Célia Šašić : « Toujours à la limite de mes forces pour gagner »

25 ans, 89 sélections en équipe d’Allemagne, 49 buts. On y ajoutera 112 autres buts en 148 matches de Bundesliga. Elle est l’une des attaquantes les plus redoutées au monde. Elle ? Célia Šašić, anciennement connue sous le nom d’Okoyino da Mbabi. Elle a accepté de répondre aux questions de Foot d’Elles. Et en français dans le texte, s’il vous plaît…

 

 

 

Célia, peu de Français le savent : votre mère est française et vous n’avez choisi la citoyenneté allemande qu’à l’âge de 16 ans. Finalement, vous auriez pu être l’avant-centre des Bleues aujourd’hui ! Entretenez-vous un rapport, autre que filial, avec la France ?

 

Une grande partie de ma famille vit encore en France et j’essaie d’y aller souvent. Malheureusement, je n’en ai plus beaucoup l’occasion à cause du foot. Mais j’aime la France et j’aime bien y séjourner.

 

 

À la fin de l’été dernier, vous avez choisi de quitter Bad Neuenahr après y avoir passé 9 saisons et avez donc rejoint le FFC Frankfurt, qui court après un titre en Bundesliga depuis 2008. Qu’est-ce qui vous a décidée ?

 

J’ai passé 9 très belles années à Bad Neuenahr, mais vient un moment où il faut changer. Je suis donc maintenant à Francfort pour m’entraîner tous les jours, avec des joueuses de haut niveau, améliorer mon jeu et décrocher un titre avec le club.

 

 

Le fait de retrouver un très grand nombre de vos partenaires actuelles ou passées en National Mannschaft a certainement facilité votre intégration. Résultat : leader du championnat à mi-parcours, et pour vous 15 buts en 12 matches. Comment analysez-vous le 0-0 face à Wolfsburg ? Vous avez raté l’occasion de mettre les championnes en titre à 5 pts tout en les maintenant derrière, mais vous voyez revenir Potsdam à un point seulement. Laquelle des deux équipes craignez-vous le plus pour la suite ?

 

Le 0-0 nous a permis de rester en tête du classement. C’était le but que nous nous étions donné en premier lieu. La saison est encore longue, et nous devons continuer à jouer d’une manière concentrée. Si nous faisons notre travail correctement, nous n’avons pas à regarder ce que font les autres.

 

 

 

En France, l’hégémonie de Lyon tue tout suspense depuis 8 ans, mais en Bundesliga, c’est toujours une intense lutte à trois. Considérez-vous votre championnat comme le meilleur au monde, et est-ce la raison pour laquelle très peu de joueuses allemandes partent jouer à l’étranger ?

 

La Bundesliga fait effectivement partie des meilleures ligues. Comme je n’ai jamais joué ailleurs, je ne peux pas dire si elle est la meilleure. Le foot féminin allemand se développe constamment et a de plus en plus de supporters et de soutien. De ce fait, le niveau monte. Les joueuses ont donc la possibilité de progresser et de prétendre à l’équipe nationale. L’étranger présente un attrait non négligeable, surtout en Europe, avec la France et la Suède, dont les ligues jouent aussi à un niveau élevé.

 

 

L’été dernier, l’Allemagne a remporté son 6e euro consécutif avec la plus jeune équipe du tournoi (23,5 ans de moyenne d’âge) et malgré six absences majeures. Un véritable exploit. Quelle a été d’après vous la clé de ce succès ?

 

Notre esprit d’équipe a été définitivement la clé du succès. Nous étions une équipe très jeune, où certaines joueuses n’avaient joué que quelques matches en équipe nationale A ou n’avaient même pas encore participé à un grand tournoi. Ce mélange de jeunes joueuses et de joueuses plus expérimentées a très bien fonctionné, et tout le monde a tout donné pour atteindre l’objectif fixé.

 

 

Ces derniers mois ont vu l’éclosion de filles comme Luisa Wensing, Leonie Maier, Lena Lotzen, Lina Magull, Sara Däbritz, Melanie Leupolz et, bien sûr, Dzsenifer Marozsán. Et derrière, il y a encore des plus jeunes, telle Pauline Bremer… Le réservoir de jeunes joueuses de talent semble inépuisable dans votre pays…

 

Comme déjà dit tout à l’heure, le foot féminin allemand évolue d’une manière très positive. De plus en plus de filles jouent tout naturellement au foot et bénéficient de soutien, ce qui fait qu’elles ont déjà un bon niveau quand elles arrivent chez les femmes.

 

 

 

 

Dans quelques jours commencera l’Algarve Cup. Vous vous y étiez personnellement illustrée il y a deux ans avec deux hat-tricks, un contre la Suède, puis un en finale contre le Japon, dont le but de la victoire dans le temps additionnel. À un an de la Coupe du Monde au Canada et six mois après votre titre européen, dans quel état d’esprit allez-vous aborder ce tournoi ?

 

La coupe de l’Algarve est toujours un « highlight », un tournoi de haut niveau où l’on peut se mesurer avec les meilleures sélections internationales. C’est un élément essentiel de notre préparation pour les matchs de qualification restant à jouer pour la coupe du monde, et naturellement aussi pour la coupe du monde elle-même l’année prochaine.

 

 

Vous êtes une joueuse qui se bat toujours de la première à la dernière seconde, ne baisse jamais les bras et harcèle constamment la défense adverse. Un vrai poison pour les défenses ! Votre souffle semble inépuisable. D’où vous vient cette incroyable énergie ?

 

J’adore jouer au foot, c’est ma passion. Je vais toujours à la limite de mes forces pour gagner. Car c’est ça en fin de compte qui fait le plus plaisir.

 

 

Quelle est aujourd’hui pour vous la meilleure joueuse en activité dans le monde, et la défenseuse qui vous a posé ou pose le plus de problèmes ?

À tous les postes, il y a des joueuses remarquables dans le foot féminin et je ne voudrais en distinguer aucune. Et il n’y a pas de joueuse particulière contre laquelle je ne joue pas avec plaisir.

 

 

Dernière question : vous êtes encore très jeune. Est-il envisageable de vous voir un jour en D1 féminine avec un club français, comme aujourd’hui Linda Bresonik et Annike Krahn ?

 

Il ne faut jamais dire jamais…

 

 

 

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Crédits photos : sportschau.de, foto hubner