CdM U20 – La fin du rêve pour les Bleuettes

On connaît désormais l’affiche de la finale de cette Coupe du Monde U20 en Bretagne. Les Japonaises et les Espagnoles se sont donné rendez-vous ce vendredi (19h30) à Vannes.  Le palmarès de la compétition s’étoffera d’un vainqueur inédit. Pour les protégées de Gilles Eyquem, il leur faudra à nouveau se contenter d’une place d’honneur.

Les Bleuettes mettent pied à terre

Tout un symbole. Le ciel devient gris et les nuages s’amoncellent dans le ciel vannetais lorsque madame Borjas, l’arbitre hondurienne du match entre la France et l’Espagne, donne le coup de sifflet final. Une défaite (0-1) dure à digérer. D’autant plus qu’au début de la rencontre, la détermination est bien présente sur tous les visages tricolores.  Mais la tension et la pression sur ce match crucial allaient avoir raison de la beauté du jeu.

« Ni l’Espagne, ni la France n’ont vraiment joué leur football aujourd’hui. Je pense que l’enjeu les a un peu fait déjouer et cela aurait pu basculer dans un sens comme dans l’autre. Cette rencontre est devenue un combat et malheureusement c’est l’Espagne qui a réussi à trouver la faille par Patri. » Sandrine Dusang

En effet, les 22 actrices n’osent pas réellement rentrer dans leur demi-finale. On sentait néanmoins de l’envie chez Sana Daoudi ou Emelyne Laurent lorsqu’elles tentent de transpercer une défense espagnole aux abois. D’ailleurs, la Martiniquaise a l’occasion d’ouvrir le score au quart de jeu bien lancée par Hélène Fercocq en se présentant seule devant la portière Catalina Coll, mais sa tentative de lob est trop molle pour inquiéter la gardienne ibérique. Durant la totalité du match, les effectifs prônent leur jeu de possession et balbutient leurs phases offensives.

La France est cueillie à froid après le retour des vestiaires. Sur un centre de Lucia Rodriguez, la milieu de terrain espagnole Patricia Guijarro devance au rebond Carla Polito et trompe de la tête Mylène Chavas sur une des rares situations dangereuses des filles de Pedro Lopez (51e).  Un regain d’orgueil des Bleuettes après cette ouverture du score ? Du moins, elles essayent mais leur jeu comporte trop de déchets. L’expulsion d’Aitana Bonmati à la 69e minute n’aidera pas davantage l’équipe de France.

« On ne peut pas blâmer Marie-Antoinette Katoto pour ce penalty manqué. En tout cas, je ne le ferai pas. Il y a des moments plus ou moins compliqué dans une carrière de footballeuse, de sportive… Tout le monde aura compris qu’elle (Marie-Antoinette Katoto) n’était pas en confiance. Gilles Eyquem le premier. Qu’elle était peut-être trop sous pression. Pour l’avoir vu jouer toute la saison dernière, je sais ce que vaut Marie-Antoinette et ce n’est pas un penalty qui me fera changer d’avis. Elle reviendra plus forte. » Sandrine Dusang

Le tournant du match intervient à la 75e minute. Annahita Zamanian, entrée en jeu un quart d’heure plus tôt obtient un penalty après une main d’Aleixandri dans les seize mètres. La parisienne Marie-Antoinette Katoto, également entrée en cours de match à la place d’Amélie Delabre, se charge de le tirer. En face, Catalina Coll, plonge du bon côté et repousse son coup de pied de réparation. A la fin de la rencontre, l’attaquante sera inconsolable, prostrée sur la pelouse du stade de la Rabine.

« Forcément je suis déçue pour nos Bleuettes parce que je sais qu’elles ont beaucoup de potentiel et qu’elles auraient aimé jouer la finale ici chez elles. Mais il y a une troisième place à décrocher alors j’espère qu’elles auront à cœur d’aller la chercher malgré tout. Allez les Bleues ! » Sandrine Dusang

L’heure est certes à l’abattement après ce résultat. Mais cette Coupe du Monde n’est pas terminée pour autant. Ce vendredi, toujours à Vannes (16h00), les co-équipières de Julie Thibaud devront se remobiliser afin d’aller chercher cette 3e place qui constituerait une mince  compensation dans ce Mondial à domicile.

Le Japon OK, l’Angleterre KO

Transparentes, les Anglaises ne sont jamais réellement entrées dans la rencontre face aux Nipponnes. Mis à part le début de la rencontre, les Lionesses ont très rarement posé le pied sur le ballon. Face à un onze discipliné et pragmatique, les filles de Mo Marley ont déjoué. Ce sont pourtant elles qui inquiètent en premier lieu la défense japonaise. A la 2e minute, Chloe Kelly, esseulée dans la surface de réparation, déclenche un tir qui oblige Hannah Stambaugh à se détendre et détourner le cuir en corner. Après ce petit orage, les Nadeshiko passent la vitesse supérieure et envahissent le camp anglais, pour ne plus en sortir.

