Foot et société
Sur nos forums
EDF Objectif 2019
Dernier message de mechecourte66 à 22/10/2017 13h26
EDF Objectif 2019
Dernier message de mechecourte66 à 22/10/2017 13h20
EDF Objectif 2019
Dernier message de mechecourte66 à 22/10/2017 13h15
Toutes les discussions
desi porn
desi porn hub videos
Heißen hure porno

Italie : après les menaces, le Sporting Locri entame un nouveau cycle


Publié le 29 janvier 2016 | Foot et société
Par Anthony Rech pour Foot d'Elles


Italie : après les menaces, le Sporting Locri entame un nouveau cycle

Après avoir subi des menaces, et annoncé sa fermeture, le Sporting Locri, club de football féminin à 5 évoluant en première division italienne, a repris la compétition face à la Lazio de Rome. Un match aux allures de victoire du sport dans une région minée par l'influence mafieuse, avant d'entamer un nouveau cycle.


 

 

 

Le 10 janvier 2016 restera à jamais gravé dans l'histoire du football en salle féminin italien. Ce jour où les joueuses de l'équipe de foot à 5 du Sporting Locri (Calabre) ont repris la compétition et se sont inclinées 3-2 face à la Lazio de Rome pour le compte du championnat de futsal de première division italienne. Très certainement, la défaite la plus symbolique de l'histoire du club.

A priori menacé par la mafia calabraise, la 'Ndrangheta, le club de futsal annonçait le 26 décembre dernier sa fermeture. Son président, Ferdinando Armeni démissionnait après avoir reçu des menaces : « À l’arrière de ma voiture, là où d’habitude ma fille (de trois ans) s’assied, il y avait un mot qui disait ‘nous savons qui s’assied ici’. » Ajoutez à cela des approches à l'endroit de certaines joueuses de l'équipe qui ont fait céder le président de Locri quelques heures après Noël.

 

La piste de la mafia a priori écartée

Sur le plan judiciaire, une enquête a été ouverte. À ce jour, aucun individu n'a été ciblé comme l'auteur des menaces. Le procureur de Locri en charge de l'affaire, Luigi d'Alessio, semble écarter la piste mafieuse. Une constatation confirmée par Fabrice Rizzoli, docteur en science politique et spécialiste des mafias italiennes* : « J'ai été moi-même surpris d'apprendre que la mafia calabraise pouvait être à l'origine de ces menaces. On est ici dans un processus très archaîque. Car dans un club de football féminin italien, il n'y a pas de puissance à retirer pour un mafieux, et c'est toujours ce qu'ils recherchent ». En effet, le football est fréquemment utilisé par la mafia italienne pour créer du consensus social et « recycler de l'argent sale ». Il faut tout de même garder à l'esprit que Locri, petite ville de moins de 15 000 habitants, fait partie d'une région (la Calabre) où la mafia est toute puissante, le chômage sévit (23,4%), et où le football n'a guère eu l'occasion de briller depuis quelques années, même chez les hommes.

 

Vers un nouveau cycle
Equipe de première division mais aussi véritable gloire locale, le Sporting Locri est également connu pour mener des actions en dehors du terrain, notamment en faveur de plus d'égalité. Le club avait par exemple fait don de la recette d'un de ses matches à l'hôpital de la commune afin de l'équiper d'un défibrillateur. Ou plus récemment, il s'était engagé contre les violences faites aux femmes dont la campagne d'affichage réalisée avec les joueuses du club a été diffusée sur Facebook fin novembre 2015.


Côté finances, le désormais ex-président de Locri, Fernandino Armeni, a démenti des informations selon lesquelles les finances du club, grevées par le transfert de joueuses venues d'Espagne, auraient été la véritable raison de sa démission. En marge de la rencontre, le président Tavecchio a assuré le club de l'aide de la fédération pour terminer la saison. Quatre entreprises de la Calabre ont d'ailleurs exprimé leur volonté de financer l'équipe.

Mi-janvier, un nouveau président a été nommé : Vittorio Zadotti, homme d'affaires milanais d'origine calabraise. Il y a quelques jours, le nouvel homme fort du Sporting a présenté un nouveau staff complet. Exit l'entraîneur espagnol Willy Lapuente, place à Gianfranco Sansotta. Et d'autres membres du staff démissionnaires comme Danilo Campo ont été réintégrés. tout comme les joueuses espagnoles faisant partie de l'effectif qui ont été priées de finir la saison avec le club. Tout un ensemble de changements qui prouve que le Sporting Locri veut entamer un nouveau cycle. Nous avons d'ailleurs solllicité le club qui n'a pas souhaité répondre à nos questions.

 
Un soutien sportif et politique unanime
Après avoir affiché une photo sur sa page Facebook proclamant « game over » sur fond noir le 26 décembre, l'indignation s'est propagée dans l'ensemble du pays. Les soutiens politiques et sportifs ont été nombreux envers le club. D'emblée, Carlo Tavecchio, le président de la fédération italienne de football a promis que la sélection nationale féminine de foot à 5 viendrait jouer un match à Locri en signe de soutien. « Locri doit jouer. Je veux voir les filles sur le terrain le 10 janvier contre la Lazio », clamait pour sa part le président du comité olympique, Giovanni Malagò. Patrizia Panico, attaquante de la "Fiorentina" et capitaine de l'équipe nationale féminine ajoutait : « Je suis indignée et choquée car il s'agit d'un fait très grave, déconcertant, mais la meilleure réponse à une telle bassesse est celle de ne rien lâcher ». Quelques jours plus tard, le maire de Locri, Giovanni Calabrese, assurait l'intérim à la présidence. « Si les soutiens nombreux des autorités sont devenus la norme en cas de suspicion de pression mafieuse en Italie, la réaction du maire de Locri a été bonne. Il se mouille et montre qu'il ne lâchera pas ses citoyens face à la 'Ndrangheta », analyse Fabrice Rizzoli. Le 5 janvier, le club a donc officialisé son retour face à la Lazio. Pour l'occasion le match a été retransmis en direct sur la télévision publique italienne en présence de Carlo Tavecchio.

 

 

 

Dans cette affaire, les coéquipières de Beita Fernandez ont en tout cas montré un grand courage. Dans un pays où le football féminin n'est pas franchement mis en avant, leur combat semble encore très long. Mais cette bataille restera à coup sûr une pierre fondatrice d'une éventuelle reconnaissance prochaine du football féminin italien.

 

 

 

Crédit vidéo : Gazetta TV

Crédit photo : Facebook/Sporting Locri

*Fabrice Rizzoli est l'auteur de "La mafia de A à Z", Timbuctu éditions.

 

Partager :
Version imprimable Envoyer par mail
Vous devez être connecté pour voir les commentaires.