La Fédération anglaise donne le La

La FA WSL – pour Women’s Super League – a connu un développement chaotique, de sa création en 2010 à aujourd’hui. Elle a eu son lot d’incertitudes, de drames, de fermetures de club et de joueuses en situation précaire. Mais en Angleterre, la prochaine saison changera la donne.

La FA affiche ses ambitions en faveur du football pratiqué par les femmes : elle offrira désormais un environnement professionnel et beaucoup plus exigeant aux joueuses. La ligue, qui connaît un rayonnement principalement européen – à quelques exceptions australiennes et néo-zélandaises – était déjà parvenue à attirer des américaines au calibre impressionnant, Crystal Dunn, Heather O’Reilly et Carli Lloyd. L’idée sera cette fois-ci de proposer un terreau propice au renforcement de l’équipe des Lionesses.

De nouvelles exigences…

Les clubs évoluant en FAWSL 1 (la ligue est composée de deux divisions, avec un système de relégation/promotions, à raison d’une équipe reléguée et deux promues par saison, les championnes et leurs dauphines accédant automatiquement à la compétition européenne) devront soumettre à la FA leur candidature en vue d’obtenir à nouveau une licence pour évoluer en Super League. N’importe quelle équipe, qu’elle soit en FA WSL 1 ou 2, peut présenter cette demande, ainsi que les nouvelles équipes.

En quoi cela change ? Jusqu’ici, toutes les joueuses en FA WSL ne sont pas nécessairement payées et n’ont pas un nombre d’heures fixes. Avec cette restructuration, l’élite du football pratiqué par les femmes en Angleterre sera payée, avec des contrats à heures fixes (un minimum de 16h pour la saison 2018-2019, avec pour objectif de faire monter ce taux à 20h pour la saison 2020-2021). Au-delà de l’aspect financier – la FA soutiendra les clubs à hauteur d’un maximum de 120 000£ par club licencié et pour obtenir la licence, l’assurance d’avoir au moins un sponsor est nécessaire -, de nombreuses protections sont mises en place pour garantir la création d’un véritable environnement professionnel, notamment en ce qui concerne les heures de pratique, les différentes sessions de travail, la sécurité d’un stade principal et secondaire pour au moins deux saisons.

… Pour former la prochaine génération de Lionesses

L’idée globale est de créer un environnement optimal pour la détection et l’entraînement de futures ou actuelles Lionnesses ainsi que pour représenter le sport et faire doubler la fréquentation des stades et des clubs par les jeunes filles. C’est le projet d’une ligue plus performante, dynamique et attractive. Pour que plus aucune joueuse n’ait une histoire à la Fara Williams – lors de la liquidation de Notts County, les joueuses ont été laissées à l’abandon -. Plus de sécurité, plus de stabilité et plus d’argent. Et s’il y a également des questionnements sur cette refonte de la ligue – qui en fait, a été avancée depuis 2016 auprès des clubs de FA WSL 1 -, Katie Brazier, la responsable du développement féminin de la FA, assure que la volonté de la fédération anglaise pour soutenir les femmes est inébranlable.

La FA fait ici un réel pari sur les femmes, moins risqué qu’assumé. Après leur ban de 50 ans sur le football pratiqué par les femmes et les jeunes filles, il y a peut-être également une volonté de rédemption, pour nourrir la prochaine génération de Lionesses. Un modèle à suivre !

Crédits photos : fawsl.com