« Les Japonaises ont fait preuve d’une grande maîtrise dans l’utilisation de la balle et dans la gestion des temps de jeu, avec notamment Nagano en chef d’orchestre au milieu du terrain. » Sandrine Dusang

L’entente offensive de la sélection asiatique a été phénoménale. Jun Endo (n°20) et l’incontournable Riko Ueki (n°19) produisent un jeu léché plus que jamais porté vers l’avant. Lorsque la première trouve la seconde, le but est inévitable. Le pur exemple intervient à la 22e minute avec l’ouverture du score par Ueki. Avant l’aggravation de la marque par sa complice, cinq minutes plus tard. Dans l’entrejeu, Fuka Nagano n’est en effet pas en reste dans cette vision de jeu très efficace. Mais en décortiquant bien cette rencontre, l’excellente mise en place tactique et la rigueur dans tous les domaines de la sélection du pays du soleil levant, n’a pas permis  à l’Angleterre d’avancer.

« En deuxième période, les Japonaises ont davantage laissé jouer les Anglaises. Si Hemp demandait le ballon côté, alors elle ne pouvait pas être devant le but. Même chose pour Stanway, si elle décrochait dans le milieu de terrain, difficile d’être à la réception à la fin de l’action. Je pense qu’il aurait fallu un exploit individuel pour que l’Angleterre garde l’espoir, mais ce n’était pas le jour. » Sandrine Dusang

Pour voir les Britanniques autour des cages de Stambaugh, il a fallu attendre l’heure de jeu. Effectivement, on attendait beaucoup de Lauren Hemp, d’Alessia Russo ou encore de Georgia Stanway qui avait particulièrement brillé lors du quart de finale face aux Pays-Bas avec un doublé. Timide dans la construction et pêchant dans la dernière passe, l’équipe de coach Marley n’aurait pu espérer mieux que ce résultat. La maigre satisfaction anglaise lors de cette demi-finale reste la bonne rentrée de Rinsola Babajide, à la place de Russo. Les accélérations de l’attaquante de Liverpool ont su mettre en relative difficulté la défense adverse à multiples reprises. Néanmoins, la finition et le soutien dans les seize mètres n’y étaient pas. Les Japonaises décrochent finalement leur ticket pour la finale.

 

Les réactions d’après-match :

Gilles Eyquem (Sélectionneur – France U20) : « L’équipe adverse était meilleure que nous. Il y avait trop de manques aujourd’hui, manque de lucidité, d’agressivité et surtout beaucoup de naïveté. On n’est pas allé vers l’avant, on ne les a pas mis en difficulté. Au fil du match, nos deux côtés se sont un peu éteints. Les Espagnoles ont eu une maîtrise technique supérieure à la nôtre.
Il y a une vraie déception. On avait mis tous les moyens pour bien se préparer pour aller  chercher dont on avait beaucoup envie. Ce n’était pas l’objectif qu’on s’était fixé ensemble mais on va tout faire pour aller chercher cette médaille de bronze. A Marie [Katoto], je lui ai dit qu’il fallait passer au-dessus de cette déception. »

Pedro Lopez (Sélectionneur – Espagne U20) : « Nous sommes tous très heureux d’être en finale, après deux matchs très difficiles. Les filles, je suis très fier d’elles. Mais je suis vraiment très heureux de ce que mes joueuses ont fait surtout lors des 25 minutes avec une joueuse en moins. Patricia, nous savons que c’est une fille extrêmement bonne et je suis sûr que c’est une joueuse qui marquera l’histoire. Le Japon ? On les a déjà jouées (en phase de poule) et c’est une équipe avec une bonne organisation collective. »

 


 Crédits photos : FIFA /DR

2 commentaires

  • Même si on peut être déçu de la prestation des bleues, quelques points positifs sur certaines joueuses sont à souligner, même si il y a beaucoup de travail d’amélioration. Sans parler de Bacha, il y a 2 autres joueuses qui sans prétendre rejoindre les A l’année prochaine, peuvent sortir du lot. Il s’agit de Maêlle Lakrar et Emelyne Laurent. Mais comme je le dit , encore beaucoup de travail, Lakrar à doser son agressivité (attention aux cartons jaunes) et Laurent améliorer ses centres.

  • Très grosse déception L’Espagne jouait au ballon, nous à la baballe avec un manque d’agressivité, de précision de jeu.et de réalisme. Madame Diacre doit être déçue, car à part Bacha, aucune n’ont encore la pointure pour jouer la Coupe du Monde, l’année prochaine.
    Même si j’ai été les voir jouer les deux premiers matchs à Vannes, je ne suis pas tout à fait déçu, car Vannes est une très jolie ville et le Golfe du Morbihan, une belle région à visiter .

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