CdM U20 – Les Françaises devant le défi nord-coréen

A quelques heures d’une rencontre cruciale face à la Corée du Nord, la France se met dans la peau d’une nation favorite. Une situation qui pourrait pourtant étonner avant d’affronter les tenantes du titre et classées parmi les prétendantes pour le sacre. Un test grandeur nature pour les filles de Gilles Eyquem, ce jeudi soir à Concarneau (19h30). Une rencontre qui se jouera une nouvelle fois à guichets fermés.  

Lundi 13 août, 16h55. Au-dessus du stade municipal de Plélan-le-Petit (Côtes d’Armor), le ciel est gris et le vent venant du nord souffle assez fort pour refroidir l’atmosphère de l’enceinte sportive. Cinq minutes plus tard, le bus bleu de l’équipe de France arrive aux abords de la pelouse. Au même instant, le soleil pointe le bout de son nez pour radoucir l’air ambiant. Les joueuses et les membres techniques descendent l’un après l’autre, franc sourire aux lèvres. A peine vingt-quatre heures après leur qualification pour les quarts de finale acquise grâce à leur large victoire face aux Pays-Bas (4-0), les Bleuettes s’entraînent pour la première fois.

Si les joueuses ayant débuté face aux Néerlandaises la veille, effectuaient un tennis-ballon en guise de récupération, Gilles Eyquem (photo, à gauche) scrutait attentivement l’opposition attaque-défense entre celles qui furent remplaçantes sur la feuille de match. En somme, un schéma classique de lendemain de rencontre. Mais les indices concernant l’état d’esprit du groupe après cette qualification se cherchent ailleurs. « L’ambiance après le match était bien meilleure qu’après la Nouvelle-Zélande, elles ont beaucoup chanté, rigolé, surtout sur la route du retour », se livre un membre du staff des Bleuettes, « mais malgré tout, elles n’ont pas veillé si tard que ça. » Un zeste de sérieux comme une prise de conscience de la poursuite de l’aventure.

Qui pour affronter la Corée du Nord ?  

Cet entraînement n’est qu’un simple épisode des quatre jours de mise en place tactique par Gilles Eyquem avant ce quart de finale. Une période qui paraît courte après une première phase jonchée de nombreuses interrogations, au fil des matches. Quelles sont les meilleures combinaisons offensives ? En défense ? Qui pour orienter le jeu ? Après trois matches, des certitudes sont là. Si la présence des défenseures Maëlle Lakrar et de Selma Bacha semblent des évidences, le retour en grâce de Julie Piga lors du dernier match a notamment rassuré l’arrière-garde tricolore. Au sein de cette ligne, les automatismes et les percées offensives se créent, à l’image des nombreuses effectuées face aux Pays-Bas. Des éléments qui augurent donc aussi une belle assise offensive à cette équipe de France. La plus belle des défenses n’est-ce pas l’attaque ?

Justement, l’attaque française est l’autre point sur lequel le coach peut s’appuyer. Si le match nul face aux Néo-Zélandaises, lors de leur deuxième match, sonne comme un échec de l’offensive, les options que livrent les joueuses tricolores à l’avant sont néanmoins intéressantes depuis le début de la compétition. Emelyne Laurent pour sa vitesse et sa vision de jeu, Melvine Malard pour sa puissance physique sont les maîtresses des ailes. Quid de la pointe ? Pour sa première titularisation, Amélie Delabre (photo, au centre), la benjamine du groupe, auteure d’un triplé dimanche à Saint-Malo, a su jouer de l’audace et de sa capacité physique à fendre la défense adverse. A l’inverse, tous les observateurs ne cessent de regarder Marie-Antoinette Katoto. L’avant-centre du Paris-Saint-Germain a jusque-là été assez peu en vue dans cette Coupe du Monde. Présente lors des deux premières rencontres, seule sa prestation face au Ghana a semblé donner satisfaction au sélectionneur. Mais ce dernier garde confiance en elle. « Elle était en plein doute et elle a besoin de retrouver sa sérénité. C’est une joueuse exceptionnelle et je pense qu’elle nous le montrera d’ici la fin », s’est-il exprimé à la fin de France – Pays-Bas, un match durant lequel elle ne joua aucune minute.

Dans le milieu de terrain, d’autres enjeux s’installent. Qui fera partie de l’entrejeu à trois pour débuter face à la Corée du Nord ? Si Sana Daoudi tire son épingle du jeu, qui sera là pour l’accompagner ? Annahita Zamanian, Carla Polito, Hélène Fercocq ou Christy Gavory ? Après les poules, le milieu de terrain est sûrement le secteur où résident encore des inconnues, mais aussi probablement celui avec le plus d’options. De quoi mettre en place une équipe capable de s’adapter et de se réadapter en fonction du match et de l’adversaire.

Un adversaire dans la tourmente mais néanmoins redoutable

La Corée du Nord est la « madeleine de Proust » du Mondial U20. Six participations, six quarts de finale. Mais surtout deux titres planétaires. L’opposition de ce jeudi constituera la troisième rencontre en trois éditions consécutives de Coupe du Monde dans laquelle Nord-coréennes et Françaises croiseront leur route. Il y a quatre ans lors du match pour la troisième place remporté par les Bleuettes, ainsi qu’en finale en 2016 où les Asiatiques avaient remporté le titre, au grand dam de Mylène Chavas et de ses co-équipières d’alors. Cette année, la donne et le parcours des deux sélections sont différents. S’inclinant d’emblée face aux Anglaises (1-3), le groupe du coach coréen Hwang Yongbong n’avait plus droit à l’erreur face au Mexique et au Brésil, ses deux autres adversaires dans le groupe B. Grâce à deux victoires in extremis, (2-1 à chaque fois), les tenantes du titre filent en quarts.

Néanmoins, cet effectif, version 2018, n’a pas le même éclat que d’habitude. La teneur du jeu ou encore l’efficacité devant les buts ne trompent pas leurs adversaires. Il faudra toutefois faire attention à une telle bête blessée. Le sélectionneur français connaît très bien son prochain adversaire pour l’avoir affronté deux fois et reste méfiant. « Effectivement, on a envoyé nos observateurs sur ces matches-là. C’est toujours un groupe avec beaucoup de qualité technique, en revanche il semblerait qu’elles manquent de puissance devant par rapport à ce que c’était en Papouasie.» Un jeu qui pourrait convenir aux Françaises ? Rien n’est moins sûr. La rigueur du milieu de terrain et la gestion des contres seront des points importants dans ce match.

Une chose est sûre, pour l’équipe de France, l’heure n’est plus aux calculs. Le jeu est garant de la victoire. Les Bleuettes n’ont plus qu’à appliquer à la lettre ce principe afin de continuer leur parcours dans le mondial.

 


Crédits photos : DR/FIFA

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