Il appartiendra à Corinne Diacre d’aligner un XI de départ beaucoup plus solide défensivement. On attend aussi beaucoup du milieu de terrain, alors que sur le papier, la colonne vertébrale présentée contre les anglaises était solide. Il solide, il faudra l’être contre des américaines implacables, qui ont débuté leur pré-saison de NWSL, et un stade conquis d’avance aux Stars and Stripes.

Deuxième rencontre de la SheBelieves Cup, le match de ce dimanche promet un gala de grande qualité. Gageons que le coeur y soit !

 

U20 : deux grandes écoles appliquées en terres bretonnes

La confrontation entre les U20 US et françaises, ce n’est pas uniquement une rencontre entre les espoirs et celles qui feront le football de demain : c’est celle de deux grandes écoles.

 

A ma gauche, l’école européenne, technique, formatée pour marcher sur les pas des plus grandes techniciennes, celles qui ont des finitions impeccables, qui misent moins sur le physique que sur la dernière passe. Celles qui déjouent les défenses et sont comme un poisson dans l’eau sur la surface comme dans les coups de pied arrêtés. C’est une école qui est peut-être un peu plus lente, mais qui se targue de produire plus de génies techniques à l’aisance déconcertante dans les petits espaces que l’école américaine. Les Bleuettes sont un exemple de cette école et participent à la renommée de la France, qui, en dépit de son incapacité historique à remporter les grands rendez-vous, fait trembler les américains à la seule mention de son nom. Elles ont ici un rôle crucial : montrer que l’on peut être de grandes techniciennes avec aussi un coeur et une envie à toute épreuve, quand leurs aînées ne sont pas encore tout à fait à l’aise sur le sujet.

A ma droite, l’école américaine, celle qui vient d’un pays où le football pratiqué par les femmes est une discipline reine et adulée, des couloirs du lycée aux bruyants stades universitaires. Là où les hommes sont des footballeurs américains, les héroïnes s’appellent Mia Hamm, Abby Wambach ou Alex Morgan. Un sport qui est aussi la clé pour prétendre à une bourse universitaire, ce qui encourage la pratique au plus haut niveau. Aux USA, le football, c’est une affaire certes de performances, mais aussi de sororité. De liens. C’est ainsi que l’on retrouve des équipes soudées, prêtes à tout et surtout à se battre jusqu’à la dernière seconde, peu importe le score. Mais c’est aussi une école brutale, physique avant d’être technique, profondément enracinée dans ce même système scolaire. Pour les U20 US, c’est d’autant plus criant qu’elles n’ont pas encore la possibilité de se rendre en Europe ou ailleurs pour y apprendre une autre culture.

 

Alors, samedi, ce sera le choc des titans. Le choc de ces deux excellences où tout peut arriver et rien n’est joué.

 

Nos deux équipes en Bleu jouent pour briller. Parce que les deux coupes du Monde à domicile sont demain. Parce qu’elles sont le futur ou le prestige français. A demain !

Crédits photo : isiphotos.com / Brad Smith et AFP