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Foot Citoyen : des ateliers pour mettre les préjugés hors-jeu


Publié le 06 septembre 2017 | Une idée...
Par Nicolas Gettliffe pour Foot d'Elles


Foot Citoyen : des ateliers pour mettre les préjugés hors-jeu

Récemment, Foot Citoyen a animé un stage* de trois jours avec des adolescents du Centre Educatif Fermé d’Epinay-sur-Seine (93). Dans la banlieue nord de la région parisienne, les journées se sont déclinées entre débats animés et, balle au pied, séances sur le terrain. Et, au cours de l’intervention de cette association à la formule originale, les filles ont répondu présent !


 

 

Dans une rue pavillonnaire d’Epinay-sur-Seine, discrètement masquée derrière un imposant portail métallique, se trouve le Centre Educatif Fermé d’Epinay-sur-Seine. Durant trois jours, c’est ici que l’équipe de Foot Citoyen – association lancée en 2003 par le journaliste Didier Roustan – va tenter de sensibiliser une dizaine de mineurs, filles et garçons, suivis par la Protection Judiciaire de la Jeunesse. Au programme, des ateliers sur le football pour échanger sur le respect, le fair-play, mais aussi les discriminations, le racisme ou le sexisme.

 

Sans oublier évidemment le terrain avec, grâce aux conseils de Frédéric Hamelin et de Mohamed Berrag, tous deux animateurs de Foot Citoyen, des exercices techniques et des petits matches loin d’être anodins. Sur cette action précise (l’association intervient aussi dans des clubs, des centres sociaux, des écoles…), le but de ces stages “Foot Citoyen“ est de sensibiliser les jeunes, par le biais du football, aux réalités de la vie en société. Pas de règles du jeu, pas de match possible. Il en va de même dans la vie au quotidien ! L’originalité de ces ateliers est d’articuler chaque intervention auprès des jeunes autour d'une partie théorique, à base de discussions, d’échanges, d’exemples par la vidéo, avec, en parallèle, la pratique concrète sur le terrain.

 

Moments de liberté

« Vous savez, le stage va être à votre image… » Fort d’une pédagogie déjà bien huilée, Mohamed prévient son auditoire. Allez, tous dehors ! On se met vite en action, balle au pied. « Mehdi (tous les prénoms ont été changés, pour respecter l’anonymat des mineurs, ndlr), tu fumes ou tu joues ? Pas les deux ! » L’éducateur de Foot Citoyen trouve rapidement les jeux et les mots pour motiver les participants : « On va faire un petit exercice. Le but du jeu, c’est de protéger son ballon. Si on vous le prend, c’est perdu ! Il n’y aura qu’un seul vainqueur… »

 

Une fois le décor planté, on peaufine aussi la complicité avec les jeunes et on dépasse l’enjeu de la gagne, coûte que coûte. « C’est bien rythmé, super !… Mylène, tu as essayé, ne râle pas. C’est pas grave si tu n’es pas passée. Reste dans l’exercice, tu peux le faire. » Une petite tape amicale et les réticences du début s’estompent au fil des minutes. Chacun prend de l’assurance et accélère. Sur le rectangle bitumé, tout le monde est plus impliqué dans l’envie de partager ce moment de liberté. Ça facilite aussi les échanges et le collectif n’est plus une notion abstraite.

 

« Nulle au foot ! »

Sur la touche, Lisa bougonne : « Je joue pas au foot, je suis nulle… » Mohamed se retourne : « Mais ici, tout le monde est bidon ! ». Histoire de démystifier l’aisance de certains. Fin du match. Avant que le groupe ne se disperse, on cherche à retenir l’intention jusqu’au bout : « Vous essayez de ranger les ballons avec nous ! » Les réticences se sont évaporées et, avant de retourner en salle, tous participent, dans une entente cordiale non feinte et avec une certaine discipline.

 

Changement de décor : les tables sont vaguement alignées. Plusieurs minutes de chahut, quelques regards échangés et puis un silence relatif retrouvé. Aucun intérêt d’élever la voix face à un auditoire certes restreint, mais souvent agité par nature. Dans le centre, beaucoup tournent comme des lions en cage. Une fois le calme revenu, il est tout de suite plus facile de faire passer des messages.

 

Rôle de la femme, réflexes et préjugés

Place ensuite au sujet sensible de la discrimination, avec un survol de la définition du mot en lui-même. « C’est empêcher quelqu’un de faire ce qu’il veut à cause de ses origines… – L’apparence, la religion ou le sexe, ça joue aussi ! – Ah oui, la couleur de peau… » Si le mot “racisme“ est parfaitement assimilé, les a priori sur le rôle de la femme semblent nettement plus confus dans l’esprit de quelques adolescents. Au point d’en être parfois déstabilisant, surtout après tant de décennies de lutte pour la parité.

 

L’image de la femme au foyer, de la bonne mère de famille chargée de l’éducation des enfants, voire de la ménagère dévouée, est très vivace. Un recul de plus pour cette nouvelle génération qui a, pourtant, tout l’avenir devant elle. Et les filles ne sont pas les dernières à ériger leurs propres murs. Pour celles-ci, sans réaction outrée, certains métiers sont réservés aux hommes et d’autres aux femmes… quand elles acceptent l’idée de quitter le domicile.

 

Images à l’appui

Lorsque le football féminin est abordé, là encore, il n’est pas simple de faire tomber les barrières. « Je joue uniquement à la Play avec elles ! – Elles ne savent pas dribbler ! » Un raisonnement battu en brèche par une nouvelle vidéo, avec les plus beaux gestes enregistrés lors de la dernière Coupe du monde féminine au Canada. Et les exploits techniques des meilleures joueuses de la planète séduisent jusqu’aux plus réfractaires. Les « Wouaaaah ! » et autres « Trop forte… – Grave ! » ont fini de convaincre. Et puis, l’histoire du football va jouer son rôle, déboulonnant l’image sexiste chez les garçons.

 

« De quand date le premier match féminin ? – 1990 à mon avis… – Pas avant l’an 2000, tu veux dire ! » Délicat pour certains d’admettre que le tout premier match eut lieu en 1881, il y a plus d’un siècle, à l’occasion d’un mémorable Ecosse-Angleterre à Edimbourg. Mot après mot, chez les filles et garçons, les murs de certitudes se fissurent quelque peu. Un doute a pu s’immiscer, qui amènera une réflexion plus profonde et une prise de conscience au fil des jours.

 

La patience prend tout son sens

Au terme de cet enrichissant stage, tous admettent qu’il en va de même dans la vie de tous les jours comme sur un terrain de football. Devant l’implication des jeunes, bien loin de rester passifs au cœur du débat, un éducateur du CEF tient à préciser que ses protégés n’avaient jamais été aussi patients lors d’un atelier du même acabit.

 

Après les remerciements sous forme de conclusion auprès d’un public semble-t-il conquis, Katia lâche un émouvant : « Vous revenez quand, Foot Citoyen ? » Derrière la question banale, pointe une forme de reconnaissance qui va droit au cœur. Droit au but !

 

*Ce stage a été mené grâce au soutien de la Direction Régionale de la Jeunesse et Sports et de la Cohésion Sociale, dans le cadre d’un partenariat avec la Direction Inter-Régionale d’Île-de-France de la Protection Judiciaire de la Jeunesse

 

Où retrouver Foot Citoyen ?

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