Des babyfoot synonymes de mixité et de parité pour 2019

Alors que la France accueillera une Coupe du Monde féminine de football l’année prochaine, Nicole Abar, footballeuse, féministe, et cadre de la fonction publique, s’est lancée un défi de taille : créer 10 babyfoot “mixtes” et les installer dans chacune des villes hôtes de cet événement sportif majeur.

Elle fêtera ses 59 ans au mois de juillet. Nicole Abar, conseillère régionale pour la formation des cadres à la direction régionale “jeunesse et sports” d’occitanie, ne manque pas d’ambition. Elle est partie d’un postulat très simple. “Le football est un sport universel, tout le monde peut donc le pratiquer”. Joueuse professionnelle au Stade de Reims puis à la VGA Saint-Maur (entre 1977 et 1993), cette ancienne employée de la poste et de France Telecom est une pionnière, une battante dans l’âme : lorsqu’elle a un projet un tête, personne ne peut la faire changer d’idée, elle va toujours au bout.

“Liberté aux joueuses”

Née à Toulouse, Nicole Abar est connue pour sa participation à “l’ABCD de l’égalité”, programme d’enseignement français proposé par Najat Vallaud-Belkacem (ancienne ministre des droits des femmes qui voulait lutter contre le sexisme et les stéréotypes de genre) il y a quatre ans. Un programme enseigné de façon expérimentale en 2013 dans près de six cent classes d’écoles maternelles et élémentaires. Ancienne footballeuse internationale, Nicole Abar a ainsi fondé l’association toulousaine “Liberté aux joueuses”. Victime de discrimination au sein de son club de football avec son équipe, elle propose aujourd’hui un projet éducatif “pour créer les conditions d’une éducation à l’égalité filles-garçons”. Joueuse en équipe de France durant dix années (1977 à 1987), Nicole Abar explique. “Les enfants s’aperçoivent que les équipes gagnantes sont toujours celles qui ont inventé une stratégie utilisant les capacités de chacun et de chacune”.

Un baby-foot “mixte” présenté en 2019

“Nous allons lancer le premier babyfoot mixte”. Les mots prononcés par cette championne de football sont clairs. “Il y a quelque chose à montrer au monde entier. Partout et tout le temps, on peut toutes et tous participer à une rencontre sportive dans la joie et la bonne humeur”, expliquait-elle dans une interview accordée à Olivier Schlama en novembre dernier. C’est ce qu’elle apprécie dans le sport, pouvoir partager des bons moments et vivre des instants magiques, de cohésion et d’esprit d’équipe. “Au-delà du symbole du babyfoot, qui est une représentation miniature de notre terrain de sport, que l’on sache ou non jouer, nous allons toutes rires et passer un bon moment en disputant une partie”. Dans le projet de babyfoot mixte initié par Nicole Abar, “il y aura 22 pratiquant(e)s”, comme sur un terrain de foot. “11 garçons et 11 filles seront disposés successivement sur le terrain de jeu. La parité sera respectée, puisque nous aurons à chaque fois une fille et un garçon. J’insiste sur ce point, car même si nous développons actuellement le football au féminin, nous voulons inclure les garçons, j’y mets un point d’honneur”. A l’occasion de la Coupe du Monde 2019, le projet est d’implanter des babyfoot dans les 10 villes qui accueilleront des matches, afin de faire découvrir, innover, rendre ludique la discipline, et encourager un maximum de personnes à remplir les stades.

 

Un véritable outil connecté ?

Qui a dit que le babyfoot était « has been » ? Revenu à la mode et dans les traditions, certains en ont fait un outil connecté. C’est le défi de Tecbak, fabricant de matériel électronique Parisien, qui veut croire à l’essor de ces terrains de football miniatures, de plus en plus implantés dans les startups, non loin de la tradionnelle machine à café. Le défi lancé par cette société est de « réinventer et redynamiser le bon vieux babyfoot, grâce aux nouvelles technologies ». L’idée étant de créer une toute nouvelle génération de babyfoot, ultra-connectée, « afin d’associer le meilleur des deux mondes, physique et numérique », expliquait le PDG de Tecback dans une interview. 

Une idée qui sonne comme une révolution, à l’heure où Nicole Abar présente, par ailleurs, la sienne.  

Crédits photos : eveprogramme / dis-leur